samedi 13 septembre 2008

"J moins 19!!!"

chers amis,
on sait, on sait... pas très assidus!! Mais on a tellement de choses à vous raconter de ces derniers mois qu'on ne sait plus par où commencer, et mine de rien, écrire un blog, ça demande temps, talent, inspiration... et, franchement, ça n'est pas donné à tout le monde!!
Mais enfin, je vais tenter de m'armer de ces trois points pour vous narrer nos dernières aventures!!
Tout d'abord, l'ordination du prètre et ami Edimilson, que nous avons suivi durant ces deux ans, d'abord en tant que séminariste (souvenez-vous de notre voyage en bateau durant 21 jours tout au début de notre mission), puis, comme diacre, et enfin, ultime étape (on a tenté de le raisonner, mais y avait rien à faire, il a été au bout!!) : prêtre!!! ça a été un grand moment pour le diocèse, tant sur le plan spirituel, avec une messe émouvante qui a rassemblée beaucoup de monde, que sur le plan festif, car ça a aussi été l'occasion de retrouver des personnes que nous n'avions pas revues depuis longtemps: des séminaristes, des amis de Costa Marques...


La céremonie a eu lieu à Cabixi, sa ville natale, dans le sud du Rondônia! Nous y sommes restés trois jours et avons été hebergés chez un petit couple de personnes agées, absolument merveilleux!! une super expèrience, très marquante, avec un accueil qu'on n'est pas prêt d'oublier, un témoignage de vie et d'amour très fort, et des bons moments de rigolade!!

Deux jours à Guajara Mirim et nous voilà repartis en voyage, pour retrouver, ......... (roulement de tambour...) ..... mon papa, ma maman, Marguerite, Sixtine et Capucine, pour une virée d'un mois en Amérique du Sud, rien que tous les sept!! Au programme: Pérou, Bolivie et Amazonie!
mais surtout : Bonheur, Joies, Emotions, Souvenirs... Des superbes vacances!
Je pourrais vous faire un topo détaillé de chaque ville visitée, les sites touristiques, le nombre d'heures passées dans les bus, les conditions de transport, la désorganisation des formalités douanières, les petits désagréments de santé, les paysages d'une variété et d'une beauté à nous couper le souffle... , mais au final, je préfère vous l'illustrer en photos, car elles vous expliqueront et vous montreront tout ça mieux que moi!!
Par contre, je peux vous parler de nos retrouvailles chaleureuses, des longues heures de conversation, des instants "secrets girl's" entre soeurs, de tous ces moments familiaux qui, pour nous, ont fait de ce voyage, un souvenir inoubliable et merveilleux...
Pouvoir rire, parler d'amis communs, prendre des nouvelles de chacun, imaginer les changements qui nous attendent en rentrant, se confier librement sur les difficultés rencontrées ici, faire la liste de tous les plats qu'on va dévorer ..., finalement des choses à la fois si simples et si importantes qui m'ont bien manquées parfois ici et que je vais être heureuse de retrouver en chacun d'entre vous!! il parait qu'on appelle ça les racines!!! ...

Aprés l'instant "émotion", je laisse la plume à Matthieu, plus doué que moi pour le topo voyage!!Alors, à vos atlas, car ça va bouger!!!
Nous nous sommes retrouvés le 25 juillet à Rio Branco (Brésil), notre point de départ pour s'enfoncer davantage dans la forêt amazonienne, traverser des petits villages, et rejoindre Puerto Maldonaldo (Pérou).
De là, nous avons rejoint Cuzco, en bus, sur un chemin assez secouant, le tout passant d'une température de 35 degrés à 8 degrés et d'une altitude de 300m à 3400m. Nous y sommes restés 5 jours, ce qui nous a permis de visiter des sites incas magnifiques (Pizac, Ollantaytambo...), mais pas le Machu Pichu, car d'après les locaux, c'est un peu "moutonier" et on n'en a pas pour son argent (250$US).


Changement de paysage: direction Puno et le lac Titicaca.
Nous avons passé deux jours sur l'ile Amantani où nous avons assisté à un coucher de soleil assez "wow" (ou ouf, comme dirait Marguerite...) et avons été hébergés chez l'habitant, éclairés à la bougie.

Ensuite, nous avons passé la frontière bolivienne pour arriver à la Paz et nous faire un petit trek qui nous a permis de toucher du doigt les 5000 mètres.
Puis, direction Uyuni, au sud de la Bolivie, afin d'admirer le lac de sel et ses environs au cours d'un périple assez scabreux (on vous racontera quand on arrive, c'était pas mal!!), mais ça valait la peine! Des paysages époustoufflants, un froid ravigotant et un chauffeur insouciant, mais un guide très charmant!!!


de là, nous sommes ensuite descendus à Potosi puis Sucre, dont le centre touristique nous a beaucoup plu et où nous avons fait une belle rando de deux jours dans la cordillère de Los Frailes, à la rencontre de la culture indienne Jalq'a.


Et enfin (car toutes les belles choses ont une fin!!!), Cochabamba d'ou nous avons pris un petit avion qui nous a ramené à Guayaramerin, ville bolivienne voisine de la notre. ouf!
La petite tribu Bonnet est restée une semaine avec nous, ce qui leur a permis de découvrir comment nous vivons, les amis, les churrascos, la feijoada et les danses (hein papa Bonnet!), avant de repartir sur Rio Branco pour rejoindre la France... snif snouf!


De notre coté, et après leur départ, nous voici dans le dernier mois ici, il ne reste maintenant plus beaucoup de temps, donc on voit nos amis, on essaie de fermer nos projets, d'étudier (hum!) de rechercher du travail (hum!).
Pour finir, voici l'instant "politique"... (bien sur je laisse encore le clavier à Matthieu!!!)
En ce moment, il y a quelques événements notoires :
1) Nous avons fété le 7 septembre, la fête nationale brésilienne, avec grande parade des écoles, fanfares, entreprises, bataillons militaires... et débauche de bière pendant une semaine (c'est pareil dans toute l'amérique du sud)!! En fait ça ressemble à un carnaval bis!!!
2) Le 5 octobre auront lieu les elections municipales, et la campagne éléctorale bat son plein. c'est assez marrant, car les maires potentiels et les conseillers municipaux ici se font élire sur deux critères : -la popularité : donc on voit fleurir sur les voitures, motos, maisons,... des autocollants, drapeaux. il y a des defilés de véhicules, pétarades, rassemblements politiques, spots télévisés et radiophoniques aux heures d'audiences tous les jours. Les amis et la famille des candidats distribuent des tracts où apparait la photo du candidat et son code pour le jour du vote (urnes éléctroniques obligent)... mais où est le programme???? Bonne question!!
-la gestion : euh... on dira plutôt l'aptitude à ne pas (trop) détourner (guajara a une réputation assez brulante à ce sujet). Sur ce plan, le maire actuel en met une couche, de façon injuste, mettant en avant des projets réalisés non pas avec l'argent des contribuables guajaramirenses, mais par les fonds de l'Etat brésilien... à ce sujet, où est passé l'argent des impots locaux?
Petites precisions : les conseillers municipaux se battent pour une place au sein des élus, car ils sont rémunérés 2500 r$ pour "remplir leurs fonctions"... pour info, le smic local (moyenne de revenu de la ville) est de 415r$. Les coûts tordus sont assez nombreux : ici, le vote est obligatoire, et on peut acheter un vôte pour un sac de nourriture, 20 r$, un plein d'essence... mais heureusement, la police a monté une cellule pour lutter contre ça
3) En Bolivie, la situation chauffe aussi, la frontière est fermée, les institutions prises d'assaut et les rassemblements hostiles à Morales quotidiens... pour ceux qui voulaient des souvenirs de la Bolivie (tissus entre autre...) on ne vous le promet pas!
Petit mot de la fin : on a hâte de vous revoir et de pouvoir profiter des douceurs de notre terre, mais nous allons quitter ce pays avec une grosse larme sur la joue et plein de souvenirs dans le coeur!! On compte sur vous pour faire passer la pilule et nous aider à notre "réintégration"!!
De toutes les manières, pour l'instant, on est concentré sur la fête de notre départ, prévue le 28 septembre... on vous tient au courant!!
Abraços fraternais

dimanche 6 juillet 2008

Encore eux!!!!

Comme on a eu quelques petites réclamations quand à notre longue absence sur le blog, je vous en remets une couche rapidement, juste pour repartir sur de bonnes bases et parce qu’il va falloir être patients de nouveau, étant donné que notre futur article sera sur notre voyage avec les parents !! donc pas avant mi août !! Désolés pour nos fans…

Dans les nouveautés qui resteront comme bons souvenirs d’ici, il y a le mariage de Davy et Fransilvania que nous avons célébré ce week-end, en petit comité, avec très petits moyens, mais beaucoup d’amour, de rires, de bisous et une super ambiance de fête !!! Un grand moment ! On a même signé le registre de mariage… C'est chic des témoins français!!!





Après la mairie, on leur avait organisé un « petit déjeuner » surprise (qui n’avait rien de « petit »…) , pour marquer le coup !! puis, le lendemain soir, petite fête chez eux, avec des plats un peu travaillés et traditionnels !! hum… un délice !


Sinon, nous continuons à profiter de la période « arraial » du mois de juin en passant nos week-ends dans les kermesses des différentes écoles de la ville !! Style « cow-boy » oblige… ou petite fille champêtre !!


Ce sont des danses, genre folkloriques bretonnes, relatant une histoire d’un mariage campagnard, autour d’un feu…

Et juste pour vous prouver que quand il fait froid, il fait froid, une petite photo…
Dites, vous compatissez ???

On vous embrasse bien fort...

mardi 24 juin 2008

a velocidade da luz!

Salut tout le monde...
Bon ben comme d'habitude, nous n'écrivons pas souvent sur notre blog, non pas faute d'évènements, mais plutôt faute de temps...

Je vais essayer d'être rapide et pas trop chiant...

Pour faire court, nous ne sommes pas beaucoup à la maison, entre étude, boulot, sport, fêtes et invitations, nous avons du mal à nous asseoir pour vous écrire, nous sommes les premiers désolés de cette situation. enfin, soyez en sûrs, on profite du brésil du mieux que nous pouvons...

commençons par l'instant climatique : vous n'allez pas en revenir, mais on a sorti les pulls depuis un bon mois... ici, il caille (des fois) , la température descend à 18°c environ (allez, je suis certain que là, vous riez) mais avec une humidité de 80% en moyenne, je vous certifie que pour prendre une douche (à l'eau froide, nous n'avons pas d'eau chaude) et bien, je regarde le pommeau de douche pendant 5 minutes et ensuite ... ben faut y aller... jamais je n'ai pris de douche aussi rapide (glaaaaglaaaaaaa). enfin, ça a aussi des cotés marrants : voir les enfants avec des cagoules, des gants et les amis emmitouflés comme ils le peuvent avec des vêtements tout droit sortis de l'époque Starky et Hutch!

A part ça, nous avons retrouvés des amis de Costa Marques : la famille de Miramar. Ca a été l'occasion de manger une petite nourriture nordestine, dancer le forro et tout et tout...

Semaine suivante, nous avons fêtés l'anniversaire de la plus belle du monde. au programme, churrasco, bières et 70 personnes (et ouais, on a des amis!!!)




bref une fête bien réussie, qui s'est terminée avec la petite troupe à 5h du mat' avec Marie en train de chanter une chanson d'amour brésilienne!
je vous laisse voir la version originale!

bon, et comme il restait des bières, nous avons fait le retour de flamme chez Silène, ou j'en ai profité pour montrer mes talents de danseurs de forro!

pour parler anniversaire, nous avons aussi fait à la maison celui d'un de nos amis, Alexandre, qui bosse à l'hôpital avec moi.



à la suite de cela, j'ai eu quelques problèmes d'ordre politique : en ce moment, je bosse à l'hôpital, notamment sur des dossiers de financements par les pouvoirs publics. parallèlement à ceci, nous avons embauché à la radio du diocèse un journaliste politiquement polémique. quand le député de guajarà-Mirim (et bras droit du gouverneur) a su cela, il s'est empressé de nous geler nos subventions pour les oeuvres du diocèse : Hôpital, centre de formation despertar, " bateau hôpital" des riverains du fleuves... je vous laisse imaginer la situation... d'où le dilemme de la liberté d'expression d'un contre pouvoir dont les oeuvres sociales sont financées en partie par des fonds publics, pour faute d'autonomie financière. Bref, nous avons eu le droit a un bon dilemme : faut-il mieux fermer l'hôpital en refusant de rentrer dans leur chantage politique ou virer un animateur dont une clause du contrat lui interdit de parler politique à l'antenne juste pour satisfaire les caprices d'un député??. L'attaque de ce député était purement dirigée vers ce salarié de la radio, car selon la fripouille politique, ce dernier lui a fait perdre les dernières éléctions...
Bref, cette fois ci, grâce au pouvoir qu'il reste encore un peu à l' Eglise ici, nous sommes tirés d'affaire; les subventions sont en route ou arrivées, mais jusqu'à quand? quelle sera la date de la prochaine pression politique sur des services que nous rendons à l'état, et qui normalement devraient être pris en charge par les pouvoirs publics?

Bon, assez parlé de moi : Marie, continue à s'occuper et s'implique fortement dans la pastorale da criança, à tel point qu'elle va devenir championne bresilienne de cyclo-cross avec bonne soeur sur le porte bagage! Elle s'occupe toujours de motiver ses leaders dans le jardim d'esmeralda (quartier le plus pauvre de la ville) et monte la pastorale dans les communautés rurales, souvent à 2h de route de notre bourgade! Elle se présente à la messe, expliquant le rôle de la pastorale (petite anecdote : un paysan, n'ayant pas compris qu'elle était étrangère l'a prise pour une bègue!!!), puis prend en charge les chérubins avec entrevue-visite aux familles et pesée.



Ah, le mois de juin!!! Ici, c'est le mois des arraiais : c'est une sorte de kermesse d'école à la mode nordestine, à la gloire des héros brésiliens, notamment de Maria Bonita. Nous sommes allés à celui du Despertar, par un froid de canard, ça n'a pas été franchement une réussite pour cause de ce dernier paramètre... nous allons cependant aller à ceux des autres écoles pour ne pas rester sur un goût amer.



je vous passe le détail des autres invitations que l'on fait et que l'on reçoit, mais le programme est assez couru et dense! En tout cas, Marie a eu un succés fou avec ses soirées crêpes, à la maison!! Eux qui imaginaient que les français ne mangeaient que du fromage qui pue, des escargots gluants, des huitres vivantes et de la viande crue!!!



La semaine dernière, nous sommes allés avec Alisson (le secrétaire du diocèse) faire un tour à Porto Velho pour allez assister à l'Expovel : le mois de juin est aussi prolifique en rodéos de tous genres. mais en fait, notre but n'était pas de voir des hommes déguisés en footballeurs américains se faire piétiner par des taureaux de près d'une tonne; nous y sommes allés pour assister au concert de Révélaçao que je vous invite à découvrir ici. bref, nous nous sommes bien amusés pour un week-end à la roots (pas de logement et pas d'argent, au final nous nous sommes fait logés chez une tante d'Alisson, royal!!!)




Autre nouvelle: Speed triple, le cheval de Marie, encore à Costa Marques (faute de possibilité de rapatriment!!) est mort!! snif snif...
en fait, cela est arrivé juste au moment ou elle s'était décidée à le vendre... il a vécu cela comme un abandon et s'est jeté dans un puits...

Et, pour finir sur deux petites notes plus gaies: Marie est prise comme professeur à Conflans-Sainte-Honorine, là ou travaille sa super copine Isabelle!!! autant vous dire qu'on l'a entendue crier au diocèse et qu'elle a vexé sans le vouloir plus d'un brésilien qui a vu cette démonstration exagérée de joie comme un désir de quitter le Brésil...
J- 1 mois avant de retrouver Papa Bonnet, Maman Bonnet, Marguerite, Sixtoune et Capupu Bonnet!! si ça c'est pas trop de la balle!!!

Bises à tous!

lundi 5 mai 2008

Nouvelles de Guajara Mirim en photos…

Quoi de neuf depuis le dernier article ?? Gros programme !!

- la saison des pluies est enfin en train de s’arrêter mais elle a fait de sacrés dégâts : le fleuve a débordé et a envahi une zone d’habitation, le quartier Triangulo, obligeant la plupart des gens à quitter leur maison…

- - Nolwenn et Guerric, coopérants DCC de Sao Luis, sont rentrés en France et reprennent peu à peu leurs marques…

- -Matthieu s’est coupé les cheveux... Il ne tenait plus avec la chaleur!!!

- - grosse soirée pour la « Formatura » (remise de diplôme de professeur) de notre amie Silene, avec tenues correctes pour l'occasion (ça change des bermudas et tongs de tous les jours!!!)

- -Fêtes et churrascos entre amis, comme d'habitude!

- -Sortie bolivienne le week-end pour changer un peu d’horizon

- Préparation de notre voyage en Bolivie et Pérou avec mes parents et mes trois petites sœurs en Aout… Wahouououou !!

- photos de notre famille du diocese!!

- beaucoup pensé et prié pour nos amis Isa et Jeannot, et pour la santé de ma petite filleule Aubane… on vous aime et on est avec vous !!

dimanche 23 mars 2008

Feliz Pascoa!

nous revoilà!! un peu à court d'inspiration, car rien de très nouveau dans notre petite vie brésilienne, mais avec l'envie de vous souhaiter tout de même de bonnes fêtes de Pâques!


C'est surement la dernière année où nous mangerons du chocolat fondu sans goût et super cher, où nous passerons cette fête de "résurrection" entourés de 12 prêtres, 20 religieuses, 7 séminaristes, un diacre et un évêque! Pour beaucoup d'entre vous, ça ne doit pas donner envie!!

Mais je dois avouer que c'est une des années où pour moi, le sens de cette fête prend le plus d'importance... Peut être est-ce lié au fait de "baigner" dans cette ambiance ecclésiale, avec ce peuple qui souffre et pour qui cette "résurrection", ce "renouveau" vers une vie meilleure, est source d'espérance!!
ça change un peu de ma représentation très simpliste de la course aux œufs en chocolat que j'adore partager chaque année avec ma famille...
Il faut voir ce peuple transformé en cette semaine sainte, marchant 20 km de chemin de croix, pleurant, implorant le pardon de leurs fautes (c'est qu'ils en ont des choses à se faire pardonner!!!), voulant souffrir avec Jésus, pour pouvoir mieux recommencer leur vie le jour de la Résurrection... Ces quelques jours sont marqués par des réconciliations, des messages d'amitié touchants... Tout le Monde il s'aime, tout le monde il s'adore!! Jesus est vivant, Alléluia!!

Bon, à part ça, Matthieu et moi avons eu un petit accident de moto, en short et tongs, bien sur, et avons tous les deux de bonnes brulures sur la jambe droite!! rien de grave, mais juste que c'est moche et handicapant!! Ma maman surveille ça de près grâce à la webcam par skipe!! il faut juste être patients!! Sans compter que je me suis couper le doigt en épluchant des légumes!! Résultat des courses: 2 points de suture... C'était pas la bonne semaine!




Notre cercle d'amis s'agrandit et devient de plus en plus solide!! ça fait du bien car réellement ça manquait de pouvoir construire des relations un peu stables! On se fait des week-ends détentes avec eux dans des endroits qu'on intitulerait de "magiques" en France: nature, soleil, détente, jeux de cartes, pêche, barbecue, plan d'eau, et bonne ambiance!! On refait le monde avec des gens qui ne sont jamais sortis de Guajara et qui ont une vision un peu trop "idilique" de l'Europe, le 1er monde!! on leur casse leur représentations mentales (jargon instit'...)!!! Mais c'est tellement bon de les voir curieux sur ce qu'est notre vie là-bas!! On sort les photos, on parle de vous... Tous se disent doués pour le ménage et prêts à travailler gratuitement dans notre appart' en France!! Franchement, mes qualités en maitresse de maison n'ayant pas beaucoup progressées, ça s'étudie!!
Manquant d'inspiration, je préfère vous laisser avec ces quelques photos qui vous expliqueront mieux que moi!! En tout cas, on est heureux...










mardi 4 mars 2008

AUBANE, Une sacré battante !!!


Ma petite filleule Aubane Marie Giana SCHOLZEN née de Jean SCHOLZEN et Isabelle du Pouget de Nadaillac a fait une arrivée surprise à ses parents le 25 février (avec 2 jours d'avance!!)
Malgrè une naissance un peu difficile (elle a subit une hémorragie ombilicale dans le ventre d'Isa et a donc du être transférée dans un autre hôpital où elle a été séparée de ses parents les premiers jours), ce bébé a repris du poil de la bête et fait le bonheur de ses parents... et de sa marraine (entre autre!!!). C'est une vraie battante et j'ai bien hâte de la serrer très fort dans mes bras!

En attendant, je promets aujourd'hui et devant le monde entier (faut pas croire, on est connu!!), de l'accompagner tout au long de "sa" ou "ma" vie (ça dépend qui meurt la première!!!), de l'aimer et la chérir, dans le bonheur et dans les épreuves (mais ça serait bien qu'elle ne se drogue pas!!), dans la santé et dans la maladie (sauf les gastros et les diarrhées qui puent, j'aime pas trop ça!!)...
J'ai cru comprendre aussi, quand j'ai vu le choix du parrain (:-), que je serai responsable de l'aspect "spirituel et religieux"(peut être même "intellectuel") de cette petite!! Vous avez fait le bon choix, et je tiens à vous en féliciter!! Y a, malheureusement, peu de gens qui voient ces "qualités" en moi!! alors MERCI!

Isabelle, Jean, AUBANE : JE VOUS AIME...

PS (mais vous n'êtes pas obligés de le lire car c'est un peu la méga grosse honte (bouh la honte!!) : Rectification liée à une erreur de frappe dans l'article précédent: ce n'est pas ALbane, c'est AUbane!! ((:-) hum hum...)

mardi 26 février 2008

C'est quoi la Pastoral da Criança???

Comment vous décrire à la fois les objectifs, mais aussi mon travail, au sein de la Pastorale de l'Enfance?
Je me suis réellement impliquée dans la Pastoral da Criança il y a environ trois mois, lors de mon arrivée à Guajará-Mirim... Étant Professeur des écoles, je cherchais avant tout une mission autour de l´Enfant!! Et je dois dire que je me suis vite passionnée pour cette Pastorale!
La Pastorale de l´enfance est une association qui est vouée à la santé, à la nutrition et à l’éducation de l’enfant, depuis sa gestation jusqu’à l’âge de six ans, mais elle a aussi un rôle quand à la prévention contre la violence dans les foyers.
Pour cela, différentes actions sont menées pour pouvoir suivre et accompagner ces familles... Tout d´abord, une fois par mois, “les leaders” (des volontaires formés!) vont rendre visite aux différentes familles de leur communauté; ils prennent le temps de s´asseoir, de discuter des difficultés du mois, de parler un peu avec l´enfant et voir son évolution, de donner des conseils sanitaires ou médicaux en cas de problèmes ou de demandes... C´est un moment souvent très attendu par les mères de famille qui se sentent alors reconnues et écoutées par rapport à leurs difficultés... Chaque leader est responsable de maximum 15 enfants pour avoir un vrai suivi “individuel”...


La deuxième action menée, elle aussi, une fois par mois, est la “Pesée” de ces enfants: cet évènement est appelé “jour de la célébration de la vie”! Toutes les familles se réunissent autour d´un goûter durant lequel tous les enfants “passent sur la balance”!! Les poids sont répertoriés, à chaque fois, dans un cahier, ce qui permet de suivre la courbe de développement de chaque enfant et prévenir des dangers de malnutrition.

D’autres actions, plus aléatoires, en fonction des communautés et de la motivation des leaders sont menées, toujours en intégrant ces mêmes familles ! Par exemple, à Costa Marques, j’ai aidé plusieurs fois au « bain hebdomadaire » : c’est un bain à base de plantes médicinales que l’on trouve facilement ici et qui a pour but d’hydrater la peau des enfants, et d’apaiser les lésions faites par les piqûres de moustiques, très féroces dans le coin ! C’est là encore un moment privilégié avec la mère et l’enfant, où nous tentons de montrer des techniques de massage et l’importance de la douche !

J’y ai notamment suivi une mère venue en urgence avec une « crevette », trop petite et trop légère, et encore peu développée sur le plan de la motricité pour ses 7 mois ; il parait qu’elle avait la morphologie et le poids d’un bébé de moins de 4 mois !! Ça faisait franchement pitié à voir ; sans compter la mère désemparée et à bout !! La responsable lui a donné des conseils en nutrition, l’a dépanné d’une de ces textures nutritives dont seule la Pastoral da Criança a le secret, et l’a accompagnée durant plusieurs mois, à base d’une rencontre par semaine, autour de ce fameux « bain » ! Au début, cette femme était fermée, peu câline avec sa fille et peu bavarde… mais petit à petit, au fur et à mesure des « séances », et grâce à la bonne humeur de Loulou, la responsable Pastoral da Criança de Costa Marques, elle a commencé à se livrer et à s’ouvrir davantage aux conseils donnés ! Lania, de son prénom, a 25 ans et est déjà mère de cinq enfants… de cinq « maris » différents !! Son dernier conjoint et, père de la petite, est actuellement en prison pour trafic de drogue… Ne pouvant travailler en raison de ses enfants en bas âge, elle nous fait comprendre que se nourrir est chose difficile chez elle !! Dure réalité que j’ai eue beaucoup de mal à encaisser… Surtout quand je pense qu’elle a mon âge et déjà tant de responsabilités, tant de choses à assumer. Toujours est-il que ce bout de femme avait avant tout besoin d’être écoutée et qu’on lui prête de l’attention pour pouvoir rééxister. La chose la plus extraordinaire a été de voir que, plus la maman reprenait du poil de la bête, plus le bébé se développait !! Il est certain que nous ne lui avons pas rendu son mari, ni donné d’argent dont elle aurait eu besoin (parfois, tout de même, un sac de riz ou de feijao), mais au moins une écoute et une nouvelle attention portée à sa fille !
Sur le plan des actions menées, nous retrouvons aussi le projet « roda moinho » qui aide à l’insertion des mères en leur proposant une formation de deux semaines, en général, pour apprendre une nouvelle activité professionnelle, rapidement et facilement concrétisable après : coiffure, épilation, peinture sur tissu, artisanat autour des bijoux…
D’autres communautés ont ouvert des sortes de « centres aérés pour les enfants des rues » : il s’agit des enfants qui sont souvent livrés à eux-mêmes la demi-journée où ils ne sont pas scolarisés et pendant laquelle les parents travaillent ! Combien de fois, en faisant des visites, je me suis faite ouverte la porte par une petite fille de 5 ans maximum qui avait la responsabilité pour l’après-midi de ses 3 frères et sœurs, plus jeunes encore ! Il s’agit ici de proposer à ces enfants des activités manuelles, sportives, parfois même une aide aux devoirs, … dans un contexte de sociabilisation et d’éducation. C’est le projet que nous sommes en train de monter pour le quartier le plus défavorisé de Guajarà-Mirim, le quartier « Jardim Esmeralda ».
Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines, entre le lieu à remettre en état, les personnes qui se désistent et qu'il faut passer son temps à remotiver, les manques "financiers"...

Mais on va y arriver!!!
En plus de cette mission qui m'a été confiée dans ce quartier où je suis en permanence en contact avec les réalités et difficultés de ce peuple, Silène, la responsable diocésaine de la Pastorale, m'a demandé de l'aider dans son travail auprès des responsables de chaque communauté! Il s'agit alors d'un travail plus "théorique": organiser des réunions, méthodologie du travail de groupe, idées nouvelles, souder une équipe... Je leur apprends à "fixer des objectifs", monter des projets "concrets et réalisables" en partant d'une situation problème...

C'est dans ce mélange de "pratique" (contact avec la population) et "théorique" (merci pour les cours CFP!!) que je trouve un vrai équilibre et une utilité!! ça fait plaisir...
Que vous raconter de plus ??? Chaque jour, lors de ces visites aux différentes familles, je suis confrontée à des réalités « conjugales » qui me préoccupent très sérieusement quand à la structure familiale et au devenir de ces enfants… Rarissimes sont les familles dont les enfants sont du même père et de la même mère ! Et, trop fréquentes sont les familles où il n’y a plus d’image paternelle, où l’éducation est « confiée » (pour ne pas dire « abandonnée entre les mains » !!) des grands-parents… La trahison est devenue quasi « normale », « être mariée » n’est en rien un critère pour refuser des avances (il faut trouver mieux que ça comme excuse !! genre : « non, désolée, tu es moche !!! »)…
Comme petite anecdote caucasse, je faisais mes visites aux familles, toujours dans le cadre de la pastoral de la criança, et, pour mieux connaitre leur cadre de vie et les enfants que l’on va accompagner, je suis censée remplir un « dossier » avec le nom de l’enfant, de la mère, son poids à la naissance, comment a-t-il été alimenté durant ses premiers mois, etc… puis, vient la question du nom du père !!! J’étais alors dans une famille avec une mère de 5 enfants, tous entre 0 et 6 ans, donc en âge d’être accompagnés par la Pastoral ! Quand arriva la fatidique question du « père » (vous savez, celui qui met la petite graine pour créer l’enfant…), j’ai du gommer environ 4 fois pour chaque enfant le nom annoncé !! déjà, il s’agissait d’un prénom de père différent pour chaque enfant, mais surtout, elle confondait le père correspondant à l’enfant, du genre : « pour lui, c’est Pédro ! » moment d’hésitation… « ah, non ! Pédro c’est le père de mon troisième !! Pour lui, c’est Edilson, je crois !! ». Sans compter que pour son quatrième, elle ne savait même pas qui était le père… Le pire, c’est que j’étais plus mal à l’aise qu’elle dans cette situation !!
Bref, face à cette réalité, je me retrouve parfois bien impuissante et un peu accablée !!
Je me souviens être arrivée au Brésil, toute jeune mariée, avec moins de 6 mois de mariage comme bagages, pour une belle « lune de miel » de deux ans, le cœur enflammé et des idéaux sur l’Amour et la magnifique Union du mariage bénie par Dieu… Rassurez-vous, j’y crois encore, et mes valeurs de fidélité, de confiance, de communication ne s’en sont que renforcées, mais la confrontation avec cette réalité brésilienne a été un des points les plus difficile à surmonter au départ !!

lundi 25 février 2008

Dites... c'est quand que vous revenez???

Où en étions-nous ???
Ah, oui, les supers vacances dans le sud du Brésil avec les parents de Matth !!
Et ben, on n’était pas au bout de nos peines !! Car à peine partis, juste le temps de sécher les petites larmes, de profiter de deux jours rien que tous les deux et…. SURPRISE !!! Diney, notre ami et professeur de capoeira de Costa Marques débarquait la bouche en cœur pour passer quelques jours (prévision brésilienne qui s’est avérée être un mois !!!) avec nous !!
C’est le genre de mec super discret, gentil, souriant, indépendant et bon fêtard !! A l’origine, il profitait de ses vacances pour venir à Guajarà faire des examens hospitaliers, mais, vu que le pays est quasi arrêté entre noël et mardi gras, ben, ça n’aide pas… donc il est reparti fin janvier, sans avoir pu réaliser ni obtenir réellement de diagnostic sur ses maux de tête de plus en plus fréquents et douloureux… La bonne nouvelle pour nous, c’est qu’il reviendra !!!!


Entre temps, nous avons accueilli un autre pensionnaire, assez différent du premier. Il s’agit d’un tout p’tit bébé chat, qu’on a appelé Guizmo (pour ceux qui ont vu le film « gremlins », c’est la boule de poil aux grandes oreilles et yeux énormes) … qu’est ce que vous voulez que je vous dise ? Marie est revenue avec, en me disant qu’elle l’avait trouvé abandonné de sa maman dans le quartier où elle travaille, qu’il allait mourir sans nous, le tout, en me regardant comme elle sait si bien le faire : je n’ai pas pu résister…donc, nous avons une petite boule de poil, qui, depuis un mois, se frotte à nous, fait des millions de calins, miaule, se bagarre (mais perd toujours car les chats du quartier ressemblent plus à des panthères !!) et surtout, met la maison sans dessus dessous !!!

Deux jours après que Diney soit reparti vers Costa Marques, nous avions une autre visite : « petit lardon » et « bisounours » (vous comprendrez, Cyprien et Perrine, de leur prénom) arrivant enfin à bout de leur long périple de trois mois en Amérique du sud avec au programme : Rio, chutes d’Iguaçu, Buenos Aires, la Patagonie, la terre de feu, le chili avec notamment Santiago, les Andes boliviennes (désolé, je coupe un peu…) et puis hop !!! Un petit coup d’avion et les voici arrivés chez nous, juste avant le carnaval. Les retrouvailles ont été, ma foi, très sympathiques… c’est bon de revoir des vieilles connaissances !!

Comme une bonne nouvelle n’arrive pas seule et que nous avons une grande maison (hum hum… ; disons plutôt un grand cœur !!!), nous avons accueilli dans le même temps nos homologues DCC de la côte brésilienne (Sao Luis du Maranhão), Guerric et Nolwenn, que nous avions visités l’été dernier (souvenez-vous). Eux, venaient juste de visiter une partie de l’Amazonie profonde et Manaus…


C’est fou ce que ça fait du bien de pouvoir parler français, de pouvoir rire à des blagues que tout le monde comprend, de partager les tranches de vie de coopérant, de raconter comment est la vie ici : les bons moments et les difficultés que nous pouvons avoir. Avec tout ce petit monde, nous avons fait une visite touristique de notre belle ville et des environs :

visite du musée de la ville, avec (bon, il est mort…) un anaconda de 9 mètres, une visite sur la colline qui domine la ville, avec petite baignade dans le ruisseau, beaucoup de farniente, de beaux couchers de soleil, et puis surtout, le clou du spectacle :
le CARNAVAL brésilien… Je pense que ceux qui n’ont jamais assisté à un carnaval dans ce pays ne peuvent avoir idée de ce que c’est : une semaine de défilés plus ou moins bien réussis (bon… ici, ils n’ont pas les budgets des écoles de samba de Rio), avec des filles qui se déhanchent en petite tenue (là aussi, pas le budget de Rio), l’alcool qui coule à flot (pour le budget, là, ils l’ont…) et du son jusqu’à l’aube…

tout ceci à permis de purger les batteries de nos voyageurs pour pouvoir ensuite les recharger. Donc nous avons pu bien faire la fête, boire plus que de raison, rentrer à point d’heure… ce qui n’a pas échappé aux brésiliennes lors de cette semaine de folie, c’est l’espèce de beau jeune homme surmonté d’une touffe blonde bouclée (vous aurez compris que c’est Cyprien, Matthieu il a les cheveux bruns…)… donc pour éviter tout débordement, il fallait calmer les ardeurs de ces demoiselles, alors il s’en est trouvé une attitrée rien qu’à lui... elle s’appelle Telma, est professeur d’espagnol (ce qui tombe bien, car cypri et le portugais ça fait 2, donc il pouvait baragouiner en espagnol). Donc on a pu remarquer que les rapprochements franco-brésiliens se font assez vite… environ 15 secondes (le tout sans parler !!) pour commencer à namorer (bon, ça aide d’avoir une gueule d’ange)… et surtout, on a pu admirer Cyp dans son exercice de « courre »… assez impressionnant, il ne se rappellait plus de son prénom après 3 heures passées avec elle (grande classe) ! en tout cas, elle n’est pas rancunière, et même au contraire, elle défend son bout de gras avec ferveur face à ses concurrentes potentielles, et dieu sait qu’il y en avait, elles lui donnaient le surnom « d’angelinho com cachinhas » (l’ange bouclé !)

Pendant que nos 4 compatriotes se trouvaient avec nous, l’espace dans la maison était un peu compté… bon déjà, nous n’avons que 4 lits simples pour trois pièces vivables soit 30m² à tout casser … donc nos brésiliens habitués, Nolwenn et Guerric, ont dû sortir les hamacs pour pouvoir se coucher (l’avantage, c’est que ça ne prends pas de place : mieux qu’Ikea ; l’inconvénient, c’est qu’il faut être un peu habitué pour pouvoir y dormir bien une nuit entière), et surtout un sacré bordel pour que chacun retrouve ses choses… au final, la cohabitation s’est carrément bien passée,
à base de parties de jeu de cartes et de société, de balades à 6 sur 4 bicyclettes. Le seul truc qui manque à Guajarà, c’est l’aspect culturel et occupationnel… heureusement, tout le monde dans la maison aimait glander, tout le monde ayant besoin de se remettre de leurs voyages respectifs. Le soir, comme le carnaval battait encore son plein, nous avons invité ou été invités un peu partout, tout le monde étant curieux de vois si un français résiste notamment à une feijoada bien arrosée à la bière et si en retour il peut faire un churrasco toujours bien arrosé à la bière … test validés…
Les deux petits coopérants sont repartis pour le Maranhão au bout d’une dizaine de jours, pour effectuer leur dernier mois de coopération (obligés de rentrer plus tôt que prévu, une histoire de formation à commencer en mars pour Guerric). Nous sommes restés donc "en famille" (c’est drôle de dire ça…), ou nous avons pu approfondir leur vision de notre mission, de Guajara et des environs et des moustiques assez présents en cette saison… il a été possible d’aller dans la « ferme » de Gilles, avec le petit tour en barque qui s’impose. Elle est pas trop mignonne ma cousinette en Indiana Jones??


Mais aussi de passer un moment bien sympa en Bolivie, dans notre "hotel" aux perroquets, avec Elise, une coopérante de Sao Paulo, qui vient faire une étude anthropologique sur les indiens de Sagarana.
Cyprien a continué son intégration parmi les séminaristes, notamment grâce au foot, sport et fierté nationale, il se devait de montrer comment les petits français se débrouillent avec leurs pieds (je ne suis pas en état de le faire) et rentrer dans le jeu de « c’est qui le plus fort » !!!
Les bonnes choses ont une fin… notre petit bisounours est partie il y a maintenant une semaine, avec retour direct en France. Cyprien, lui, est parti il y a 3 jours pour Rio ! Marie a horreur des départs !! Autant vous dire que les séparations ont été difficiles !! et c’est qui qui en bave après ?? C’est moi !! Alors, s’il vous plait, ne venez plus, c’est trop douloureux !! ou alors, restez avec nous !!!

Bon… quoiqu’il arrive, la vie continue : Marie a repris son implication dans la pastorale de l’enfance, elle essaie de monter une crèche communautaire, afin que les mères du quartier où elle travaille puissent aller travailler, ou, dans le cas où elles travaillent, confient la responsabilité de leurs petits à des adultes plutôt qu’au grand frère de 5 ans. Elle se trouve confrontée à beaucoup de difficultés : trouver un local, motiver du monde, rappeler aux personnes qu’elles s’étaient engagées, …
Pour moi, j’ai continué à travailler pendant la période où nous avons accueilli les petits gus. Comme notre chère Gigli (l’économe diocésaine) était en France pour ses vacances (bien méritées) j’ai fait son travail (en moins bien) le matin. L’après midi, j’étais à l’hôpital pour tenter de réparer les boulettes de l’administratrice en place, et lui trouver un remplaçant… ouf, c’est fait, maintenant nous allons pouvoir redresser la barre. Et le soir… ben, j’avais eu l’idée folle quand j’étais à Costa Marques et que je m’ennuyais légèrement, de reprendre mes études (un diplôme de compta qui s’appelle le DSCG), donc maintenant, je ne m’ennuie plus du tout ! je bosse, en plus des heures de travail, 2 heures par jours. J’en ai limite du mal à voir ma femme… mas tudo bem !!!
En ce moment, Marie est à Sao Miguel du Guaporé (environ à 1000 km de Guajara) pour une assemblée de la pastorale de 5 jours... Aprés toutes ces visites ces derniers temps, ça fait franchement bizarre de se retrouver seuls...
Bises à tous, on vous aime !
PS: les bonnes nouvelles à partager
1) naissance d'Eloane, la fille de Marie Pierre et Erwan!!
2) Naissance dans deux jours (le 27/02) d'Albane, la filleule de Marie, et la fille, (entre autre) d'Isa et Jean!! youpi!!

mardi 15 janvier 2008

En route vers le Sud du Brésil...

Si l’on cherche dans le dictionnaire la définition de « barouder », on trouve ceci : « Aventurier qui n´hésite pas à se battre ; Personne dynamique qui aime les risques ».
Alors, si l’on devait définir notre voyage d’un mois dans le sud du Brésil, passé avec les Parents de Matthieu, on pourrait utiliser ce terme !!!!
Car de l’aventure, oui, il y en a eu…
Et une belle aventure, ça, c’est sur !!!!

1) Premier petit aperçu de notre voyage, en chiffre :
Nombre de jours de voyage : 22
Villes visitées : Rio de Janeiro, Curitiba, Morretes, Paranagua, Ilha do Mel, Joinville, Florianopolis, Foz de Iguaçu, Chapada dos Guimaraes, puis Guajara-Mirim (la seule ville pas conseillée dans le guide!!)
Nombre de kms parcourus : 10 875 km (et, sans compter ceux qu’on a fait à pied !!)
Nombre d’heures de bus : 160 h
Température moyenne : 30° (avec une baisse à 15° à Curitiba)
Nombre de « Oh, que c’est beau !!! » prononcés durant notre périple : autant que de kilomètres parcourus (Cela dit, c’est vrai que je suis plutôt pas mal…)
Type de transports utilisés : train, bateau, voiture (en stop), vélo, moto, et bus, bus et rebus
Nombre de « caipirinha » bues par beau-papa : Il ne s’en souvient surement plus… (et moi je préfèr pas le dire, il a de quoi se venger aprés !!!)
Nombre de gouttes de sueur versées : pas mal, entre la chaleur, les longues ballades sur les plages (à base de 10 km par jour), le nettoyage du jardin et les travaux de peinture dans notre maison (c’est bien pratique ces petits ouvriers français ; ils sont travailleurs et ne coutent rien…)
2) Deuxième petit aperçu de notre voyage, en mots et en photos :
- de la bonne humeur,


Légende: 1) Caïpirinha tous les soirs... 2) Mais, si, je l´aime bien ma belle-mère!!! 3) Rio, c´est trop beau 4) No comment... 5) C´est trop d´émotions; j´en suis toute retournée 6) Noel avec Cocktail… 7) Une tortue qui copule avec un crocodile; et alors???

- des bonnes bouffes :
Légendes: 1) Feijoada, spécialité brésilienne 2) resto dans un cadre bien sympa: elle est pas belle la vie?? 3) Spécialité de Morretes (j´ai oublié le nom, mais c´était trop bon!!) 4) ... Mac Do...(désolés, mais nous, on est en manque !!!)

- de l’aventure…


Légende: 1) Ça passe ou ça rappe... 2) Les chutes D’Iguaçu, ça mouille !!! 3) Quand on pense que sa maman mesure 5m!! 4) Bienvenue à Guajara-Mirim 5) Notre Robinson Crusoé...

- des rencontres sympas,
Légende: 1) Famille d’une amie de Gérard, un super moment avec un accueil très « brésilien »… 2) Volière des chutes d’Iguaçu

- des paysages à nous couper le souffle,



Légende: 1), 2) Rio de Janeiro vu du Pain de Sucre, 3) Parque Nacional entre Curitiba et Morretes 4), 5) Ilha Santa Catarina (Florianópolis), 6), 7), 8), 9) Chutes d´Iguaçu, 10) Chapada dos Guimaraes

- un peu de spiritualité
Légende 1), 2) Cristo Redentor, une vraie merveille 3) procession en l’honneur de Marie da Guagalupé
4) Cathédrale de Guajara-Mirim illuminée

- l’esprit de noël,

Légende: 2)Elle est pas belle la famille Mondain ?? 1)Le sapin de Noel et… le palmier !!!

- et beaucoup d’Amour….


On vous aime…

3) Troisième petit aperçu de notre voyage, en mails...
Mail de Marie à ses parents : Mardi 4 Décembre à 8h30
Coucou les p’tits parents,
Ça y est, c’est le grand départ, en route pour de nouvelles aventures…
« En route », c’est le cas de le dire car nous en avons pour 4 jours de bus pour rejoindre Rio de Janeiro où nous y accueillerons les parents de Matthieu !!!
On vous laisse imaginer l’émotion qui nous habite… On a super hâte de les serrer dans nos bras… Bon, j’dirai peut être plus ça après avoir passé un mois entier avec « belle-maman »… mais pour l’instant on est super excité !!
Sans compter qu’on a un super programme qui nous attend !!
Bon, sinon, ne te fais pas de souci maman, j’ai pris ce qu’il faut en médicaments, une petite laine pour les bus climatisés et de la crème solaire, comme tu me l’as dit !!
On vous embrasse fort, on vous aime !!
PS : Si pas de nouvelles d’ici 10 jours, vous pouvez lancer les recherches…

Mail des parents Mondain à leurs amis français : Vendredi 7 Décembre à 23h
Bonjour à tous,
Le voyage s’est très bien passé… Nous avons retrouvé nos « brésiliens », venus nous chercher à l’aéroport… Vous imaginez bien comme l’émotion était au RDV ! En plus, on n’a même pas eu de problèmes de valises !
On est logé en Auberge de Jeunesse et on dort à 8 dans un dortoir avec des lits superposés à trois étages… Quelle aventure !!
Mais nos enfants sont avec nous et c’est tout ce qui compte !!
Nous restons 5 jours à Rio, donc le programme risque d’être bien chargé !!

Mail de Marie à sa famille : Mardi 11 Décembre
Coucou la p’tite famille,
Un mail rapide pour vous rassurer et vous dire que Rio est une ville extraordinaire !! A la fois sur le plan culturel, son organisation, sa propreté, son peuple accueillant, ses paysages éblouissants, avec cette drôle d’impression qu’ici, c’est la nature qui déborde sur la civilisation… plages immenses et bien entretenues, mer d’un joli bleu, une longue ballade dans un parc national digne de la forêt amazonienne, sans compter le fameux « Pain de Sucre » qui offre une vue sans pareille sur Rio et bien sûr, le « Christ rédempteur » qui domine la ville et semble la protéger avec ses bras grands ouverts et son visage très doux... Epoustoufflant ! Ya pas à dire, c´est une vraie merveille...
D´ailleurs, on est déjà en train de réver à de nouveaux projets : Vous seriez vexés si nous revenions nous installer définitivement à Rio de Janeiro... Déjà, ça nous rapproche un peu !!!
Plein de bisous et de chaleur...
On vous aime
M&M´s

Mail des parents Mondain à leurs amis français : Jeudi 13 Décembre
Tout va toujours pour le mieux !
Nous revenons de Curitiba, élue « meilleure ville pour y vivre » du Brésil !!! Ouais, bofff !! C´est peut être que, sous la pluie et avec une chute de température à 15 degrés (dur dur !!!), tout est différent !!! Nous avons donc fuit ce « froid » et sommes actuellement à Paranaguá, charmante petite ville, où nous avons même mangé une huitre sur son port ! Ici, il fait soleil et nous irons jusqu´a l ile du miel demain pour y passer quelques jours...
De grosses bises de tous les Mondains.
MMMG (Marie, Matthieu, Michèle et Gérard)

Mail des parents Mondain à leurs amis français Dimanche 16 Décembre
Apres la grillade à l´île de du Miel (car nous avons bien profité du soleil) et les longues balades sur les plages de sable blanc, nous allons rejoindre Joinville et vous dirons s il y a un pont. Ce n´est qu une petite étape avant Florianópolis. Tout va toujours pour le mieux.
Bises des quatre Mondain.
MMMG
Mail des parents Mondain à leurs amis français : Mardi 18 Décembre
Florianópolis c est « cannes + nice » : plages à gogo !! nous y sommes pour 4 jours mais le soleil n est pas toujours avec nous
On ne se plaint pas pour autant... 24 degre et ça repose la peau... et les voyageurs.
Bonne ambiance dans l´auberge de Jeunesse : il y a la kaipirina pour ça.... En plus, ça aide à soigner le rhume que l´on choppe avec les clim des bus.
Muchos bisous a tous.
Les 4 Mondain

Mail de Marie à ses petites soeurs Vendredi 21 Décembre
Salut les miss,
Trop de la balle le voyage... Chaque jour, on découvre des trucs sensas´et différents...
En ce moment on est sur l´Ile Santa Catarina, à Florianópolis ! Y a des plages genre « carte postale » avec les beaux surfeurs brésiliens qui vont avec !!! Un paradis...
Sinon, dans les news, je me suis percée les oreilles !! Wahou !! J´ai même pas pleuré... Surtout, ne le dites pas à Maman, elle le découvrira en regardant les photos !!
Avec les parents de Matth, ça se passe super bien, à part que Papa Gérard il ronfle super fort et que Michèle, elle met 5 heures à faire ses valises et à les défaire... Un peu galère quand on change tous les deux jours de lieux !!
Mais ils sont franchement « bons vivants » et « bon esprit » : on leur fait escalader des rochers, faire des ballades de 15 km, goûter la caipirinha (ils adorent !!), manger riz et feijão tous les jours pour 4 reais (soit moins de 2 euros) !! Et, vous connaissez leur générosité : Chaque fois que je trouve quelque chose de joli et que j´ai le malheur de le dire à voix haute, je me retrouve deux minutes aprés avec cette chose entre les mains !! J´en suis à 4 robes et Matth 1 short et 2 tee-shirts... Promis, j´essaie de ne pas en profiter !! lol
Je vous aime, vous me manquer !
Prochaine destination qui s´annonce plutôt pas mal, Foz de Iguaçu... Affaire à suivre !
Mail des parents Mondain à leurs amis français Mardi 25 Décembre
Et Oui deja le 25 Décembre !!! alors nous voulons vous souhaiter un joyeux Noel et une superbe fin d année...
Pour nous, aprés deux jours absolument magnifiques et inoubliables ( les 2 qualificatifs ne sont pas surfaits ) aux chutes d Iguaçu, ce fut un superbe Noel ... bien arrosé.
Comment vous décrire les chutes d´Iguaçu ?? Ni en mots, ni en chiffres, ni en photos, on ne réussirait à vous faire partager ce qu´on a pu ressentir devant ces paysages !! Un grand moment, EXTRAORDINAIRE !!
Et puis, il y a eu NOEL !! Tous bien habillés, nous avons commencé à festoyer dans un bon restau (histoire de marquer le coup et de changer un peu des « bouiboui » à 4 reals !!). Puis, messe pour tout le monde, qui ici, ressemble à un « concert-orchestre » avec video projecteur et « Eveque gates » que nous sommes. C´est à celui qui chantera le plus fort, on passe notre temps à applaudir, à serrer nos voisins dans nos bras, on se prend par la main... Vive la chaleur brésilienne !!
Puis, retour à l´auberge avec quelques « amuse bouches » en famille ce temps juste entre nous était très important pour les enfants qui voulait vraiment cet esprit de famille pour Noël !), un arrosage kiapirine comme il se doit, et dodo.
Ce matin le « Père Natal » était passé et tout le monde était très joyeux d´ouvrir ses cadeaux avant la petite collation « tamara et foie gras »...
Cet aprés midi, départ pour Cuiaba (pour arriver dans 25 heures) apres ces quelques jours vraiment inoubliables.
Pleins de grosses bises des quatre Mondain.
MMMG

Mail des parents Mondain à leurs amis français Jeudi 27 Décembre
Contents de notre sejour à Cuiaba où, aprés avoir vu les chutes de Chapada de Guimarães dans un décor un peu arizonnien, nous sommes allés voir le far west dans la ferme de Ginno et Neliza et leurs enfants ! Un très bon moment, avec un accueil chaleureux, à la bresilienne !!

Mail des parents Mondain à leurs amis français Dimanche 30 Décembre
Eh bien oui, nous y sommes ! ... depuis hier, 18 heures, et aprés plus de 25 heures de bus
Là, c est maintenant le Bresil profond, le vrai far west du nord, la sècheresse en moins, plus verdoyant, car notre bus a été dévié pour cause de route coupée en raison des pluies diluviennes des derniers jours : Bienvenue à Guajará-Mirim !!!
Bref nous sommes à bon port chez les enfants et avons même pris le temps d´une petite soiree dans leur petit nid d´amour autour d´une carbonnade patate douce sans oublier caipirinha et la biere qui va avec.
Aujourd hui nous avons rejoint la maison du Diocese avec une sympatique reception de Dom Geraldo, quelques pretres à quelques 4 km de la maison de nos amoureux. Ici tout se fait à vélo !!
La chaleur est encore avec nous et les 2 marins les plus courageux sont allés en Bolivie (juste de l´autre coté du fleuve) pour aller querir 2 ventilateurs qui cacheront sans doute un peu le chant des coqs qui ont leurs montres largement déréglées ( normal ils sont bresiliens ! )
Pour le moment c est l´heure de la sieste au Diocese sauf pour nous qui deliçons ces moments bresiliens pour etre quelques instants à vos cotés.
Finissez bien l´année ! .... nous, nous suivrons le programme que Marie et Matthieu nous ont concocté pour cette derniere étape en famille durant cette semaine.
Les dernieres grosses bises des quatre Mondain pour 2007 !!!!
MMMG

Mail des parents Mondain à leurs amis français Mardi 01 Janvier 2008
Avec un peu de retard et à l´heure bresilienne (il est 15 h ici et chez vous 20 h), nous venons vous présenter, et à vos proches, nos voeux les meilleurs ; sante, joie, bonheur ... Que 2008 realise tous vos beaux projets ! .
Nous avons fêté ces moments avec les Amis de Mateos et Maria, trés trés chaleureusement, hier et aujourd hui.
Nous allons profité de nos derniers moments avec nos deux tourtereaux, jusqu` a dimanche soir, car aprés ....ça c´est une autre ... !!!
La temperature est : plus humide ( pluie chaude et soudaine), chaude encore... mais plus modérement ...
A tres bientot.
Les quatre Mondain et plein de bisous.
MMMG

- Mail des parents Mondain à leurs amis français Mardi 08 Janvier 2008
Ces quelques lignes pour vous rassurer quant à notre retour qui s'est très bien effectué, même si la séparation avec nos Hôtes a été un peu difficile ...
Nous allons reprendre nos "vieilles" habitudes ici chez nous où la température est loin d'être celle du pays où nous étions ...
Et merci à vous tous d'avoir eu la patience et le plaisir de suivre nos péripéties si riches ...
Inutile de vous dire que nous 4, nous garderons de merveilleux souvenirs de ces jours passés ensemble ...
Gros bisous à vous Toutes et Tous
MG

mardi 1 janvier 2008

Bonne année!!!

Bonjour tout le monde,

Avant tout, bonne année à tous, nous esperons que 2008 sera mieux que 2007. paix, bonheur et joie dans les chaumières pour tout le monde. N'oubliez pas qu'on vous aime et que vous nous reverez cette année... c'est pas cool tout ça?? hein??

Nous ésperons que les fêtes de fin d'année se sont déroulées pour le mieux, que vous avez été bourrés de dinde aux marrons et de champagne... (on vous envie...)

Bon, nous avons pris un peu de retard sur le blog, mais ça va venir pour des aventures palpitantes...

A+

Pour ceux qui voudraient nous envoyer la carte la plus kitch de noel, nous vous rappellons que notre adresse a changé, la voici :

Matthieu et Marie Mondain
Diocèse de Guajará-Mirim
Avenida Costa Marques, 571
78957-000 Guajará-Mirim - Rondonia
Brésil

vendredi 16 novembre 2007

un an déjà!!

Ça fait 1 an :

- qu'on ne vous a pas vus...

- qu'on respire l´air pur et apaisant de Mère Nature (à part quand ils font cramer l'amazonie, tout du moins ce qu'il en reste...)

- qu'il fait 35° tous les jours

- qu'on se goinfre de foie gras, envoyé pour les pauvres coopérants qui n´ont rien...

- qu'on mange riz, haricots rouges et pates, tous les jours

- qu'on ne fait plus rire personne et vice-versa

-qu'on se bat pour faire passer des notions d'écologie, comme : jeter un papier par terre, c'est mal!

- qu'on n'a pas mangé de vrai pain

- que le fruit exotique n'en est plus un.

- que la notion d'horaire n'existe plus.

- qu'on travaille sans pression ni objectif

- qu'on vit sans agenda ni réveil

- qu'on fait la sieste tous les midis en hamac

- qu'on vit en tong et débardeur

- qu'il fait nuit à 18h30.

- que nos murs tremblent quand nos voisins écoutent de la musique

- qu'on s´habitue bien aux sourires brésiliens et à leur sens de l´accueil

- qu'on serre très fort les gens dans nos bras pour leur dire "bonjour" ou "au revoir" ( le fameux "abraço"!!)

- qu'on fait la guerre aux moustiques, aux araignées et aux blattes... (mais c´est toujours eux qui gagnent!!! )

- qu'on n'a pas eu froid

- qu´on nous appelle "Maria" et "Mateus"

- qu'on baraguine en portugais

- qu'on ne suit plus l'actualité

- qu'on prend du recul sur notre vie

- qu'on s'étonne devant les tenues provoc des filles-femmes-grand-mères.

- qu'on dort avec un ventilo

- qu'on va à la messe tous les dimanches et qu´on fait les bénédicités tous les midis

- que Matthieu ne s´est pas coupé les cheveux et qu'il est reconnaissable à 500 mètres

- qu'on en a marre du Forró (musique bresilienne, qui n'est pas de haute volée intellectuelle)

- que vous nous manquez terriblement...

- qu'on nous montre du doigt dans la rue

- qu'on ne boit plus l'eau du robinet

- qu'on se lave à l'eau froide, et encore, quand il y en a...

- qu´on nous demande si j´ai des problèmes de fécondation pour ne pas avoir encore d´enfants à 25 ans!!!!

-qu'on boit de la bière qui a un goût de pisse de vache (mais au bout de la 15ème on ne s´en rend plus compte!!!)

-qu'on rêve d'un bon roquefort (ou d'un camembert, ou d'une plaquette de vrai chocolat)

- qu´on n´a pas touché à un téléphone portable

- qu´on prend trois douches par jour


Bref, ça fait un an que nous vivons notre mission au Brésil, et, même si parfois il y a des coups durs, c´est une super expèrience, et on est bien contents d´être là!!!
Alors, c´est reparti pour un an...

dimanche 11 novembre 2007

quoi de neuf ??

Coucou tout le monde...
Un mois de passé depuis notre dernier article sur le blog, et encore plein de choses à vous raconter !!!
Tout d´abord, vous dire que notre moral est bon, qu´on est très heureux de notre nouvelle vie à Guajara car chacun de nous y trouve sa place et son utilité...
Comme vous le saviez déjà, Matthieu est très occupé professionnelement : il ne sait plus où donner de la tête !!! Cela lui plait bien car il touche à son domaine de compétences (gestion, comptabilité, finances...), tout en étant en contact avec les gens, et non plus, comme au début, enfermé dans un bureau... Là, il court entre le diocèse, le despertar, la radio et l´hopital, pour régler les problèmes ou monter des projets... Sans compter qu´il s´entend à merveille avec sa coéquipière Gigli, ce qui facilite aussi le rapport au travail !!! Pour moi, c´est un vrai bonheur de voir comme les gens comptent sur lui et l´apprécient pour ses qualités de disponibilité, d´écoute et de motivation !!!
De mon côté aussi, les choses ont bien changé : me voici investie dans la Pastoral da criança. Cést une sorte d´association qui dépend de l´Eglise et qui prend en charge les enfants de leur conception (accompagnement des femmes enceintes) jusqui´`a leur 6 ans. Il s´agit de faire un suivi de leur développement, principalement sur le plan de l´alimentation (beucoup de mortalité infantile liée à la malnutrition au Brésil), mais aussi affectif (repérer les familles dites « à risques », c´est à dire, problèmes de violences, alcolisme, inceste,...) ! De manière concrète, les volontaires qui aident la pastoral da criança font des visites aux familles, prennent le temps de discuter avec les mères de leurs difficultés quotidiennes, organisent une fois par mois les pesages des enfants pour voire l´evolution de la courbe de poids et donner des conseils en cas de problèmes ! Depuis peu, la pastoral da criança s´est aussi ouverte sur des cours de formation en couture, cuisine, maquillage, coiffure, peinture sur tissus, fabrication de bijoux, pour les mères en grande difficulté, qui ne travaillent pas et sont sans diplome ! Sans oublier aussi des cours d´alphabétisation car beaucoup ne savent ni lire, ni écrire.
Pour l´instant, j´ai été réquisitionnée pour faire connaitre et mettre en place cette pastorale dans un des quartiers les plus pauvres de Guajara... Tous les jours, avec une amie, nous frappons chez les gens pour se présenter et voire les principales demandes de ce quartier, le nombre d´enfants, les conditions familiales... Je suis impressionnée par l´accueil et le temps qu´ils nous consacrent !! C´est à la famille qui nous gardera le plus longtemps !! Un besoin de parler, de se confier... Je me régale d´enfants sur les genoux, de parties de cache-cache (plus liées à leur timidité face à cette blanche qui parle bizarre !!!), de moments de simplicité où on parle de nos familles, de mon projet d´avoir 5 enfants (selon elles, j´aurai du commencer à 15 ans, comme tout le monde !!! c´est un peu tard maintenant...),... Je suis bien motivée par ce projet car, pour une fois, il y a du répondant en face !! on sent qu´il y a un vrai besoin et une attente de ces familles... Je sais bien que je ne les sortirais pas de leur misère, mais déjà, le « petit » d´importance qu´on peut leur accorder les font exister un peu plus, et ça, c´est déja bien!!











Sur le plan plus personnel, nous avons enfin notre maison... et ça aussi ça change tout !!! Elle n´est pas tout près du diocèse (environ 4 km, ça fait les mollets en vélo !!), mais est située dans un quartier bien plus vivant et coloré... enfants qui jouent au foot dans la rue, parents qui discutent devant leur portail, assis sur une chaise, pour voir ce qui se passe dans le coin,... les rencontres sont faciles et les conversations vont bon train !!!
La notre, c´est celle avec le portail jaune, un petit jardin à traverser, et au fond, c´est notre maison !! Une grande salle qui fait cuisine/salle à manger, deux chambres ( c´est pas pour quand on se dispute, c´est plutot pour vous accueillir !!!), un cagibi, et une salle de bain !!
On a dégoté des meubles à droite à gauche, tous prétés pour l´instant !! Il ne nous manque plus que le four pour que je continue mon approfondissement en cuisine... Il ne faudrait pas que je perde la main sur le gratin dauphinois !!!










Bref, pour fêter cette belle acquisition et aussi les 27 ans de mon cher mari, nous avons « retourné » la maison !! 26 personnes sont venues savourer un churrasco, musique brésilienne, bières à volonté... On est passé pour de vrais brésiliens !! Mais en vrai de vrai, on n´y est pour rien... Je suis juste arrivée la veille au diocèse en lâchant innocement : « ça serait peut être bien que je fasse un petit truc pour Matth, pour son anniv’ !! » Ni une ni deux, deux secondes après, Gigli et Ivanete étaient au télephone pour demander à Pedro de ramener tables et chaises, à Piau d´aller commander la viande, à Gil de gérer la musique, à Elenir de faire la liste des courses, à Julio d´aller acheter (avec moi, quand même !!!) les ingrédients (riz, manioc, farofa,...) !! Voilà ce que c´est la grande famille du diocèse !!! Il parait qu´avec le nombre de coopérants français qui sont passés par là, ils ont l´habitude de devoir gérer ce genre de fête !!!











Pour ma part, (n´allez pas penser que je suis une mauvaise épouse qui me repose uniquement sur les autres), je lui ai fait un p´tit dej surprise... Un grand panier trouvé la veille, une virée au supermarché et à la grande patisserie de Guajara ( j´ai même trouvé une plaquette de chocolat amer, comme il aime !!!), une déco sympa, deux copains pour nous livrer la chose le jour J à 6h45 pendant que Matth est sous sa douche, et le tour est joué !!! Surprise réussie et une journée qui commence bien, même si son papa et sa maman ils sont loin pour lui faire des bisous !!!





























Pour continuer dans les aventures du mois, (et aussi parce que le meilleur pour la fin !!!) nous revenons tout juste d´une semaine en Bolivie (la Paz + le lac Titicaca) où nous avons retrouvé Céline et Ludo... On a passé des supers moments, mais une semaine, c´est trop court !!! En tout cas, ils ont réussi, après nous avoir écouté nous plaindre sur le manque de fromage au Brésil (c´est dur la vie !!!), à nous dégoter un super resto avec vue sur le lac, qui servait,... accrochez-vous bien... des fondues au fromage !!! Si ça c´est pas des potes !!!!!!!!!!!
Ce qui m´a fait du bien, c´est de voir que des amis, ça reste toujours des amis, peu importe la distance et les différents modes de vie !!!









On t´aime Céline, on t´aime Ludo...
Revenez quand vous voulez !!

Remarques de fin de blog !! A ne pas manquer !!!
- Dans 7 jours, nous allons fêter nos 1 an « pile poil » de Brésil !! ( le 16 novembre)
- Dans moins d´un mois, nous allons visiter le sud du Brésil avec les parents de Matthieu et passer Noel et Nouvel an avec eux (chose très importante pour nous car cela reste des fêtes familiales et ça avait été un peu dur l´an dernier !!) ! on vous tiendra au courant pour notre périple ! Pour l´instant, on est juste super méga contents de les avoir pour nous...
- En janvier, visite de mon frère Cyprien et de ma cousine Perrine qui se font un trip « découverte de l´Amérique du sud »... Ceux-là, je ne vais pas les rater !! Je vais même leur trouver une mission à Guajara pour les garder plus longtemps !! ça tombe bien, j´ai une bibliothèque à terminer, par exemple !!!
- Visite aussi, fin janvier, de nos coopérants préférés, de São Luis : Nolwenn et Guerric, chez qui on avait passé quelques jours en juillet dernier !

ELLE EST PAS BELLE LA VIE ???

mardi 16 octobre 2007

Retour à la case départ !!!

Salut à tous,

Comme nous vous l’avions annoncé la dernière fois, quelques questions se posaient à nous concernant notre coopération… et bien voici que nous avons les réponses… nous avons finalement changé de lieu de mission pour aller à Guajarà-Mirim. En effet, peu de temps après notre dernier message sur le blog, nous avons demandé à Dom Geraldo de nous recevoir pour parler de notre futur en coopération… Assez perplexe, il nous a expliqué que nous pouvions rester à Costa Marques, mais tout en ayant besoin de nous à Guajarà-Mirim « de manière occasionnelle », c’est à dire :
-quand il est en France
-quand Gigli, l’économe, est en vacances
-quand elle est surchargée
-quand il y a des problèmes à régler dans les différentes œuvres
-quand notre évêque a un problème avec son ordinateur… (ça, c’est tous les jours…)
On peut résumer sa demande au fait de passer environ 15 jours tous les 3 mois dans notre lieu de mission originel (j’exagère à peine) ! Et comme Romain et Aurélie (les anciens coopérants) nous avaient dit que les « allers-retours » Costa Marques/Guajara Mirim les avaient gênés dans leur coopération (le fait de chasser deux lièvres à la fois), aussi bien professionnellement que personnellement, nous avons proposé à notre évêque de rester à Guajara jusqu’à la fin de notre temps de coopération, histoire de rester ancrés sur un seul lieu de mission. Cette proposition a été accueillie positivement par Dom Geraldo.
Bon… ben on recommence une nouvelle coopération : nouveau lieu, nouvelles problématiques, nouveaux tracas… comme il y a un an, mais avec l’apprentissage des rudiments de la langue en moins… ouf !!!
Pour se chauffer un peu, Matthieu a repris la barre des finances du Diocèse pendant les vacances de l’économe (fastoche !!!) pendant que Marie continue sa satanée bibliothèque et chante à tue-tête du Axelle Red dans les rues de Guajara .
Bien sûr, nous sommes retournés dire au revoir à Costa Marques et ramener les différentes affaires que nous avions laissées dans notre maison de là-bas… et puis aussi, trouver une solution pour le cheval !!!
Donc nous voici parti de nouveau sur le Fleuve Guaporé, dans l’objectif de passer une semaine à Costa York (pour les intimes) et nous en revenir avec armes et bagages ! Cet aller, qui normalement dure deux jours en a finalement duré 4… je vous décris à peine une Marie rouge de rage, pestant sur le personnel navigant parce que leur pauvre rafiot se traine comme une limace, s’échoue sur le premier banc de sable venu, se fait attaquer par une horde de moustique ou doit s’arrêter toute une nuit pour éviter de se faire éventrer par un chapelet de rocher (moi j’étais plus calme, j’avais un bon livre « Rouge Brésil », je vous le conseille).
Enfin, nous voici arrivés… Costa Marques n’a pas changé, à part qu’elle est submergée depuis à peine 15 jours par la folie des téléphones cellulaires : l’antenne est enfin en service, du coup, tout le monde, enfants inclus, se retrouvent avec un portable à la ceinture… ah, technologie !!!!
Bref, peu de temps après notre arrivée, nous voici de nouveau avec nos amis, à prendre un chimarao (espèce de thé), une bière, un pain de queijao, et à discuter sur le fleuve qui est bien sec, les nouvelles lois contre les petits pécheurs ou les dernières nouveautés de corruption en politique !! Comme au bon vieux temps !! Sauf qu’il faut réussir à placer entre toutes ces retrouvailles que nous ne sommes là que pour une semaine, sous ordre de l’évêque qui veut nous garder à Guajara !! Pas facile facile !! On s’y été bien attaché à cette petite communauté !!










Il y en a tout de même une que nous ne regretterons pas plus que ça ; c’est notre chère et illustre Sœur Zézé !! Surtout que pendant notre absence, elle a trouvé le moyen de nous mettre le Jardim Beija-Flor à feu et à sang ! Elle est arrivée à l’apothéose de son art : monter tout le monde l’un contre l’autre et essayer de gouverner jusqu’au cerveau des employés… si bien que les professeurs et employés étaient prêts à faire une démission collective ! Joie et bonheur ! Donc pendant une semaine, notre bouleau a consisté à écouter le ras le bol de tout le monde et de recoller les morceaux pour que le Jardim tienne le coup, au moins jusqu’à la fin de l’année, où il serait question (après conversation avec Dom Geraldo, notre évêque) de la remplacer! Apparemment, elle est très heureuse aussi de cette nouvelle, car elle retournerait travailler dans un domaine qui lui « correspondrait » plus, comme elle dit ! La Pastorale de la Terre !! Tout le monde il est content, tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil !! Tout est bien qui se finit bien !!!










De notre côté, outre ce « hic » à régler, notre semaine a été bien chargée entre les retrouvailles et les adieux !!! Bref, on a passé ces 7 jours à manger des churrascos… et à recevoir des cadeaux!!



Il faut dire que nous n’avons passé que 5 mois au total sur Costa Marques, mais ça a été une expérience impressionnante en terme de « sociabilisation », en tout cas pour moi, qui ne suis pas habitué à cela ! Au point que Marie est étonnée que tout le monde dise que je suis une personne sociable (perso, je ne comprends pas son étonnement)!!!
L’autre activité de la semaine a été de courir après un vétérinaire pour qu’il puisse faire un examen au cheval pour le faire rapatrier… Mais n’ayant pas de véto à Costa Marques, on a du se faire à l’idée que "Speed Triple" ne voyagerait pas avec nous pour le retour mais qu’il nous rejoindrait plus tard !! On a un bon ami qui gère tout ça de la-bas !! Soyez patients, dans le prochain article, vous aurez les photos !!
Bref, après cette semaine où nous abandonnions aussi, et surtout, notre « papa ours » (Padre Jean), nous sommes remontés sur un bateau, les yeux larmoyants, direction Guajara-Mirim avec notre paquetage, en promettant à tout le monde qu’on passera les voir pour le prochain festival des plages, juste avant de rentrer vers la France…Donc nous voici repartis sur notre bateau (ou Marie a pesté d’impatience tout autant qu’à l’allée) pour une nouvelle aventure!!!
Cela fait une semaine que nous sommes revenus, et nous avons des préoccupations diverses : se trouver une petite maison rien qu’à nous (parce que dormir dans la maison de l’évêque, c’est bien, mais pas top : on mange diocèse, on travaille diocèse, on dort diocèse…) Trouver des activités constructives pour Marie, arriver à abattre un travail énorme pour Matthieu, et lui apprendre à marcher sur des œufs : Je ne sais pas à qui je l’avais déjà dit, mais travailler avec des brésiliens c’est folklo, et encore plus quand il y est question de près d’argent et de pouvoir… les pillages de caisses, abus de biens sociaux et délicatesses de ce type sont monnaies courantes, j’ai donc quelques personnes que je dois surveiller de près car les suspicions de manque de loyauté ne manquent pas…

Enfin, voici la coopération « cru 2006-2007 » ; voici une année déjà qui se termine et on se sent un peu fragile, à vrai dire sur le bilan et sur notre futur !!
Pour notre expérience personnelle, c’est riche et épanouissant !! Pour notre expèrience « missionaire », on se demande encore quelles traces on va laisser et quelle utilité on a réellement !!
Mais encore une année pour voir si la récolte et les enseignements sont bons !! Malheureusement, on ne le saura qu’à la fin, et surement même qu’à notre retour en France !!
Dans les nouvelles hors mission que nous voulons vous faire partager : il y a
- la venue de Céline et Ludovic d’ici moins de trois semaines!! on va se faire un petit périple d’une semaine à la Paz + le lac Titicaca !! hiphiphip houra… on est impatients !! alors dépêchez-vous !!!
- la naissance du bébé de Carole et Alex, un petit Mathis !!
- et, et, et… un grand bonheur pour Marie !! Isa et Jean lui ont demandé d’être la marraine de la petite Aubane qui devrait naitre courant mars (si nos calculs sont bons !!!) !!

Merci à tous pour ces supers moments de joie que vous nous faites vivre à distance !!!

jeudi 13 septembre 2007

Prochaine étape???

Salut à tous,

Nous revoici après un long mois d’absence. Allons en direct au fait : que s’est il passé ce mois-ci chez nous ? pas mal de changements, durables ou temporaires. Le retour à Costa Marques après les vacances a été assez dur : mine de rien, on s’y fait aux vacances. Premier changement que l’on a pu voir une fois chez nous, c’est que les routes de la ville commençaient à s’asphalter, comme quoi les choses changent au Brésil, enfin surtout en période pré-électorales…

La seconde chose, c’est que Marie a réalisé un rêve de gamine, elle s’est achetée un cheval, tout juste débourré, tout noir, et donc je vais avoir le plaisir de voir ma chère épouse faire des promenades sur son fier destrier, tandis que moi, je la suivrai aussi sur un destrier noir… sauf que moi, c’est un vélo. Nous luis avons construit une jolie cabane, comme ça il pourra dormir gentiment dans notre jardin ! Le seul hic est que les chevaux ne se dirigent pas de la même manière ici et en France, ici, c’est un peu plus « bourrin » comme technique…

Parmi les choses qui n’ont pas changées durant notre périple, on peut notamment citer le Jardim Beija-Flor, la sœur Zézé et les professeurs, les amis…toujours prêts pour un churrasco bref, on s’est assez vite fait à notre train train quotidien, quelques projets pour moi, la mise en place d’une pastorale du denier et l’accompagnement d’une sœur dans les communautés rurales après le départ du père Jean. Comme j’étais encore dans ma période « saudade du nordeste », j’ai commencé à me faire des dread-locks, avec un résultat qui, ma foi, était de bon goût, mais uniquement pour moi… Après deux semaines à Costa Marques, nous avons du revenir de façon un peu précipitée sur Guajarà-Mirim. Là, nous attendait le Père Béguin, notre chargé de mission DCC, afin de prendre le pouls de notre mission pendant une semaine. Le voyage sur le fleuve nous a permis de voir l’évolution entre saison de pluie et saison sèche… il parait que le fleuve s’assèche par endroit de plus de 14 mètres de hauteur… en tout cas, c’est toujours aussi beau, même encore plus ! L’entrevue avec le père Béguin nous a permis de pouvoir parler de notre mission, des besoins sur place, de nos rapports avec nos responsables sur place, nos attentes… ça fait du bien de vider son sac… cependant, nous avons trouvé tous deux que le rapport écrit par notre chargé de mission faisait très « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, la coopération elle est merveilleuse », avec très peu de solutions directes apportées, mais plus le fait que nous et la patience sommes les maitres mots de l’évolutions de certaines situations… si jamais il y a une brèche d’ouverture d’entrebâillement de possibilité de changement… Bref, on prend nos nerfs et notre espérance à deux mains et on verra plus tard !

Nous restons depuis sur Costa Marques pour (à l’origine) deux raisons : la première est que l’économe du diocèse avait besoin d’aide pour rattraper le retard accumulé par le fait qu’il n’y a pas de coopérant à Guajarà depuis novembre 2006, mais aussi pour que je puisse la remplacer durant ses vacances… La seconde est que Jadwiga, la coopérante attendue depuis Janvier et qu’on n’attend plus, devait arriver aux alentours de la fin septembre. Cela signifie deux choses assez importantes, c’est qu’apparemment, nous loupons cette année le meilleur de Costa Marques : la fête nationale et le festival des plages (autrement dit, l’orgie à ciel ouvert !!!).

Au moment ou le père Béguin posait le pied dans l’avion qui le ramenait vers la France, nous avons appris une nouvelle qui ne nous a pas franchement réjouit mais qu’on peut comprendre sans problème : Jadwiga a trouvé en France un amoureux et souhaite, si elle part, faire un contrat de coopération de 12 mois seulement… Nous avons fait le nécessaire pour lui dire que nous souhaitions la voir, sans pour autant lui donner de pression… peine perdue. Notre cher évêque a finalement renvoyé la pauvre Jad’ dans les filets, en résiliant purement sa demande… on en connait une qui l’a en travers…

Guajara a permis aussi de voir comment notre portugais a évolué, facilitant notre compréhension et notre sociabilisation (surtout une fois que j’ai défais mes dreads). C’est donc avec plaisir que nous avons retrouvés nos amis de début de coopération et à apprécier des personnes qui nous semblaient difficiles à appréhender auparavant. Marie s’ennuie pour l’instant beaucoup moins, elle est retournée à sa bibliothèque au petit séminaire, s’est remise à la guitare, marche tout les soirs avec une amie. De mon coté, j’ai pris les rênes de la compta du diocèse, lancé les conseils d’administrations… bref, il y a à faire…

Comme je l’ai dit auparavant, la fête nationale est le 7 septembre ici. Mais comme les brésiliens ne font pas la fête à moitié, ici, les festivités s’étalent sur une semaine ! Tout le monde parade pour le défilé : militaires, écoles, fonctionnaires, pompiers, églises évangélistes, Lions Club, Rotary et mêmes les francs-maçons…le tout en fanfare. Comme tout le monde le fait, nous sommes, nous, allés défilés aux couleurs du diocèse, avec le Despertar (l’école professionnalisante du diocèse). Les rues de la ville se sont transformées en bar et la consommation d’alcool est proche des fêtes de Bayonne…

Voilà jusqu’à maintenant. Il reste quelques questions en suspens sur notre devenir :

Qu’est ce qu’on va faire, maintenant que la venue de Jadwiga est abrogée :

-Retourner à long terme sur Costa Marques ? on aimerait bien, on se sens maintenant à l’aise dans cette ville, mais nous ne pensons pas que l’évêque l’entende de cette oreille…

-Rester sur Guajara ? ce qui veut dire qu’on laisserait le Padre Jean, nos amis, le Jardim et le cheval tout seul… et puis si nous restons, nous souhaitons la même indépendance qu’à Costa Marques.

-Faire des allers-retours entre les deux villes ? On veut rester ensemble pour ce type de déplacements, et puis ça ne serait pas satisfaisant pour une coopération ou l’on sait que l’on aura du mal à aller au fond des relations par manque de présence.

Bref, le choix n’est pas simple ni pour nous, ni pour notre évêque… c’est sans doute pour cela qu’il n’a pas tranché la question…

Dans les bonnes nouvelles, nous savons maintenant que Ludovic et Céline vont venir nous voir. On va se rejoindre sur la Paz. On ne crache jamais sur une visite, d’autant plus si ça nous permet de voir du pays, même si c’est une visite éclair !

Dans les nouvelles d’ici, J’ai appris dans le journal que le Rondonia (notre état) était le plus gros producteur de CO2 du Brésil, bien devant la mégalopole qu’est Sao Paulo… et oui, c’est le fruit de la déforestation. Durant la saison sèche, c’est simple, tout crame : champs, forêt, ordures en ce moment, c’est simple, le ciel est tout blanc tellement c’est pollué, et on ne voit pas le soleil de la journée !… donc on vous encourage à venir voir le trésor qu’est l’Amazonie avant qu’on en fasse un désert…

Une autre nouvelle, qui montre comment les politiques sont de bonnes pourritures ici, Pour qu’un senateur ou un député puisse passer devant la justice, il faut qu’il y ait un vote à bulletin secret des sénateurs, le dernier cas est celui du ministre de l’équipement, qui a magouillé des marchés publics d’assainissement et de contruction de routes dans tout le Nordeste… on appelle ça comment, immunité ou impunité parlementaire ??? Notes au passage, les parlementaires se sont augmentés de 91% cette année, mais pas leur capacité à répondre à la population, et encore, je ne parle pas des 10 milliards d’euros détournés chaque année…

Dans les petits bonheurs qu’on à, même si l’on est loin, on souhaite la bienvenue à Mathis, le fils de Alexandre et Carole Cullerier, mais aussi que Marie va être Marraine du futur de Jean et Isabelle Scholsen (moi, je serai parrain du deuxième, nah !!!)

Bises à vous !

vendredi 10 août 2007

Ah, les vacances!!!!

Salut à tous !












Voici un mois que nous n’avions pas donné de nouvelles, et pour causes, le mois de juillet a été particulièrement agité… voici la rétrospective :












Durant la fin du mois de juin, Marie et moi étions attelés à organiser « l’arraial dos baxinhos » ; en français, ça donne : « la kermesse des tout-petits » : en gros, c’est l’occasion pour le jardim de mettre des sous de coté pour éviter d’en demander trop au diocèse. Donc votre humble serviteur s’est transformé en constructeur de baraques, en vrp des activités philanthropiques, en cuisinier et en coordinateur de l’équipe d’enseignants pour l’événement. Au final, le 1er juillet, la fête a été une bonne réussite, car nous avons réussi à dépenser un minimum, toute la bouffe a été offerte, et à faire salle comble. Donc assez content de nous, et surtout bien fatigués, nous nous sommes éclipsés pour pouvoir partir en VACANCES.

Le 2, nous prenions donc le bus qui nous a emmenés au plus près de la civilisation (route en asphalte, cellulaires…) à Présidente Medici. De là, nous avons pu prendre la nationale qui amène jusqu’à Cuiaba (capitale du Mato Grosso) soit un total de 28h de bus… sachant que nous en avions encore pour 40 heures pour atteindre Salvador de Bahia… on a préféré prendre l’avion, certes un peu plus couteux, mais cela nous permettait de prendre possession des lieux à Salvador avant l’arrivée des filles à l’aéroport.













Salvador est une ville extraordinaire sur plusieurs points, elle a été le port d’accueil de la majeure partie des esclaves noirs, et reste marquée par ce point d’histoire, beaucoup de traditions africaines ou afro brésiliennes sont encore présentes au sein de cette cité coloniale (capoeïra, candomblé, cuisine…). C’est une ville assez jolie que nous avons voulu découvrir à pied dès notre arrivée : nous nous sommes aperçus en quelques minutes des désagréments de cette ville aussi peuplée que notre bonne vieille capitale : vendeurs à la sauvette assez agressifs, ou qui jouent à fond le chantage affectif, mendiants à tout les coins de rue, drogues, vols. Mal nous en a pris de sortir des quartiers touristiques ou la police veille : résultat, nous nous sommes fait arracher notre appareil photo… bienvenu dans le Nordeste et, bon tourisme !!! au moins, le signe est clair, il fait assez mauvais être blanc à Salvador : primo, on est assez vite repéré, secundo, on est pris pour des portefeuilles sur pattes… Cette première journée nous a bien calmés, Marie et moi, quand à notre « brazilian attitude ».













Le soir, nous sommes allés cherchés les trois filles (Anne-So, Noémie et Rachel) à l’aéroport de Salvador. Ma petite Marie, excitée comme une puce a dû faire environ 8 fois le tour de l’aéroport pour calmer son impatience, et se cacher derrière tout les poteaux de l’aéroport pour pouvoir faire la surprise à ses copines… mais c’est tombé un peu à plat, car les filles sont sorties pratiquement 2 heures après l’arrivée du vol, car leurs bagages n’avaient pas été expédiés… merci Air France !!! En tout cas, les retrouvailles ont étés magnifiques, une vraie bouffée d’oxygène pour ma petite amoureuse !!!













Pendant les 4 jours suivants, nous avons pu découvrir l’ambiance de Bahia, le Pelourinho, la ville basse, l’église du Bomfim, l’ile d’Itaparica… bref, pas mal…sauf que les rapports avec les citadins de Salvador sont pleinement marqués par le tourisme, donc pas toujours agréable, mais aussi la proximité des favelas, avec tout les mauvais cotés (violence, misère, gamins allongés dans la rue, défoncés au crack)

Après Salvador, nous sommes remontés en bus jusqu’à l’état du Pernambuco, haut lieu de la production de la chachaça (alcool qui se rapproche du rhum). Première étape : Porto de galinhas, station balnéaire assez réputée. C’est un haut lieu du surf mondial, et aussi un endroit ou le récif permet à marée basse de se baigner dans des piscines naturelles. Nous y avons fait de longues balades sur la plage. Seconde étape : Olinda. C’est une petite ville coloniale juste à coté de Récife, classée au patrimoine culturel, les balades dans des rues aux maisons multicolores y sont très agréables, et les gens aussi (sauf dans un resto…) c’est comme si Récife avait gardé le meilleur d’elle-même de coté… parce que la capitale du Pernambuco n’est pas une ville agréable : nous y avons rencontré un couple d’amis d’Anne-Sophie, le mari s’éclate en expatriation à bosser pour Nestlé, mais pour sa femme, la vie n’est pas des plus marrante. Elle est contrainte de rester confinée avec son enfant dans leur (très grand) appartement en bordure de plage, avec la peur au ventre dès qu’elle sort. De plus, elle n’a pas réussi à se faire, parmi les brésiliens, des vrais amis… la tour d’ivoire… Il est vrai que les favelas jouxtent le quartier riche, et que les larcins sont assez fréquents dans cet endroit.










































Nous avons ensuite quitté le Pernambuco pour l’état du Céara et sa capitale, Fortaleza. C’était le meilleur moyen pour découvrir la ville et les plages de cet état. Nous sommes notamment allés à Morro Branco. C’est un petit port de pêcheurs ou la plage est longée de falaises de sables multicolores et de sources d’eau douce. Après un retour sur Fortaleza, nous sommes allés sur un lieu magnifique qui s’appelle Jericoacoara : un lieu perdu au milieu des dunes, aux allures de paradis : l’endroit rêvé pour faire de la voile (vents permanents de 20 à 30 nœuds…) avec des lieux particuliers comme une roche fourrée ou l’ont peut admirer le soleil couchant. L’arrière-pays est tout simplement « magnifique », plein de contrastes. D’après Marie, certains lieux rappellent les portes du désert, en Tunisie. Des lacs à quelques encablures avec une eau limpide. Bref, dès que l’on sera retraité, on vient habiter ici !!! C’est aussi ici que nous avons fêté notre anniversaire de mariage, admirablement organisé par Noémie et pour lequel tout le monde s’est super investi !!! Une soirée inoubliable pour tous les deux, avec des déclarations très fortes, tant d’amour que d’amitié !! Sans compter les petits jeux pour « tester la solidité de notre couple » !!! Y a pas à dire, on est fait l’un pour l’autre !!


























Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, surtout que nous avons du nous séparer de notre Anne-so, qui a du rejoindre sa chère Suisse où sa chef l’attendait de pieds ferme pour se remettre au travail !! On ne faisait pas les malins tous les deux à l’aéroport, Marie, vous vous doutez pourquoi, mais moi aussi, car mine de rien, les deux semaines passées avec elle, m’ont appris à mieux la connaitre et à beaucoup l’apprécier… Y a pas à dire « vivement qu’on se retrouve dans 15 mois !!! » !





















Mais on se ressaisi, l’aventure continue ! Et heureusement notre Rachelounette et Noeminounette sont encore de la partie et on compte bien en profiter pour les quelques jours qui nous restent !!

Direction Sao Luis, capitale de l’état du Marignan, ou nous retrouvons Nolwenn et Guerric, deux coopérants de la DCC que nous avions connu lors du stage de formation !

Cette ville nous parait plus calme et moins dangereuse que celles visitées jusque-là !! Le centre historique est bien conservé et nous offre de belles façades coloniales mais aussi un lieu animé, avec danses folkloriques, rencontres sympas,…










On se laisse tenter par une excursion d’une journée classée 5 étoiles dans le guide du routard : les « lençois maranhenses » ! C’est un parc naturel recouvert de dunes de sable blanc, s’étendant sur des dizaines de kilomètres et entrecoupées de lagunes d’eau douce, transparentes !! Un petit paradis sur terre !! Roulades dans le sable et Baignade obligatoires…










Mais malgré tout, nos esprits sont déjà un peu nostalgiques, pensant au départ des deux miss le lendemain…

Tout est passé tellement vite et nous voilà tous les quatre, comme des cons, trois semaines après nos retrouvailles, sacs au dos à la gare routière, où un bus ramènera Rachel et Noémie jusqu’à Salvador, d’où elles rejoindront la France en avion !

Il faut juste que les gens qui sont censés venir nous voir soient au courant : Marie vous fait culpabiliser de partir !! ça a été des larmes et des larmes et des larmes, avec cette phrase qui revenait entre deux sanglots, comme dans un dessin animé de 5 ans et demi : « je… veux… rentrer… en France… avec elles !! »

Mais non, notre place est ici, du moins encore pour quelques temps… Notre bus à nous ne partant que samedi, nous avons trois jours à rester ici ! Au début nous voulions aller sur les iles Carapatales où vivent Anne et Luc, un autre couple de coopérants DCC, mais les horaires de bateaux n’existant pas au Brésil et dans l’incertitude de pouvoir être à l’heure pour notre unique bus de la semaine, nous sommes finalement restés sur Sao Luis où nous avons été logés par Guerric et Nolwenn, dans leur favela, où ils habitent !! Un très bon moment, où nous avons pu comparer nos expériences et réaliser que finalement, d’un côté comme de l’autre du Brésil, nous sommes confrontés aux mêmes difficultés dans nos missions : réelle utilité ? rapport aux gens ? ça nous a fait un bien fou… Et au final, on est reparti en se disant qu’on fera ce qu’on peut avec ce qu’on a !! Et qu’il faut se faire une raison, on ne changera pas le monde, peut être même rien du tout, mais qu’il y aura eu au moins un échange culturel pendant deux ans !! Telle est notre nouvelle devise…

Marie en a profité pour apprendre à « cuisiner français » avec les aliments brésiliens, sous les conseils du grand maitre Guerric : gratin dauphinois, boulettes de viande, légumes farcies, tarte tatin…

C’est en pensant à ces délicieux petits plats, que nous allons pouvoir refaire à Costa Marques, que nous avons pris notre bus samedi matin à 6h30 pour arriver dans la nuit de… mardi à mercredi vers 3h00 du matin dans notre chez nous !! Autant vous dire que le bus et nous, maintenant, on est copain comme cochon !

Nous avons fait au total plus de 12000km, soit 150 heures de bus

Juste une journée de récupération et… c’est reparti !!

Nous voici donc de retour au Jardim Beija Flor ou nous retrouvons notre chère Irma Zézé qui en moins d’une journée a réussi à nous mettre le moral dans les chaussettes… Ah, ce qu’on était bien en vacances… Mais, les questions sur notre voyage et le plaisir de nous retrouver d’autres personnes nous font garder le moral et la motivation !

Surtout que dans les grandes et bonnes nouvelles que nous vous avions cachées jusqu’ici, Marie a réalisé un de ses plus grands rêves (que notre évêque qualifie plutôt de caprice, mais dans la bonne humeur !!) : elle s’est acheté un … CHEVAL, pour 160 euros !! Pour l’instant il est en train de se faire dresser par un ami, donc il ne vit pas encore avec nous, mais tant mieux, car ça nous laisse le temps de lui fabriquer son box dans le jardin !! Et elle lui rend visite tous les week end…

Alors, elle est pas belle la vie ??!!!

mardi 26 juin 2007

bilan de nos six mois

Nous avons du remplir, il y a une semaine, ce questionnaire de la DCC (Délégation Catholique de Coopération) pour faire le bilan de nos 6 premiers mois au Brésil...

BILAN de MATTHIEU

Intitulé de ton poste : administrateur paroissial

1- Le projet et le poste
1.1 Décris le projet dans lequel tu agis ? Quels en sont les objectifs ? Quel en est le cadre institutionnel ?

Je travaille en temps qu’administrateur du Jardim Beija-flor et de la paroisse de Costa Marques.

-La première entité est une école maternelle comptant en moyenne 250 élèves. Elle dépend des œuvres sociales du diocèse de Guajara-Mirim ; cette école philanthropique reste cependant sous contrat avec l’état et la mairie de Costa Marques ; ces derniers fournissant notamment les professeurs et des subventions. L’école a pour objectif le développement, l’éveil et l’alphabétisation des jeunes costa marquenses. Cette école a fondé son modèle de sociabilisation sur l’accueil de tous les élèves, sans condition de ressources de leurs parents. Il en résulte une mixité sociale permettant à chacun de développer sa sociabilisation dès le plus jeune âge. Cette institution permet aussi la distribution d’un repas journalier, aidant ainsi les familles les plus démunies.

La paroisse de Costa Marques dépend de la mitre de Guajara-Mirim. Diverses activités sont encadrées par cette structure (pastorales des enfants, catéchèse, renouveau charismatique, confrérie de l’Esprit Saint…), en plus des célébrations de messes dans la ville et dans les communautés rurales.

1.2 Quelle fonction exerces-tu dans ce projet, quelles sont tes principales activités ?

J’ai travaillé pendant mes 4 premiers mois au Diocese de Guajara Mirim, ou je m’occupais avec la secrétaire du Diocèse de la coordination financière et comptable de la mitre (ensemble des paroisses du diocèse), des œuvres sociales (4 entités diverses) et des relations avec l’organisme collecteur de dons en France. Ces activités faisaient principalement appel à des notions de contrôle de gestion.

Depuis notre arrivée à Costa Marques, les fonctions que j’exerce ne font pas partie d’un projet particulier : j’officie en collaboration avec la secrétaire de la paroisse sur les deux structures pour m’occuper du suivi de « comptabilité » et l’administration. Je fais aussi l’intendance (de façon très très générale…) de l’école. Je cherche à diversifier mon implication professionnelle hors de la structure ecclésiale auprès du syndicat des travailleurs ruraux et d’autres mouvements que je pourrais aider, de façon ponctuelle ou occasionnelle.

1.3 Ton poste correspond-il à la description qui t'en a été faite lorsqu'il t'a été présenté ?
Y-a t’il eu des aménagements ? Si oui, lesquels ?

Le poste correspond à la présentation qu’il m’en a été faite.
Parmi les aménagements, on peut sans doute parler des 4 premiers mois à Guajara-Mirim, au sein du diocèse, et le fait que je doive rechercher des activités en dehors du domaine ecclésial pour occuper mon temps de travail. En dehors de ceci, peu d’aménagement sont à relever. Cependant, si je reprends ma fiche de poste, les activités énoncées sont loin de m’occuper à plein temps :

A l’école maternelle : je site « l’objectif du poste d’administrateur est d’aider la directrice en place dans la gestion financière et matérielle pour lui laisser plus de temps pour la partie pédagogique ». Du coté des « finances », le travail consiste simplement à l’enregistrement et classement des factures sur un Excel. Concrètement, cela me prend au maximum une journée par mois… pour ce qui est de la gestion matérielle, c’est principalement donner un coup de main en cuisine, aller ramasser des fruits ou de la bouse de vaches et faires les achats ponctuels : bref, des travaux non planifiables, de faible importance et qui pourraient largement être faits par un travailleur local, ce qui reviendrait largement moins cher. On peut ajouter à cela la grande difficulté de la directrice à déléguer, cela n’encourage ni moi, ni les employés locaux à prendre et à assumer des initiatives quand je sais qu’elle repassera toujours derrière. Je ne perds cependant pas espoir puisque je tente d’organiser la kermesse de l’école qui nécéssite un peu plus de travail.
A la paroisse : « aide à l’administration de la paroisse » à ce niveau, la demande est très faible : il y a déjà une secrétaire assez performante et bien formée pour la demande locale, mon but n’étant absolument pas de me substituer à elle, au mieux de la former sur des sujets qu’elle n’abordera que peu ou prou. Là aussi, je réponds actuellement à des demandes non planifiables et d’importance faible.
De façon générale « Recherche de financement public pour les différentes entités du diocèse ». Pour cela, il serait de meilleurs augures d’être en lien direct avec les entités du diocèse qui en ont le plus besoin : mais elles sont à un petit millier de kilomètres du lieu de ma mission : à Guajarà-Mirim…

Quand au projet de création d’un centre social, apparemment, ce projet est bien enfoui dans le carton d’un maire bien corrompu et qui détourne l’argent public.

Par contre, je sens bien la grande autonomie…

1.4 Décris tes relations avec ton responsable, ton insertion dans ta communauté d'accueil.

Les relations avec mes responsables peuvent être qualifiées d’assez chaleureuses :
-Monseigneur Gerard Verdier (évêque de Guajarà-Mirim) : l’entente est cordiale, aussi bien personnellement que professionnellement, il a cependant du mal à prendre des décisions franches quant aux changements relatifs à la survie des œuvres qu’il a en main. Il est vrai que je peux faire preuve de manque de diplomatie, voire être trop direct, ce qui peut le braquer...
-Père Jean Picard (prêtre de Costa Marques) : entente chaleureuse, il fait ce qu’il peut pour m’aider, m’insérer dans la vie Costa marquense : rien à redire, c’est vraiment une personne en or, à la limite de la figure paternelle.
-Sœur Zézé (sœur calvairienne et directrice du Jardim Beija-Flor) : cette personne est à envisager sous deux points de vue.
-personnellement, elle a un raisonnement assez profond, elle s’avère très intégrée dans notre sociabilisation et notre développement personnel, à la limite de la confidente pour les petits « coups de gueule » sur les inégalités sociales et la difficulté à travailler avec les natifs de Costa Marques et des environs (elle vient de Sao Paulo, donc a une mentalité qui se rapproche de celle d’une européenne). Elle est très présente.
-professionnellement, c’est très difficile de travailler avec elle, car elle ne sait pas ni planifier, ni déléguer, mais reste très exigeante envers les autres : c’est du « maintenant ou tout de suite », ce qui se révèle très difficile à gérer. Pour ce qui est de la délégation, (d’après ce quelle dit) elle aimerait bien déléguer, mais n’y arrive absolument pas, ce qui la rend stressée et stressante. Il en résulte une ambiance de « flicage » qu’elle impose aux employés de l’école et aux fonctionnaires… ce que tout le monde déteste. On peut rajouter qu’elle est à la fois autoritaire, tout en jouant à fond sur le contrat didactique et le chantage affectif (apparemment, elle a fait des études de psychologie et si j’étais jusqu'au-boutiste, je dirais qu’elle n’en a retenu que les moyens de dicter son point de vue).

1.5 Ton responsable t'accompagne-t-il dans ton action ? Le rencontres-tu régulièrement ? Quelles sont les possibilités d'évaluation ? As-tu défini des critères d'évaluation avec ton responsable ?

Mes responsables me laissent une liberté qui est assez grande, cependant, il n’y a que rarement des entrevues réellement constructives, pour deux raisons : premièrement, cela ne fait que deux mois que je suis en poste à Costa Marques. Deuxièmement, je ne mène pas (encore) de projets réellement constructifs, ce qui m’ennuie un peu… les rencontres sont cependant régulières, mais informelles (plusieurs fois par semaines, hors évêque). Les possibilités d’évaluations sur des points précis n’ont pas encore été abordées, sans doute parce que je n’ai pas encore d’objectifs définis.

Ta présence dans ce projet te paraît-elle utile ? Explique.

Vaste question… je dirais, pour ne pas faire de détails, que mon utilité professionnelle n’est que toute relative pour ne pas dire inexistante !! : La paroisse de Costa Marques ne s’arrêtera pas de tourner lors de mon départ apparemment, loin de là. Il y a déjà une personne qui effectue les taches quotidiennes, hebdomadaires et mensuelles, je suis plus dans un rôle d’homme de main, car la secrétaire du diocèse a été très bien formée par Romain (coopérant en place jusqu’à fin 2006) et a fait le nécessaire pour tenir le cap lors des 4 mois sans coopérant sur Costa Marques, de plus, il n’y a absolument pas besoin de deux personnes à plein temps pour réaliser les taches administratives relatives à la vie ecclésiale locale. Pour les tâches d’entretien, Romain avait aussi fait le nécessaire pour embaucher une personne de confiance peu de temps avant son départ, ainsi, il n’y a plus à manager le précédent employé, qui essayait toujours de feinter… le nouveau venu est vraiment très efficace…

Comme le dit le Père Jean, il fait appel à des couples de coopérants, car il y a eu des déconvenues avec des volontaires venus seuls, mais aussi en tant que « modèle social » face à une conception du couple qui est totalement dégradé au Brésil et à Costa Marques en particulier.

J’ai donc un certain mal à faire ma place depuis les deux mois passés, au moins au niveau professionnel, car il n’y a pas de réelle demande locale, ce qui se révèle jusqu’alors préjudiciable professionnellement pour moi : avant ma mission, je me faisais un point d’orgue d’avoir une stimulation intellectuelle au sein de ma fonction, chose que j’ai beaucoup de mal à retrouver ici, de même qu’une issue à cette situation. il n’y a aucun besoin actuel en terme de gestion, financement et comptabilité, ce qui m’amène à élargir le champ de mes tâches à des domaines que je ne connais pas : la cueillette et le pressage de fruits, le service en cantine ou l’attente dans les files de banque. Apparemment, la majeure partie des actions juridiques et financières sont bloquées par les pouvoirs publics, la géographie ou la mentalité des locaux..

2- Ta vie de volontaire
2.1 Les conditions de logement, de nourriture et financières correspondent-elles à ce qui t’en a été dit ?

Oui, rien à redire sur ce sujet, c’est parfait.

2.2 Quelles sont les principales difficultés rencontrées (santé, langue, séparation de la famille et des amis)? Comment as-tu essayé de les surmonter ? As-tu trouvé un interlocuteur pour en parler ? (responsable, collègue, autre personne...).

Hormis la difficulté de la langue et celle à s’adapter aux températures locales lors des trois premiers mois, la principale difficulté reste le manque de stimulation et d’issue face à mes compétences professionnelles. Mes responsables, collègues ainsi que ma femme restent attentifs à cette situation.

2.3 Comment participes-tu à la vie locale (contact avec la population, église locale, vie associative…) ?

Je implique dans la vie locale principalement via les fêtes (très fréquentes ici), la pastorale des enfants ou nous venons d’être intronisés (nous allons nous occuper d’un quartier de la ville, en collaboration avec l’équipe locale), et la collaboration avec le syndicat des travailleurs ruraux ou je fais la comptabilité et j’aimerai bien à terme les aider à s’organiser. Je vais aider dans les prochains jours un des policiers pour l’aider à animer un groupe de jeunes fondé sous une initiative citoyenne. Parmi les pastorales, j’aimerai notamment m’impliquer d’avantage dans la pastorale de la terre, afin d’aider les petits agriculteurs à sortir de l’agriculture de subsistance, notamment en les aidant à fonder une (des) coopérative(s) et en introduisant les activités de microcrédit dans la ville, mais des antécédents fâcheux sur ces deux derniers plans (détournements, manquement grave de gestion) attirent la méfiance : cependant, cela marche déjà à quelques centaines de kilomètres d’ici.

Les collègues de travail au sein de l’école et de la paroisse se révèlent être aussi de bons piliers sociaux.

2.4 Rencontres-tu d’autres volontaires (DCC ou autre ONG) ?

Hormis les mouvements de pastorales, je n’ai pas encore rencontrés de volontaires étrangers, néanmoins, nos futurs vacances dans le Nord est du pays vont nous permettre de rencontrer les coopérants du Maranhão (Luc, Anne, Nolwenn et Guerric)… et puis on attend la venue (un jour peut-être) de Jadwiga…

2.5 Quelles sont tes principales satisfactions et joies éprouvées ?

Déjà une très grande joie… nous avons réussi à construire avec Marie un couple qui va en se renforçant, au moins sur les trois derniers mois : Costa Marques et notre petit chez nous y est sans doute pour quelque chose. Cela fait maintenant 10 mois que nous sommes mariés et nous arrivons à communiquer énormément, et surtout à se dire la vérité sur tout. Un vrai bonheur, on s’aperçoit que l’un est vraiment un pilier pour l’autre !

Pour les joies, en vrac, on peut citer le soutien de nos amis en France, la découverte de la culture brésilienne (assez marrante en fait), le pèlerinage fluvial de Nossa Senhora dos Seringeiros durant 3 semaines : superbe et intense… et puis plein de petits moments qui me font dire que finalement, je ne suis pas trop mal ici !

Et puis aussi, me remettre au sport, plus particulièrement commencer la capoeira : première semaine, j’ai eu mal partout. Deuxième semaine, j’ai commencé à comprendre le principe. Troisième semaine : je me donne à fond, même si je continue encore à paraitre ridicule au centre de la roda !!! C’est bonne ambiance, tout de même !

2.6 Quels objectifs te donnes-tu pour les mois à venir ?

Principalement, je souhaite retrouver un peu d’entrain et beaucoup de stimulation intellectuelle au travail, pour cela, j’ai sans doute besoin de discuter en vérité avec les gens d’ici, quitte à y passer des journées pour trouver le petit truc qui me donnera le feu qui me manque. En plus de ceci, j’aimerai vraiment aider les travailleurs de la terre, pour leur montrer qu’ils peuvent faire de grandes choses s’ils unissent leurs efforts : c’est sans doute eux qui travaillent le plus dur dans ce coin pour une rémunération qui est loin d’être à la hauteur de leur courage. Parmi les objectifs que je me suis fixés, je vais notamment apprendre (par moi-même et par internet) à mettre à jour le site web de notre mission et de Lettre d’Amazonie…à la demande de notre évêque Gerard Verdier !

Et je risque surement de passer des unités de valeurs par correspondance pour obtenir un bac+5 en comptabilité… à voir à moyen terme.

3 - Le suivi de la DCC

3.1 – Maintenant que tu es sur le terrain, que penses-tu de la préparation de départ suivie à la DCC ?

Rien à redire, je suis sans doute tombé dans la plupart des petits travers du coopérant… c’était écrit, j’avais été prévenu…

3.2 – Que penses-tu du suivi de la DCC (DCC news, chargé de mission, questions administratives…) ?

Jusqu’à présent, j’estime que le suivi est très bon


BILAN de MARIE

Intitulé de ton poste : Responsable pédagogique

1- Le projet et le poste

1.1 Décris le projet dans lequel tu agis ? Quels en sont les objectifs ? Quel en est le cadre institutionnel ?

Je travaille dans une école maternelle, le « Jardim Beija Flor », en tant que responsable pédagogique. Je suis en relation avec une équipe de 14 professeurs, une assistante pédagogique et une directrice. C’est une école de 250 élèves âgés de 2 ans et demi à 6 ans. Les enfants de 5 et 6 ans viennent à l’école le matin et les plus jeunes viennent l’après-midi.

Les objectifs de ma mission dans cette école sont de travailler avec l’équipe enseignante, les aider à organiser, planifier leur travail, donner des conseils pédagogiques, monter des projets avec eux, mais aussi ressouder l’équipe et faire partager mon amour du métier.

Cette école appartient aux œuvres sociales du diocèse de Guajara-Mirim. C’est une école qui a une vertu philanthropique, mais reste sous contrat d’état.

1.2 Quelle fonction exerces-tu dans ce projet, quelles sont tes principales activités ?

Je suis « Responsable pédagogique ». J’aide les professeurs à monter leurs cours, à trouver des idées, avoir de la créativité, à se fixer des objectifs (souvent absents) et à se projeter un peu plus loin que pour le jour suivant !

J’anime aussi des réunions sur des thèmes plus généraux autour de la pédagogie que j’essaie de choisir en fonction de leurs demandes ou de leurs besoins (comme la discipline, le travail de groupe, le travail en projets…)

La directrice aimerait que je sois davantage « superviseur » que « coordinatrice pédagogique » ce qui impliquerait qu’en plus de l’aspect pédagogique j’aurais une fonction d’autorité sur l’équipe enseignante. Elle aimerait que je note leurs heures d’arrivée et de départ, que je les oblige à me faire des comptes rendus sur leurs journées et leur travail… que j’intervienne davantage dans les classes (car jusqu’ici, je reste à leur disposition dans la salle des profs, là où il y a tout le matériel pédagogique pour les aider) …Mais je ne me sens pas prête pour cette fonction, et pas à la hauteur, car je suis la plus jeune de l’équipe et que je ne sais pas être « autoritaire » !!

1.3 Ton poste correspond-il à la description qui t'en a été faite lorsqu'il t'a été présenté ?
Y-a t’il eu des aménagements ? Si oui, lesquels ?

Plus ou moins ! Il ne correspond pas au poste décrit sur ma fiche DCC où je devais être « responsable pédagogique » dans une école de personnes handicapées, mais il correspond à ce dont m’avait parlé le père Jean Picard et l’évêque Dom Geraldo un peu avant ma venue, lors de nos différents échanges !

Le changement est lié au fait que l’ancienne coopérante n’ayant pas trop « accrochée » avec la directrice du Jardim Beija Flor et ayant plus une formation d’éducatrice spécialisée, elle avait trouvé finalement sa place à l’APAE (l’école pour personnes handicapées). Mais le diocèse a préféré me réorienter vers l’école maternelle, avec une possibilité d’aller aider de temps en temps à l’APAE. (Pour l’instant j’y suis allée deux fois pour me faire connaitre, mais n’y ai encore jamais travaillé.)

Je tiens à préciser aussi que notre mission à Costa Marques n’a commencé que depuis 2 mois et demi car nous avons passé nos 4 premiers mois de mission à Guajara-Mirim, sous la tutelle et la demande de l’évêque Gérard Verdier, durant lesquels j’ai monté sa bibliothèque personnelle (cataloguer tous ses livres, les trier, les étiqueter et les ordonner). En fait, il nous a demandé de rester à Guajara Mirim en attendant la venue de Jadwiga (autre coopérante DCC) qui devait arriver en Février et il avait besoin des compétences de Matthieu, mon mari, pour gérer le coté administratif et financier du diocèse en attendant ! Pour m’occuper, n’ayant aucune réelle mission pour moi là-bas, il m’a demandé de réaliser ce projet qui lui tenait à cœur depuis longtemps !! ça a été un début un peu difficile pour moi… où j’ai eu du mal à trouver ma place et où je restais enfermée dans un bureau presque 7 heures par jour devant un ordi sans parler à personne et donc sans progresser en portugais : dur dur !! Mais je lui ai fait une belle bibliothèque : mission accomplie !!

1.4 Décris tes relations avec ton responsable, ton insertion dans ta communauté d'accueil.

J’ai 3 responsables : l’évêque Gerard Verdier qui vit sur Guajara Mirim (maison mère de la mission), le Père Jean Picard qui nous a accueilli à Costa Marques et la sœur Zézé, directrice du Jardim Beija Flor !

Dom Geraldo est le « grand » responsable du diocèse mais nous ne sommes pas directement en contact avec lui puisqu’il vit à Guajara-Mirim !! Nous avons tout de même passé nos 4 premiers mois avec lui où nous avons appris à le connaitre ! C’est un homme d’une très grande bonté, passionné par le Brésil et son peuple, et très investi pour lui !! Il nous a accueillis très chaleureusement et il s’inquiétait souvent de savoir comment était mon moral… Par contre, étant très pris par ses multiples voyages de visites de communautés, il n’était pas souvent là, ou, quand il l’était, c’était difficile pour lui d’être disponible… Donc on a du se faire notre trou tous seuls, dans cette ville qui n’était pas notre réelle lieu de mission !

En tout cas, personnellement, mes rapports avec lui sont très bons et j’apprécie beaucoup sa douceur et sa délicatesse. Mais je n’ai jamais eu réellement à « travailler » avec lui !!

Le Père Jean de Costa Marques… C’est lui notre réel responsable ! Il nous a, lui aussi, accueilli à bras ouverts, nous a présentés aux différents points clés de la ville, aux pastorales, aux communautés rurales dans lesquelles il va presque tous les jours célébrer des messes. Il nous a vite fait confiance et laisser libres de faire nos marques, sans jamais nous précipiter… Il est très engagé pour les fidèles de ses paroisses et est très disponible et accueillant pour eux !! Il l’est tout autant avec nous, cherchant toujours à savoir comment s’est passé notre journée, si le moral est bon, si nos activités extérieures nous plaisent, si on trouve notre place… comment il peut nous aider, etc… J’apprécie beaucoup son écoute et son côté « paternel »…

Sœur Zézé !! Notre « chère » directrice du Jardim ! Elle n’est pas en lien direct avec la DCC mais avec le diocèse, et est la personne avec qui nous sommes le plus clair de notre temps. C’est une personne qui peut me faire changer d’avis sur elle en moins de deux secondes !! Hors Jardim, j’apprécie passer du temps avec elle, parler de sujets « hors travail », et nous avons une vision relativement semblable sur les habitants de Costa Marques… Elle a très souvent une attention gentille à mon égard, elle m’offre régulièrement des fruits de son jardin ou des œufs de son poulailler et nous invite très régulièrement à passer chez elle ! Elle s’inquiète de mon moral et de comment je me sens à l’école ! Jusqu’ici tout va bien !!

Mais… en tant que directrice, elle est très difficile à vivre !! C’est même quasiment impossible de travailler avec elle ! Je suis arrivée au Jardim au milieu d’une ambiance très tendue entre tout les travailleurs de la maternelle (les professeurs, le secrétaire, les fonctionnaires s’occupant de la propreté, cuisine et matériel) et elle !! Elle n’est pas du tout apprécié ici et c’est une guerre qui s’envenime chaque jour un peu plus, personne ne voulant mettre de l’eau dans son vin ou essayer de poser les choses pour trouver une solution !! C’est très difficile pour moi de devoir faire « tampon » entre les deux côtés surtout quand c’est pour essayer de me tirer chacun dans leur camp… « Elle a dit ça, elle a fait ça… » ou « ils sont comme ci, ils sont comme ça !! » Au début je me suis plutôt glissée du coté de la directrice, étant moi aussi un peu désespérée et impuissante face au manque de motivation des profs, mais très vite, j’ai pu voir qu’elle était loin d’être une directrice attentive et douce envers l’équipe du Jardim !! Elle est très directive, autoritaire et laisse très peu de place aux idées des autres, s’impose dans les classes au milieu d’une leçon pour couper le professeur dans son élan et lui dire qu’il faut mieux faire comme ça, anime des réunions où personne n’ose parler car ils savent à l’avance que leurs idées ne seront pas prises en compte quand ça n’est pas pour être démontées devant tout le monde… De ce fait, les profs ont perdu toute motivation pour faire quelque chose dans leur classe !! Et elle, refusant de voir que le problème pourrait venir d’elle (Pourtant, je lui en ai déjà parlé plus d’une fois !) continue à les traiter de fainéants et d’immatures, ayant besoin d’être surveillés et suivis ! Bref, elle ne leur laisse aucune liberté…

Moi, j’ai de la chance qu’elle me fasse « toute confiance » comme elle dit (bien que je sente que celle-ci soit toute relative !!) et je me sens assez libre vis-à-vis d’elle, n’hésitant pas à lui dire ce qui ne va pas !! On a cependant souvent des conversations un peu « tendues » n’ayant pas du tout le même mode d’opérer, elle, essayant de me transformer en « flicage de profs » !! Je n’ai aucune formation et me sens totalement incapable de faire de l’autorité face à l’équipe enseignante… surtout que je suis persuadée que ça ne va pas faire bouger les choses, mais seulement les braquer, alors que pour l’instant, on réussit à travailler dans de bons termes !!
Le plus étrange, c’est qu’elle me confie souvent ne pas s’épanouir dans son travail (qui n’est d’ailleurs pas son domaine de compétences !!) et qu’elle aimerait quitter le Jardim… Et de l’autre côté, tous les profs ne rêvent que d’une chose, c’est de la voir partir !! Bonne ambiance !!!!!!!

1.5 Ton responsable t'accompagne-t-il dans ton action ? Le rencontres-tu régulièrement ?
Quelles sont les possibilités d'évaluation ?
As-tu défini des critères d'évaluation avec ton responsable ?
Si oui, énonce les :
Nous n’avons pas encore programmé de temps « spécial évaluation » car nous ne sommes réellement à nos postes que depuis 2 mois et demi et qu’il nous faut un petit temps d’observation !! Mais les rencontres se font assez régulièrement avec le Père Jean (avec qui nous déjeunons tous les midis) ou avec la soeur, de manière assez informelle, mais où les choses sont dites sans crainte et sans retenue, et du coup, on peut agir vite dessus !!
Aucun critères n’ont pour l’instant étaient définis… mais je vais y remédier rapidement !!
De mon côté, je me suis déjà fixée quelques objectifs, choisis en fonction des « manques » observés :
Souder davantage l’équipe pour « travailler ensemble », aider les profs à planifier leurs leçons en se donnant des objectifs et en leur apprenant à se servir d’un journal de classe, donner aux enfants un aspect des apprentissages plus ludique et motivant à travers la mise en place de « projets » dans les classes, impliquer davantage les familles dans l’école et dans la scolarité de leurs enfants…

Ta présence dans ce projet te paraît-elle utile ? Explique.
« Utile », oui, dans le sens où il y a de quoi faire (!!!!) les enseignants étant complètement démotivés et manquant de formation ! Ainsi, les choses à faire pour les aider ne manquent pas…
Mais le problème est que leur manque de motivation les « empêche » même d’avoir envie de bouger réellement les choses !! Ils n’aiment pas le changement et préfèrent rester dans leurs habitudes où ils savent que leurs apprentissages ne sont pas terribles, mais qu’au moins, ça ne demande pas trop de travail de préparation… A aucun moment la demande d’aide, d’avoir une « responsable pédagogique » dans l’école n’est venue d’eux !! ça a donc été difficile pour moi de faire ma place parmi eux, ne me sentant pas du tout accueilli et les professeurs continuant à travailler comme si je n’étais pas là, « transparente »… J’ai réussi à gagner leur confiance et leur sympathie et ai commencé à mettre en place quelques « petites choses », mais c’est dur car un jour on se dit « génial, ils ont accroché !! » et le lendemain on se rend compte que finalement ils ne l’ont pas mis en place « car pas le temps » ou « trop de travail » ou… ou…

C’est dur aussi car j’adore ce métier et j’ai du mal à comprendre leur manque de motivation !! J’aimerai tellement réussir à leur donner le gout de ce travail…

Je ne décourage pas, je vais les avoir à l’usure !!!!!

2- Ta vie de volontaire

2.1 Les conditions de logement, de nourriture et financières correspondent-elles à ce qui t’en a été dit ?
Parfait !! On est aux anges dans notre petite maison en amoureux !! On réussit même à économiser pour voyager un peu durant le mois de juillet !!

2.2 Quelles sont les principales difficultés rencontrées (santé, langue, séparation de la famille et des amis)? Comment as-tu essayé de les surmonter ? As-tu trouvé un interlocuteur pour en parler ? (responsable, collègue, autre personne...).
Les principales difficultés sont le manque affectif lié à la séparation « amis et famille » !! C’est dans l’éloignement qu’on se rend compte comme ils sont importants pour nous et comme ils tiennent une vraie place dans nos vies !! J’avais la chance d’être très entourée en France et ça n’est pas encore le cas ici… Beaucoup de rencontres mais peu de relations construites pour l’instant ! Les 4 mois à Guajara n’ont pas aidé car ce sont 4 mois qu’on a « perdu » pour s’intégrer ici et parce que, sachant qu’on n’y resterait pas pour nos 2 ans de mission (à Guajara) on ne s’est pas investi totalement et on n’a pas cherché plus que ça à créer des relations profondes là-bas !!
La langue n’a pas aidé non plus au début !!! Heureusement c’est un peuple souriant et accueillant… mais avec qui j’ai du mal pour l’instant à « approfondir » les liens ; ça reste très superficiel : on fait la fête ensemble, on s’invite, on se sourit, on s’embrasse, on se fait plein de compliments, mais on n’arrive pas encore à dépasser ce stade !
De plus, difficultés rencontrées dans la culture du pays qui est bien différente : en tant que tout jeunes mariés (à peine 3 mois de mariage) on s’est retrouvé projeté au milieu de familles et de couples complètement brisés, en manque de repères et de valeurs !! Infidélités, inceste, 5 enfants de 4 « maris » différents, des « filles-mère » en grande quantité… Nous qui étions habitués à avoir des amis dans nos âges avec plus ou moins les mêmes préoccupations et les mêmes valeurs, sans enfants, donc avec un rythme de vie relativement similaire au notre !! Tous les gens entre 22 ans et 28 ans qu’on connait sont déjà parents !! ça fait un choc car forcément c’est un autre type de relation !!
J’en parle beaucoup avec Matthieu, mais aussi avec nos responsables sur le terrain !! Ainsi qu’avec deux autres personnes avec qui je me sens plus en confiance… Jamile à Costa Marques et Marcio à Guajara Mirim !
En fait, je crois que le plus dur pour moi, c’est ce perpétuel changement dans ma courbe de moral : je n’arrive pas à me stabiliser plus de deux semaines dans un même état d’esprit et c’est fatiguant car ça m’empêche réellement de faire un bilan sur mon ressenti en général !! C’est 3 jours « avec », 5 jours « sans », 8 jours « à fond », 4 jours « au fond » !!! Dur dur… Moi qui aime bien avoir un cadre rassurant avec des repères, c’est pas gagné !!

2.3 Comment participes-tu à la vie locale (contact avec la population, église locale, vie associative…) ?
Je me suis engagée dans la « pastorale des enfants » bien dynamique sur Costa Marques… Je vais aider tous les vendredis après-midi pour donner des bains, préparés avec des plantes, aux enfants de 0 à 6 ans. J’aide aussi les week-ends à la « pesée » de ces mêmes enfants pour surveiller les problèmes de malnutritions… et faire un suivi et accompagnement des familles !
On va commencer les réunions des équipes Notre-Dame car on sait que le couple d’anciens coopérants avait trouvé dans ce groupe des couples solides et ayant des valeurs communes… 1ère réunion ce soir : affaire à suivre !
On voulait aussi essayer de monter un groupe de jeunes sur la paroisse à l’occasion de la rencontre « Taizé » qui va avoir lieu à Cochabamba en Bolivie, durant le mois d’octobre… On s’était dit que ça serait une bonne occasion d’investir les jeunes de l’Eglise dans un projet, surtout qu’on sait que ce genre de rencontre peut être très forte sur le plan spirituel pour l’avoir déjà vécu aux JMJ… Idem : affaire à suivre !

2.4 Rencontres-tu d’autres volontaires (DCC ou autre ONG) ?

Non, mais nous sommes pas mal en contact par mails ou blog !! Et nous avons bien l’intention de nous retrouver en Juillet quelques jours, puis vers la fin de l’année avec ceux du Brésil !!

2.5 Quelles sont tes principales satisfactions et joies éprouvées ?

Ma vie de couple : je la redécouvre sous un autre angle selon lequel Matthieu m’impressionne chaque jour !! On prend beaucoup de temps pour nous, on prend soin l’un de l’autre, chose qu’on ne faisait pas suffisamment en France pris par le rythme endiablé du stress parisien et du boulot !!

Mes rapports avec la France : d’avoir une famille et des amis si présents malgré la distance, de réaliser comme j’ai de la chance d’avoir une vie si heureuse, un travail qui me passionne…

Le cadre de vie de Costa Marques : la nature, la convivialité, le changement (dépaysement !!)…
La capoeira et la guitare qu’on a entrepris…, le portugais qu’on maitrise de mieux en mieux… Les fruits délicieux, le soleil et la bonne humeur des gens…

2.6 Quels objectifs te donnes-tu pour les mois à venir ?
Approfondir mes relations avec les gens, être bien présente et à l’écoute des profs, apprendre à cuisiner « brésilien » (et même «apprendre à cuisiner tout court » !!) !!!!

3 - Le suivi de la DCC

3.1 – Maintenant que tu es sur le terrain, que penses-tu de la préparation de départ suivie à la DCC ?

On se retrouve dans plein d’anecdotes racontées lors du stage… Souvent on se fait la réflexion : « ils nous avaient prévenu !! »
Rien à dire, c’était très bien !!

3.2 – Que penses-tu du suivi de la DCC (DCC news, chargé de mission, questions administratives…) ?

Parfait aussi !! on se sent soutenu et accompagné… J’ai même eu un gentil mail d’anniversaire de Mercedes !! On sait qu’on peut compter sur vous si ça va pas trop !!
On est content d’accueillir notre chargé de mission bientôt…

jeudi 14 juin 2007

La ville de Costa Marques

Nous revoilà pour de nouvelles aventures…
Tout d’abord vous signaler, par rapport à l’article précédent, que nous avons « enfin » réussi à mettre le texte du Père Jean sur la visite du pape dans les commentaires (à cliquer en bas de l’article) et aussi, que nous avons « normalement » simplifier votre accès aux commentaires (plus besoin de passer par votre profil à chaque fois !!!)…
Vous faire partager aussi en photos une fois de plus les bons moments passés à l’occasion de mon anniversaire !! On l’a fêté à trois reprises : une fois avec Jamile (cf photo dans le précédent article !!), une fois avec le Padre Jean et une fois rien que tous les deux en amoureux !!!



Je ne savais pas trop comment introduire le fait que j’ai pris un peu plus de 5 kg depuis que nous sommes à Costa Marques ; comme ça au moins c’est clair : vous comprendrez qu’à force d’être invités à droite à gauche pour manger des gâteaux ou des churrascos, c’est pas comme si c’était de ma faute !! Culture locale oblige !! On appelle cela de l’acculturation… Si je veux m’intégrer, je suis obligée de « manger »…
Matthieu, lui, a toujours été moins « social » que moi, ce qui explique certainement qu’il a perdu quelques kilos, lui !!!
Non, la vérité vraie, c’est que comme vous me manquez beaucoup beaucoup beaucoup, il y a un grand vide dans mon ventre (pourquoi à cet endroit là ? je ne sais pas ??!!!) et du coup, je le remplis, remplis, remplis pour ne pas trop ressentir de manque !!Tout ça pour vous dire que c’est à cause de vous et que si vous étiez près de moi, ça serait si différent !! On pourrait se boire une bière ensemble et se faire un churrasco géant dans le jardin pour fêter ça !!!!
Bref, il va quand même falloir que je fasse gaffe si je veux encore que Jean me trouve « trop bonne » en rentrant !!! Et je tiens à préciser pour les grands-mères curieuses ou les parents inquiets que « non, je ne suis pas enceinte !!!!! »
Je ne me laisse pas aller pour autant !! Certe, j’ai abandonné la capoeira ne réussissant pas à demandé à ma colonne vertébrale de faire le grand 8 ou encore à mon orteil de ma jambe droite de servir de coton tige pour mon oreille gauche, mais j’ai été recruté à la place par Rosa et Jamile pour un sport tout aussi « locale » : ici ils ne courent pas, car il fait trop chaud, ils marchent !! J’étais la première en arrivant ici à me moquer de toutes ces femmes qui, habillées comme si elles allaient faire le marathon, parcouraient la ville de long en large pendant des heures en marchant !! Comme si « marcher » était un sport !!! Et ben, je fais moins ma maline maintenant car je fais partie de ces « fausses sportives »… Il ne me manque que l’équipement, le petit cycliste qui colle au corps et le marcelle de compèt’, mais je dois l’avouer tous les soirs de 17h30 à 18h30, je marche !!! Heureusement, Rosa est d’une nature motivée et nous enchainons ce temps « d’échauffement » par une heure de gymnastique dynamique, genre stretching… ou j’ai le plaisir de pouvoir bouger mon corps sur autre chose que du « forro » !! ça me fait donc deux heures de sport par jour (hors WE) et surtout de nouvelles rencontres et des amitiés qui se renforcent…
Matthieu, lui, persévère dans la capoeira et il a bien raison !! Dès le début, j’ai vu en lui un futur champion !!!! En tout cas il est ultra motivé et il y croit !! En plus, il s’entend bien avec Diney, le prof !! D’ailleurs, celui-ci lui a demandé de l’aider lors des cours qu’il donne aux élèves du Jardim durant la semaine !! Matthieu est bien content de pouvoir agir auprès des petits bouts dans un domaine qui lui plait bien !! il prend son rôle très au sérieux !!

Bonne transition pour vous parler de notre « travail » d’en ce moment à l’école !
Sujet toujours un peu délicat, car on ne sait pas trop quoi dire, à part qu’on se sent toujours en décalage par rapport à ce qui nous ait demandé !! Matthieu, parce que, ce qu’il a à faire est à mille lieues de ses compétences en finance, et moi, parce que je me retrouve en face de profs qui ne veulent pas travailler !! Le tout géré par une directrice stressante et stressée !!
On est quand même un peu plus en actions en ce moment grâce à la « kermesse » de l’école qui aura lieu le 1er juillet et qui demande beaucoup de travail ! Matthieu a fait des affiches superbes qu’il est allé placarder sur tous les murs de la ville et dans les différents magasins, demandant si il leur serait possible de nous donner des lots pour le bingo organisé à cette occasion !! Il s’occupe de récolter du bois pour construire les stands, d’aller chercher les tables et les chaises avec le tracteur, d’organiser et de planifier les taches « qui fait quoi ? », … et moi, je trouve des idées pour les spectacles des enfants, j’aide pour la réalisation dans les classes, je coupe et colle les différentes décorations prévues pour cette fête…
Bref les deux semaines à venir vont passer à toute allure et ça tombe plutôt bien car après, on est en Vacances !!! et on quitte Costa Marques le 2 juillet, en bus, jusqu’à Salvador de Bahia (4500 km : l’équivalent de Paris Moscou!!!) pour rejoindre les trois miss et passer un mois de FOLIE sur la côte est !!!

Comme on vous le disait aussi plus haut, nous commençons de plus en plus à avoir un cercle d’amis et c’est bien agréable ; ça fait du bien au moral !!
Notamment le week-end dernier (qui a duré 4 jours grâce aux fameux et nombreux « jours fériés du Brésil ») : nous avons passé notre temps à sortir et à recevoir et au bout du compte, on en est ressorti bien content !! Nous avons organisé notre premier churrasco !!! Un grand moment dans la vie d’un brésilien : savoir en faire un et bien l’organiser est une des épreuves les plus importantes dans la détermination de si « oui » ou « non » on sera peut être un jour un peu brésilien !!

Cette fois-ci, c’était juste un essai : Jamile et Samuel étaient venus pour nous former sur la question, nous donner deux trois tuyaux et surtout passer un bon moment tous les quatre !! ça n’a pas manqué ! Maintenant qu’on est briffé, on est chaud pour ouvrir grand nos portes et inviter du monde autour d’un churrasco dans notre jardin !
Nous avons aussi reçu Diney, sa femme et sa petite fille à diner (oh, oh oh !!!) le samedi soir …









et puis, fêter l’anniversaire de Valdivino, notre voisin, avec sa famille et quelques amis… C’est la première fois qu’on vous en parle mais ce sont des gens extras chez qui on passe beaucoup de temps, car toujours très accueillants et avec un cœur énorme…

Mais notre Week-end ne s’est pas arrêté là puisqu’il y a eut la grande soirée, tant attendue par tout Costa Marques : L’élection de miss rodéo 2007 !! Attention mesdames et messieurs… le rodéo est la fête la plus festive de Costa Marques de toute l’année !! Ça faisait déjà plus d’un mois qu’on entendait parler que de ça !! Alors la première étape de l’élection de la fille qui défilerait en portant les couleurs du Brésil le jour de l’ouverture du Rodéo est un évènement crucial que nous ne pouvions rater !!


Un podium avait été monté pour l’occasion, un jury choisi parmi les commerçants les plus influents de la ville. Le défilé pouvait donc commencer : le look était le même pour toutes les miss, chapeau de cow-boy, santiags, petite jupe ras le… et chemisier à frange, le tout en blanc. Comme tous les défilés, on a eu droit aux poses de starlettes, bref, c’était un peu comme l’élection de « miss betterave », sauf que là, c’était pour un rodéo…

ce qui nous a sidéré avant tout, c’est l’âge des miss potentielles : sur les 8 filles, 5 avaient 14 ans… et ce qui nous a beaucoup fait rire, c’est le petit speach préparé à l’occasion pour décrire la mentalité et l’ambition des demoiselles : l’une voulait devenir chanteuse et adorait s’entrainer devant sa glace…les autres voulaient devenir avocates ou juges ou médecin…ben, bonne chance les filles !!! Au final, parmi les 8, 5 ont reçus un prix de participation : façon polie de dire « casse toi, t’es moche », les petites sont donc reparties furax. Le jury a ensuite déterminé « miss bouse » euh… pardon, « miss rodéo 2007 » et ses dauphines. Finalement, c’est une minette de 14 ans qui aura la chance d’embrasser le vainqueur des épreuves, après que celui-ci se soit fait sauvagement piétiner par une bête de 800 kg… au final, l’élection a été clôturée par le traditionnel bal de…. forro.











Franchement, ça n’est pas ma petite Marie qui aurait mérité de gagner ??? Elle n’est pas trop belle avec son chapeau ??











La semaine suivante a donc commencé « le festival de rodéo ». L’ouverture se fait traditionnellement par un défilé de chevaux sur l’avenue principale de Costa Marques, au grand bonheur de Marie qui raffole de ces bêtes là !! Les cavaliers avaient donc orné leur bête de leurs plus beaux apparats. Les montures se sont révélées assez hétéroclites : bœufs attelés, chevaux, mulets, poneys, le tout avec un ordre tout relatif et très marrant à voir… et derrière, les bons « Johnny » avec leurs véhicules, son à fond et klaxon au taquet…cela annonce donc que le cœur de la ville va battre au rythme des ruades de taureaux, des lancers de lasso de cow-boys, du forro et de la bière (les deux derniers éléments devraient commencer à vous être
« familiers»).







Dans la rue, on assiste à une mutation : tout le monde se sent gagné par la mode « country », le stetson, les bottes, jeans, vestes à franges, ceintures avec une énorme boucle sont de rigueur : ça sentirait presque la naphtaline à plein nez tellement c’est sorti pour l’occasion. A noter, les ruades des taureaux sont quand même bien impressionnantes. Le record est de 9 secondes, mais déjà, c’est énorme. Je m’imagine sur la bête, ça doit paraitre une éternité, le tout pour se retrouver la tête collée contre une bouse quand on en tombe, en plus d’un forfait « spécial limbago et clavicule déboitée ». On a aussi beaucoup aimé les épreuves de lasso : des cavaliers galopant à toute bringue derrière un veau tentant de l’emprisonner dans son lasso… Marie s’est promis que dans un an, ce serait elle la cavalière la plus habile… Affaire à suivre !! Elle a un an pour oublier !!!









Cet évènement dure 5 jours, du jeudi après-midi au lundi soir… ce qui permet la fermeture des écoles, entre autre, durant cette période !!! On y a été un peu chaque jour, pour se mêler à la foule et montrer notre vif intérêt pour leur culture locale. C’est vrai que c’est une fête différente des autres, plus familiale, avec une ambiance particulière et des animations qui changent un peu : y avait même une grande roue de 10m, des jeux genre « roulette russe », des manèges, des feux d’artifices (dont un qui est retombé sur une des tables et a coupé le bras d’une personne), des clowns qui faisaient des blagues pourries, des « monsieurs cow-boys » qui soufflaient dans des grandes cornes pour faire de la musique !!! Bref, il fallait qu’on voie ça, pour pouvoir en reparler après… ça fait bien ! Les plus passionnés avaient même installé leur hamac sous les gradins pour ne pas avoir à quitter le site des 5 jours !!
On comprend bien que cette fête rassemble autant de monde, c’est le seul moment « culturel » de l’année qui se passe à Costa Marques… mais très honnêtement, ça ne mérite pas, selon nous, d’y rester matin, midi et soir jusqu’au bout de la nuit… Mais on ne leur dira pas, car très franchement, il risquerait d’être vexés… c’est la fête de l’année !!!

Puisque le rodéo a lieu chaque année à l’occasion de l’anniversaire de Costa Marques, on s’est dit que ça pourrait être le moment de vous présenter cette charmante petite ville, en photos, pour que vous imaginiez un peu plus notre « chez nous » !!
Personne n’est capable de nous donner un chiffre pour le nombre d’habitants, ni pour sa superficie : les pronostics s’étalent entre 6 000 à 20 000 habitants !! La source la plus sûre jusqu’ici est de 18 000 personnes, zone rurale incluse (superficie équivalente à un département français)
C’est une ville qui fêtait cette année ses 26 ans ! Son nom vient d’un ingénieur en hydrologie (on ne sait pas si ça se dit comme ça) qui a travaillé dans le coin… il était très apprécié de la population. En fait, un habitant a planté sur le port un écriteau avec le nom de l’ingénieur, le jour de son départ…la pancarte est restée plantée là quelques années… et voilà comment nait le nom d’une cité…COSTA MARQUES
Pas un téléphone portable en vue : car pas de réseaux (l’antenne cellulaire existe depuis quelques années, mais personne n’est foutu de la faire marcher : la honte, c’est du matériel Alcatel), internet chez une dizaine de familles seulement (on est des privilégiés à la paroisse) avec un débit de 96kbps, et encore, (!!) quand il veut bien se connecter !!! Des routes en mauvaises états, la majorité en terre, impraticables pour la plupart en saison des pluies… mais avec une chaleur humaine et des habitants qui aiment beaucoup leur ville, et qui en sont fiers (même si pour le premier citadin venu, c’est le trou du … du monde !!!)













Sinon, on tenait à vous remercier pour les photos bien loquaces que nous avons reçues jusque là !! Attention, il y a du challenge… déguisements étranges, contextes marrants, grimaces horribles… Le concours « photo insolite » n’est donc pas encore terminé, mais il va falloir être inventif !! On vous attend… Faites nous marrer ou peur ou… mais surprenez nous !!!

Quand au puzzle de notre mariage, il a avancé à toute allure au départ mais depuis quelques temps, les pièces manquantes n’arrivent plus à destination !! Et on reste bloqué sur cette image : « mais qu’est ce qu’il a bien pu vouloir dire ?? »
Je veux bien aller râler une fois de plus sur la poste brésilienne, elle nous a déjà fait pas mal de mauvaises surprises depuis qu’on est là, mais si parmi vous, il y en a qui auraient oublié par inadvertance, cela va sans dire !!, de nous envoyer nos petites pièces de puzzle, nous lui serions reconnaissants de nous les faire parvenir pour que le mystère soit résolu !!
Surtout que Céline et Ludo, les deux grands organisateurs de ce projet « puzzle » viennent nous rendre visite en octobre et on aimerait pouvoir leur montrer leur beau travail !!
Merci d’avance !!

vendredi 1 juin 2007

on est encore vivant



Coucou à tous !

Vous nous demandez des nouvelles, les voici ! Avec un peu de retard, à la mode brésilienne !!!

Donc, depuis le 18 avril, que s’est il passé ?

Niveau travail, tout commence à se normaliser : Marie a commencé à gagner la confiance des profs, elle monte maintenant des projets avec eux et s’impose comme une vraie chef dans son poste de « superviseur pédagogique » de l’équipe d’enseignants… y’a du boulot, c’est donc finalement pas trop mal… le seul vrai point noir reste la directrice du Jardim : Irma Zézé, qui s’obstine à espionner les profs, à donner des ordres contradictoires et à faire passer en force ses idées, avec comme seul but « l’alphabétisation » intensive dès l’âge de 3 ans. Bref, on ne dirait pas qu’elle a un bagage en psychologie, car elle ne joue que sur l’affectif et utilise à fond le contrat didactique (les profs comprendront). Enfin, Marie s’y plait vraiment, même si parfois elle regrette sa classe et sa chère école de Bonnières. En tout cas, elle a une vraie stimulation intellectuelle : elle cherche tous les jours des idées pour palier aux difficultés des profs, propose des changements petit à petit, leur apprend à s’organiser et à anticiper sur une semaine les activités à faire, « remédiation », « différenciation » commencent à rentrer dans les esprits (au moins, l’idée, qu’ils trouvent intéressante mais nécessitant du travail supplémentaire !!!). L’ambiance, du coup, est bien meilleure, et elle s’est faite quelques bonnes copines avec qui ça piaille, ça festoie et ça rigole… Bref, c’est bien cool pour elle !!

Pour Matthieu, ben, c’est un peu différent, mais il s’accroche ! Niveau intellectuel, bon… c’est pas trop ça, et ça ressemble un peu à une impasse professionnelle. Il ne faut cependant pas se laisser abattre : malgré l’incapacité de la sœur Zézé à déléguer, il cherche à s’occuper de la kermesse de l’école : planifier, démarcher, organiser… et mine de rien, c’est du boulot !! En dehors de cela, il s’est tourné vers le syndicat des travailleurs ruraux (doucement, il n’est pas devenu communiste pour autant !!), ça lui permet une ouverture d’esprit et surtout de sortir du Jardim. Bref, sa place n’est pas encore acquise, mais il ne désarme pas ! En tout cas, il est plus motivé qu’il y a peu… la patience est la première qualité du volontaire ! D’autres pistes se profilent (développement de l’artisanat au sein des coopératives, prémices de micro-finance et formation d’un groupe d’ados avec la police). Et puis, en même temps, il se forme sur de la mise à jour et création de sites web en XHTML et CSS.
Il trouve ça un peu dur, quand il fait le bilan de nos 6 mois au Brésil, de se dire qu’il n’a rien encore commencé de concret !! Et de se dire que, finalement, la personne auprès de qui il se sent le plus utile c’est sa petite Marie, quand elle vous sent trop loin et qu’elle a un gros chagrin…
Mais il redouble de courage et de bonne volonté… et même si son côté « professionnel » n’est pas très stimulant, il développe de nouvelles compétences dans son rapport aux autres et une grande capacité à s’adapter à différents types de situations !! Il passe son temps à patrouiller d’un magasin à l’autre dans la ville à la recherche des meilleures offres et s’est donc déjà fait un bon réseau de connaissances !! C’est la classe de se balader avec lui dans les rues, on a l’impression que tout le monde nous connait !! Cela dit, deux petits blancs avec un accent très roulé, on est facilement repérable !!

Ce dernier mois et demi nous a aussi permis de se faire une idée plus franche de ce qu’on attend d’un petit couple de coopérants en terme de « morale », mais aussi le fossé qui sépare les costa marquiens de nous… bon, au niveau des études, c’est simple… à peu près tout le monde ici a un niveau scolaire qui équivaut à celui de la 5ème, quand ils n’ont pas abandonné l’école avant. Il y a cependant des cours à distance d’une université, mais ceux qui les suivent ont vite fait d’aller trouver du travail ailleurs (tout d’abord parce qu’il n’y aurait pas d’emploi pour leur qualification, et puis Costa Marques, ben c’est un peu le trou du cul du monde !). Tout ça pour dire que malgré leur gentillesse et leur accueil, ça manque parfois de sujets trépidants, de débats à ne plus finir, de soirées à refaire le monde… à vrai dire, ils ne parlent que de bouffe, d’argent, de fête et de sexe ! 4 choses qui rythment la vie de la cité…
Même si ce sont des sujets passionnants (en tout cas, des thèmes dont Marie adore débattre en « soirées filles » !!), ils sont traités ici avec une telle désinvolture et un tel manque de pudisme que les rapports à la bouffe, à l’argent, à la boisson (fête) ou à la fidélité en sont malsains et souvent traités sans aucune valeur !! La plupart des gens sont « gros » (on est loin des belles brésiliennes au corps de déesse de Rio de Janeiro !!), l’argent est « sale », souvent détourné ou lié aux trafics de drogue, Costa Marques a la réputation d’être l’endroit où est vendu le plus d’alcool dans l’état ; quand à la fidélité, c’est un mot qui ne fait pas partie de leur langage !! Trahison par ci, vengeance par là… Que de bonnes raisons d’aller voir ailleurs !! Tout ceci dénonce un vrai manque de repères et de valeurs, mais aussi une sorte de fatalisme face à l’avenir ici !! C’est une ville morte, sans possibilité de débouchés, et avec comme seul exutoire : la fête !! Donc ils s’en donnent à cœur joie en se détruisant complètement…

Dans les choses qui se sont passés récemment, il y a eu l’anniversaire de La petite Marie, enfin, plus si petite que ça, puisqu’elle a soufflé ses 25 bougies (« waaah, t’es vieille !!! » comme dirait une cousine de Marie dont on taira le nom). Comme ça tombait un dimanche, ben on en a profité pour se faire une énorme grasse mat’, un bon déjeuner « churrasco » avec Jamily, une amie, et un très bon diner (avec foie gras, envoyé de France pendant les périodes de Noel !!)… ça manquait un peu d’amis et de famille à proximité, mais bon, on se rattrapera pour le 27ème…

Dans les news nationales, y’a un petit homme en blanc qui est passé au Brésil : le pape Benoit XVI ! Enfin, « au Brésil » ! à Sao Paulo… soit à 4500km de chez nous !! C’est un peu comme si on disait qu’il allait visiter la Turquie pour vous ! Il y avait deux objectifs principaux pour cette visite : l’ouverture de la conférence épiscopale d’Amérique latine et caraïbes, mais aussi la canonisation du frère galvao, premier saint brésilien. La canonisation s’est fait en grande pompe : il faut rappeler que le Brésil est le premier pays en nombre de catholiques (enfin baptisés). Le Pape a donc délivré un message d’union et de rassemblement des chrétiens… en fait, il y en a besoin, car même si il y a beaucoup de chrétiens au Brésil, tous ne sont pas catholiques : les églises adventistes poussent comme des champignons, et on arrive actuellement à la proportion suivante : il y a au Brésil 14 prêtres adventistes pour un prêtre catholique. Et au contraire de l’église catholique, les temples fleurissent dans les quartiers pauvres, là ou les églises catholiques restent souvent cantonnées aux centres villes. Résultat : la proportion était de 94% de chrétiens en 1971 à 73% en 2001, soit une différence de 35 millions, selon les chiffres officiels…
Pour les intéressés, notre cher Padre Jean a eu la chance de pouvoir aller à Sao Paulo pour cette occasion et il a écrit un article sur son ressenti face à cette visite papale ! On vous laisse ses notes en commentaires à la suite de cet article !!

On ne peut pas terminer cet article sans vous parler du grand froid qui s’est abattu sur le Rondônia ces derniers temps : au Jardim, écharpes, gants, moufles, bonnets, anoraks, pulls, étaient de rigueur. Sans compter que les classes étaient désertées durant ces quelques jours qu’on appelle « friage » ici !! Personne dans les rues, ni accoudés au comptoir des « lanchonetes », les magasins fermés pour la plupart !! Pourtant, pas de « tempête de neige » en vue, ni vent, ni pluie… juste un thermomètre qui indiquait « 16 degrés » !! La fin du monde ici… C’est vrai que ces 16 degrés ne sont pas comparables à ceux de France dans le sens ou, la veille, il faisait plus de 35 degrés (donc « choc climatique » !!) et aussi que l’humidité tropicale n’arrange pas les choses !! Mais tout de même, on tient à signaler que pour nous, ça a été trois jours de bonheur total, ou nous avons pu nous activer sans dégouliner de sueur à chaque mouvement… et Marie a pu mettre son pull zippé qu’elle trouve trop cool !! Mais toutes les bonnes choses ont une fin et notre ami le « froid » (enfin, on s’entend !!) est reparti tout aussi vite qu’il était venu ; ceci explique que nous n’avons pas eu le temps de prendre des photos de nos chers bambins du Jardim camouflés dans leurs 6 épaisseurs !! Mais promis, on ne ratera pas le prochain, vous aurez des preuves !!

On aurait encore des millions de choses à vous raconter sur ce qu’on vit ici, des détails de notre quotidien, les gens qu’on rencontre, leur histoire, nos grands bonheurs et nos moments plus durs, notre couple qui se renforce chaque jour, tout comme notre « brésilien » !!
Même si ce qu’on vit ici est bien différent de notre quotidien parisien, on se sent déjà embarqué dans une sorte de « routine », avec les semaines qui passent à toute allure !!
Il ne nous reste plus qu’un mois avant de retrouver les trois miss (Rachel, Anne-So et Noémie) à Salvador de Bahia pour un périple d’un mois de folie à parcourir la cote jusqu’à Sao Luis !! Autant vous dire qu’on a bien hâte… déjà parce qu’on sera en vacances et que ça c’est toujours cool ( !!!) mais aussi, et surtout, parce qu’on se réjouit de cette visite !!
En plus, ça nous fera de nouvelles choses à raconter et des nouvelles photos de paysages pour vous faire rêver !!

Mais d’ici là, on risque de vous refaire un petit « coucou » rapide pour vous raconter une des fêtes les plus attendues de Costa Marques, la fête du Rodéo !! Elle s’étale sur trois jours (et trois nuits !!!) avec des défilés de chevaux, du dressage, des danses typiques, … On ne vous en dit pas trop, laissons la place au suspens !!!

On vous aime fort fort fort…

lundi 30 avril 2007

Bienvenu dans la vie normale

Hello à tous,

Et oui, on se raréfie un peu sur le blog ! C’est pour vous laissez le temps de lire nos romans… Et puis, on doit avouer que, mine de rien, notre vie se normalise ! Du coup, on a un peu moins de choses à raconter !! Fini l’émerveillement du gamin qui découvre tous ses cadeaux de Noël. N’allez quand même pas penser que nous sommes déjà blasés, loin de là !! Chaque jour qui passe, nous découvrons une nouvelle facette du Brésil, bonne ou mauvaise !!!

Voilà donc le résultat des quelques semaines passées…

Depuis la dernière publication sur le blog, nous avons pris nos marques au Jardim, avec quelques difficultés rencontrées : Marie commence un peu à se décourager face au manque de motivation des profs ! Elle s’essouffle à tenter de les faire bosser en projet, ou ne serait-ce que de manière plus constructive… dur combat !! Mais elle s’accroche, car c’est une « dure à cuire » et qu’elle aime trop son travail pour abandonner aussi vite. Matthieu, pendant ce temps là, fait tout, sauf de la compta et de la finance… et se demande sérieusement son utilité au Jardim !! L’aurait-on fait venir de France pour cueillir des fruits ou ramasser des bouses de vaches (et oui, c’est ça aussi

être « volontaire/missionnaire » !!) ou encore, pour fliquer les fonctionnaires qui travaillent dans l’école ? Il commence à se le demander sérieusement !! Malgré ces petites baisses de moral, il y a des bons moments, comme la fête de Pâques : les enfants qui courent dans tous les sens à la recherche des œufs cachés, les déguisements de lapin, les « spectacles » ou les petites chansons réalisées par chaque classe !!!

Il y avait « à boire et à manger », mais le principal c’est que les élèves étaient aux anges et trop contents de repartir avec leur petit panier de « chocolats » !

A part ça, au niveau personnel, tout va bien : on s’intègre petit à petit dans le tissus social de « CM beach » (Costa Marques beach !!), tissus social qui n’est pas glorieux du tout… pour faire simple, il y a deux catégories de gens : les hommes politiques et les autres ! D’un coté, ceux qui sont corrompus (je ne cite pas, mais ils sont plus nombreux que mes doigts de mains et de pieds réunis), qui ont des maisons sympas, une voiture… bref « beaucoup, beaucoup beaucoup d’argent »… quand aux autres, ils sont « victimes » de ces premiers !! hormis quelques uns qui ont de l’éducation, tout le reste à un niveau scolaire niveau CM1, ont déjà des gamins avant d’être majeurs, et on surtout énormément de mal à boucler les fins de mois… c’est vraiment flagrant quand on écoute les histoires des gens. Par exemple,

Marie a longuement discuté avec une jeune fille de 24 ans (donc de son âge !!) à la Pastorale da Criança et a été fortement marqué par cette rencontre : déjà mère de 5 enfants, elle était venue à la Pastorale pour demander de l’aide pour nourrir sa petite dernière d’un an, toute maigre, tenant à peine sur ses jambes, semblant tellement fragile… La mère, démunie, m’expliquait que son « mari » était en prison pour trafic de drogue et qu’avec ses 5 marmots (encore en bas âge et nécessitant donc sa présence), il lui était impossible de travailler et donc de nourrir tout ce petit monde !!! « Et toi, pourquoi tu es venue au Brésil ?? » Quelle horrible question !« Oh, moi… parce que je suis jeune, j’ai encore toute ma vie devant moi !: J’avais envie de voyager et de découvrir d’autres cultures, de changer un peu mon quotidien trop routinier de France… Et puis, on m’a dit qu’il y avait des gens « pauvres » au Brésil alors je suis là pour les aider !! » Non, décidément, mieux vaut faire croire qu’on n’a pas compris la question, mon portugais encore fragile me le permet !! Qu’est ce qu’on se sent con et inutile dans ce genre de situation !! « Qu’est ce que je fais là ? » c’est une bonne question… Comment je peux l’aider ??? Voilà le genre de chose qui me taraude et qui me laisse bien impuissante face à la réalité de ce peuple !! De même, un sujet qui revient souvent : combien on gagne en France ? Face à ces extrêmes, on a du mal à se placer et à créer des grandes amitiés !! Tout le monde est très gentil avec nous, on est toujours invité à droite à gauche, les sourires fusent de toutes parts et les fameuses « abraços » (accolades) sont très chaleureuses, mais pour l’instant on a du mal à créer des liens plus forts que ça…

Vivement qu’on puisse créer des Amitiés plus profondes où l’on réussisse à aborder des sujets de conversation où l’on ne se sente pas mal à l’aise dès qu’il faut parler d’argent, de l’importance de la fidélité, de l’envie de « profiter de la vie » du haut de mes 24 ans…

Ça reste tout de même des bons compagnons de « fêtes »… ça ils savent faire, et ça tombe bien, car nous aussi !! Soit en club pour danser le « forro », soit sur notre terrasse pour se raconter des anecdotes marrantes, le tout autour d’une bière ou d’une caïpirinia, nos soirées ne sont pas tristes !!

On ne va pas faire la même bêtise que pour Guajara en ne vous présentant les personnes qui nous entourent, uniquement le jour de notre départ ; ça serait dommage… De plus, ils font réellement partie de notre vie ici, alors ils ont plus que leur place sur le blog !!

Notre cher Padre Jean !! On vous en avait déjà parlé !! Marie l’appelle « Papa Ours », non seulement à cause de sa bedaine, mais aussi car tous les matins il prend son café dans un énorme bol comme dans « Boucle d’or et les trois ours » !! (Souvenirs d’enfance, désolée !!).

Il est très gentil, très disponible et toujours à l’écoute !! Ça fait du bien quand on a des petits coups de blues… Il est aussi très apprécié du peuple de Costa Marques, même si parfois incompris à cause d’un accent brésilien absolument horrible…

Jézabel, la cuisinière en chef de la maison paroissiale !! Un amour de bonne femme, toujours avec le sourire et la bonne humeur, qui est aux petits soins pour nous et qu’on aime retrouver chaque matin au p’tit dèj !! Un vrai rayon de soleil…

La « Rosa », secrétaire de la paroisse… Très marrante, bonne ambiance, mais parlant très très vite et donc pas toujours facile à comprendre !!

Voilà notre trinôme de « CHOC » !! on vous présentera l’équipe du Jardim un peu plus tard !! On manque de photos.

Nous avons assisté la semaine dernière à la célèbre fête religieuse du « Divino Espirito Santo »!!

C’est un pèlerinage organisé en l’honneur de l’Esprit Saint, aux origines portugaises et très prisé dans la région !! On a été très impressionné de voir avec quelle dévotion le peuple de Costa Marques a accueilli la couronne, la bannière et le sceptre, symbole de l’Esprit Saint !! Les gens faisaient la procession à genoux, pensant que plus on souffre, plus l’Esprit nous exaucera !! En tout cas, ça a été une occasion de plus pour les habitants de Costa Marques de faire la fête tous les soirs durant une semaine, jusqu’à ce que le « Divino Espirito Santo » reparte arpenter le fleuve, visitant toutes les communautés de la Région !! La cérémonie d’accueil ou de départ de cet « esprit » est très impressionnante : toute la ville est présente, sur les rives du fleuve, chantant et dansant pour accompagner la barque du Divino… Les photos ne seront malheureusement pas assez « parlantes » !! Mais on vous montrera tout ça à notre retour, sur film !! (Merci petit caméscope, cadeau de mariage, bien pratique !!)

Comme on vous le disait dans le précédent article, nous nous sommes investis dans différentes activités en plus du Jardim, histoire de rencontrer du monde et de se sentir plus « brésiliens » !! Qu’en pensez-vous ?? (Guitare, capoeira et Pastorale da criança !) ça le fait, non ??

Bon… l’instant tant attendu !! Plusieurs personnes nous demandent des nouvelles des cheveux de Matthieu !! L’heure de vérité a sonné…

Ça pousse grave !! Il cherche encore son style, attendant désespérément d’être à Sao Luis durant le mois de Juillet, où nous rencontrerons Guerric, un autre volontaire de la DCC qui a des dreads locks pour qu’il en fasse autant avec les cheveux de Matthieu !! J’avoue que je suis jalouse du volume de ses cheveux, mais pas de leur odeur !!

Moi, je le trouve craquant… Et vous ?? Vous lui donneriez quelle note ? (plutôt « cageot » 0/10, ou « canon », 10/10 ??) Faites vos pronostics, laissez vos commentaires et vos conseils beauté sur le blog !!!

vendredi 6 avril 2007

Concours « PHOTO INSOLITE »

Comme vous l’avez-vu, nous sommes maintenant chez nous, dans notre petite maison. Mine de rien, on y est super bien! Finalement, la seule chose qui y manque, comme toujours, c’est vous ! Etant donné qu’on a de la place sur les murs, et que l’art bolivien et brésilien (enfin dans notre coin) n’est pas à notre goût, nous aimerions pouvoir faire une frise avec des photos de vous !! Mais attention, notre exigence ne s’arrête pas là !! A vous de trouver la photo la plus insolite de vous... On a envie de rire, alors faites vous plaisir, allez-y franchement !!!
Le gagnant du concours aura le privilège d’avoir sa photo juste au dessus de notre lit et nous ne manquerons pas de lui faire un p’tit bisou tous les soirs avant de dormir, c’est promis !!!Alors, à vos appareils !!! On vous attend !!

Nos projets

La venue à Costa Marques, la prise de fonctions dans le jardim Beija-flor et notre installation dans la maison sont des projets que nous avions longtemps espérés et que nous sommes bien contents d’avoir enfin pu réaliser !! Néanmoins, d’autres espérances sont programmées ou en train de se monter. Parmi elles, nous avons le voyage de cet été : Anne-so, Noémie et Rachel nous font l’honneur, le plaisir, la joie, le bonheur… de venir nous rendre visite dans notre pays !! Nous allons les rejoindre à Salvador de Bahia, berceau de la Capoeira, du Forro, et de la cachaça, pour remonter jusqu'à Sao Luis do Maringao, où nous rendrons visite à la Mecque du reggae brésilien, mais aussi aux autres coopérants de la DCC qui font leur mission dans cette ville.
Pour les projets sportifs, nous nous sommes mis à la capoeira, art martial brésilien : c’est très beau vu de l’extérieur, mais actuellement, on souffre !! Ça demande beaucoup de souplesse et des fibres musculaires rapides, tout ce que nous n’avons pas… mais on y travaille, 3 fois par semaine !!! De mon coté, je continue à courir, les jours sans capoeira et sans pluie !
Dans l’univers associatif, là aussi, les projets sont légion : tout d’abord, la Pastorale des enfants, le régal de Marie…
c’est un suivi « infirmier » des enfants jusqu’à leur 5 ans (surveillance du poids, de la taille, de la malnutrition, de l’hygiène, notamment) ;
et quand à moi, j’aimerai m’impliquer dans la Pastorale de la Terre, pour pouvoir découvrir leurs activités, et pourquoi pas aider à leur développement.
De plus, depuis que nous avons passé beaucoup de temps à attendre dans le bateau, bercés par la douce mélodie d’une guitare et la merveilleuse voix de son chanteur, nous aimerions apprendre à jouer nous aussi de cet instrument !!
Bien sur, la spiritualité n’est pas en reste : nous souhaitons monter avec la paroisse un projet pour emmener un petit groupe de jeunes (18-26 ans) à Cochabamba, en Bolivie, pour le mois d’octobre, à l’occasion d’un grand rassemblement Taizé qui aura lieu là-bas !! L’occas’ pour nous de rencontrer encore du monde sur la ville mais aussi de visiter la Bolivie, un p’tit peu !!De même, on sait qu’Aurélie et Romain, les deux coopérants d’avant nous, ont beaucoup aimé passer du temps avec « les équipes Notre-Dame », animées par des jeunes couples bien dynamiques et surtout qui ont une vision de la vie conjugale équilibrée (ce qui est rare ici !!!)…

Notre maison

Chose promise, chose due ! Nous avons donc notre maison dans la ville de Costa Marques, gracieusement prêtée par la paroisse : Marie et moi étions pressés, comme des gamins, de pouvoir poser notre barda, et de s’installer dedans : c’est une maison bleue… et blanche,
à deux pas de la route principale de CM, ce qui est bien pour courir, faire ces courses et aller boire un coup ! Elle fait une soixantaine de m², toute équipée dans le style brésilo-bolivien (tout en bois massif… ici, Ikéa, ça n’existe pas !!!). Nous avons un salon avec TV/canap’ (mais pas encore eu le temps de tester !!), une salle « débarras » qui fait office de bureau avec ordinateur mais c’est aussi le lieu où on fait sécher le linge,
une cuisine bien aménagée (bon, il manque le lave-vaisselle, mais on s’y fait !!!!),
une chambre avec un vrai lit d’amoureux et enfin, une salle de bain rikiki et pas très « accueillante »… Le seul autre défaut de cette magnifique maison est cette impression d’être en permanence dans un sauna à l’intérieur. On est loin des critères de logement européen, mais franchement, on n’en a pas besoin… et puis de toute façon, on a un jardin d’éden et une terrasse bien agréables. C’est le principal, car on passe presque toute notre vie dehors. Ça fait du bien de se sentir enfin chez soi, d’avoir un vrai lit double, et de pouvoir s’approprier notre cocon… bon, ça demande quelques travaux : nettoyage du jardin, toilettage de la maison, remplacement d’un robinet de douche foireux, décoration. Pour parler du jardin, on a une tonne d’arbres fruitiers : manguier, bananiers, avocats, fruits de la passion, pamplemousse, orange, citron, ananas, plus ceux qu’on va planter !
J’ai ramassé des caramboles tout à l’heure, et j’en ai fait un jus… on vous invite à venir le déguster quand vous le voulez, venez les mains vides pour la pendaison de crémaillère (y’a pas de cheminée, mais c’est pas grave)

Le Jardim Beija Flor

J’avoue que je m’étais tellement projeter ici, quand j’étais à Guajarà-mirim, y espérant beaucoup, m’y fixant des attentes bien précises, pour ne surtout pas avoir à revivre l’expérience, un peu difficile sur le plan du moral, de la bibliothèque, que du coup, j’avais peur d’être déçue et d’avoir trop idéalisé ce lieu… Mais finalement, même si tout n’est pas exactement comme je l’avais imaginé (et heureusement, j’aime aussi le côté « aventures » et « découvertes ») je réussis à trouver petit à petit ma place dans cette ville. Je m’y sens bien, j’ai vraiment envie de m’y investir…Au moins, je sais pourquoi je suis là !!
Il y a une école de 250 élèves qui a besoin de moi !! Et ça n’est pas peu dire !!! Le Jardim Beijà Flor accueille des élèves de 3 à 6 ans. C’est une œuvre sociale, montée et gérée par le diocèse (ce qui explique notre présence ici !!), qui a permit à cette école de proposer une scolarisation gratuite aux familles les plus pauvres qui, jusqu’ici n’avaient pas les moyens d’inscrire leurs enfants en maternelle…
Les premières passées là, le lendemain de notre arrivée, ont suffit à me faire prendre conscience du niveau de formation et de motivation du corps enseignant dont je vais avoir la « charge »… En effet, la directrice de l’école, Irma Zézé (la réincarnation religieuse de Margaret Thatcher, « la dame de fer »), m’a promue « superviseur – responsable pédagogique » de l’école… En gros, je suis là pour remotiver les troupes, souder l’équipe (très désorganisée et qui « hait » la directrice), et former tout ce petit monde… J’avoue que ça me paraissait infaisable au début, ne me sentant pas capable d’assumer un tel poste, mais finalement, après deux semaines passées dans les classes en observations, mes « petites » connaissances et compétences en pédagogie seront bien suffisantes pour déjà « améliorer » les apprentissages de cette école !! J’ai déjà des millions d’idées plein la tête, je revis !!

Tous mes souvenirs sur la « pédagogie du projet », « donner du sens aux apprentissages », l’importance du « langage » en maternelle ne m’ont jamais paru aussi évident et primordial qu’ici !!! Reste à trouver comment expliquer ceci à nos chers enseignants… J’ai trouvé en eux des vrais compagnons pour faire la fête et pour bavarder, mais je sens que je vais me battre au travail !! Ils n’ont aucune envie de changer leurs habitudes bien pénardes et surtout, pas moyen d’heures supplémentaires, de travail de préparation… Bref, c’est pas gagné !!
Quoiqu’il arrive, je suis bien motivée et j’ai l’intention de me battre pour chacun de ces p’tits élèves, qui, pour la plupart, vivent des choses très difficiles chez eux… J’aimerai me dire qu’ils trouvent en cette école un lieu accueillant où ils aiment venir et apprendre !!
Matthieu, quand à lui, est mitigé par sa présence au Jardim… Il s’y plait, dans le sens où les personnes avec qui il travaillent sont bien sympathiques, mais, pour l’instant, il a passé bien plus de temps à cueillir des fruits dans les arbres, à les laver et à en faire des jus pour le « lunch » des enfants, qu’à travailler sur des chiffres et faire les comptes du jardim… Il le prend dans la joie et la bonne humeur, en se disant qu’il améliore son côté « social », qu’il en profite pour bronzer et se muscler le torse !! Mais en vrai, il attend le retour de la secrétaire du diocèse (en vacances) pour qu’elle lui donne 2 ou 3 trucs à faire derrière un ordi !! Affaire à suivre… J’éspère juste pour lui qu’on ne va pas inverser les rôles avec Guajarà-Mirim !!

L’arrivée à Costa Marques : 1eres impressions

HIP HIP HIP HOURA !! Ca y est, nous arrivons… Le port de Costa Marquès est tout illuminé !! C’est avec beaucoup d’émotions que nous débarquons sur notre Terre Promise !! Rappelez-vous, nous avions juste eu l’occasion, durant ces 4 premiers mois, d’y passer rapidement (10 jours au total), et, ces deux courtes visites nous avaient laissé présager un bon lieu de mission : relativement petit, certe, mais permettant de sentir une ambiance de communauté, fraternelle et accueillante, plus accessible qu’à Guajarà-Mirim… isolée, certe, mais avec cette avantage d’être en harmonie parfaite avec la Nature : de l’air qu’on respire, aux paysages verdoyant qui s’offrent à nous, aux chevaux en liberté qui trottinent dans les rues, au gout savoureux des fruits ou légumes, à l’apaisement que procure l’écoulement tranquille du Guaporé, aux moustiques qui nous montrent un vif interet, tout y est fait pour que nous nous sentions réellement en Amazonie… et, finalement, le principal, c’est qu’on ait internet pour vous écrire (attention : avec un débit de 128kbps…)… Mais ça suffit pour qu’on se sente moins seuls au monde !!
Autant vous dire que la motivation est là, les sourires aussi et que malgré notre fatigue du voyage et l’envie de s’allonger dans un vrai lit, on ne se fait pas prier pour accepter de bon cœur l’invitation à passer un p’tit moment chez nos futurs voisins…
Et, malgré l’heure tardive à laquelle nous rejoignons nos pénates et le fait qu’on devra se lever tôt demain car n nous attend déjà au Jardim pour travailler, notre excitation d’être, enfin, ici, nous fait nous endormir bien tard (ou plutôt, bien tôt) avec des projets plein la tête pour cette ville !!
Voilà pour l’arrivée et nos premières impressions…

Le départ : trois jours de bateau.

Nous avons donc pris le bateau gouvernemental pour une nouvelle fois, après avoir arrimé nos paquets avec un petit reste de « ressaque », comme disent les brésiliens (vous savez, la sensation désagréable des lendemains de soirées festives !!) et un peu de nostalgie au ventre, quand même… nous étions prêts pour 9 h, le départ du bateau étant annoncé « à partir de 10h » (concept impensable en France)… Finalement, on est parti à 12h30… le brésilien est ponctuel, ça fait peur ! Nous sommes très contents de voyager : déjà, parce que, Costa Marques nous tend enfin les bras, et en plus, parce que, sur le bateau, on retrouve avec beaucoup de plaisir l’équipe navigante qui avait fait la Romaria avec nous !!!
Peu après le départ, le bateau s’accroche à une rive après avoir coupé le moteur… ça sent bon la panne !!! En effet, une pièce a cassé… le temps de joindre la capitainerie de Guajarà, de commander la pièce et tout et tout… finalement, le bateau repart après 6 h de retard. Ca nous permet notamment de faire connaissance avec un tout jeune couple ou l’homme est militaire, affecté au fort à coté de Costa Marques… sa fiancée, elle, est largement moins heureuse que lui, car là bas, c’est le trou…à 30km de Costa Marques, et sans activités, ni moyen de locomotion, RIEN…ils vont y rester 1 an au moins… Après 1 jour ½ de voyage sans encombre, le moteur s’arrête de nouveau… mais là, c’est plus grave, c’est le reverseur qui est mort…bien sur, pas moyen de réparer sur le bateau, il faut rejoindre obligatoirement un port d’attache pour tenter la réparation… après de longues heures d’attente, un bateau de Costa Marques est finalement venu remorquer notre navire, à une vitesse proche du sur-place… bilan, nous sommes arrivés à bon port, mais avec 24h de retard… les brésiliens disent que sur le fleuve, on te précise l’heure et la date de départ ou d’arrivée, mais pas l’année !!!
L’humour est de rigueur, en plus de la patience…

Nos amis de Guajara mirim.

Ca y est !! Nous venons de partir de Guajarà-Mirim, vers de nouvelles aventures !! Costa Marques nous attend là-bas pour enfin réaliser notre vraie mission, celle qu’on avait acceptée à la base, sur le papier !!! Pourtant, malgré l’excitation du départ, une certaine « saudade » monte en nous… 4 mois que nous sommes à Guajarà, déjà, et mine de rien, on s’est attaché à ce lieu, mais surtout aux personnes qui faisaient notre quotidien, qu’on aimait retrouver le matin quand on venait travailler au diocèse ! Comme on dit chez vous « mieux vaut tard que jamais ! » pour vous les présenter. C’est l’occasion de rectifier le tir… et de toutes les manières, ça n’est pas comme si c’était peine perdue car on est amené à retourner de temps en temps là-bas pour aider notre cher évêque, donc vous réentendrez parler d’eux !!

On va commencer par le plus important : la bouffe ! A la batterie (de cuisine), nous retrouvons donc les deux plus fines lames du Mamoré, j’ai nommé Yvette et Cléonice, chacune a ses spécialités. Yvette : c’est plus Bœuf Strogonoff, confitures « déliciossimas » et desserts à tomber par terre tellement c’est bon !!! Pour la décrire, c’est une nana qui fait son petit mètre 85, assez exubérante et toujours le sourire. De son coté, Cléo (pour les intimes) est plus poisson et viande grillée ; petite, discrète et bosseuse, elle n’en est pas moins agréable. C’est un vrai plaisir de les retrouver à midi pile, quand elles sonnent, bien énergiquement, la cloche qui annonce l’heure du repas… De même, dans les petits services qui changent la vie, on retrouve Maria Luzia, passée maitresse dans l’art du fer à repasser et de ce qui précède !!! Niveau timidité et









discretion, on ne peut pas faire mieux, mais par contre pour le sourire le matin, c’est elle la championne !
Autant vous dire que pour nous, même si la vie « en communauté » n’est pas facile tous les jours, sur le plan du confort, c’est un peu l’hôtel !!! Et Marie s’y fait bien…

Passons maintenant à l’administration du Diocese : à l’accueil, un duo de choc, Ivanete et Alisson. Iva est la secrétaire de l’évèque, le sourire jusqu’aux oreilles, et enceinte jusqu’aux yeux, elle ressemble à un petit mètre cube, et avec Marie, on tient le pari que sa fille sera plus grande que sa mère à la naissance, tellement on se demande depuis combien de temps elle n’a pas vu ses doigts de pieds !!! De son côté, Alisson, est le coursier et mine de rien, c’est diablement utile, quand on sait qu’on peut patienter à la banque 2h et se faire remballer comme un malpropre… physiquement, c’est un petit jeunot de 18 ans fraichement moulu(on a fêté son accès à la majorité « dignement » avec lui !!!). De notre coté, on le taquinne avec une chanson de Jordy (« Alisson, c’est ma copine à moi ») ; c’est facile, mais on adore !
Vient ensuite la machine administrative en puissance : Gigli (à droite), ma compagne de travail durant ces 4 mois… Pour faire soft, il suffit de se servir d’un de ses crayons et de ne pas le reposer à sa place pour se faire souffler dans les bronches ; Impossible de changer ses habitudes ancestrales ou de lui apprendre un « truc » nouveau qui lui simplifierait la vie… Le tempérament de cette charmante personne explique surement le fait qu’elle soit encore célibataire à 37 ans, là ou toutes ces congénères sont enceintes à 17 !!! Malgré son tempérament lunatique, c’est fendard de travailler avec elle, quand elle est de bonne humeur, on se marre bien, et quand elle ne l’est pas, ça apprend la diplomatie ! Mais pour de vrai de vrai, elle a très grand cœur et n’hésite pas à s’en servir, parfois… C’est juste qu’elle a du mal à faire confiance aux nouveaux volontaires français qui débarquent tous les deux ans dans son bureau avec à chaque fois des idées nouvelles et qui lui semblent bien compliquées, à elle qui ne sait pas se servir d’excel (dur dur pour une comptable…).

Passons maintenant aux personnes responsables des « pastorales », celle des migrants en premier. On y retrouve Lola, grande bolivienne, souriante et apparemment assez avenante avec les hommes ; elle permet une certaine facilitation des démarches pour les ch’tits boliviens qui viennent immigrer au Brésil !
La seconde pastorale, assez présente, est celles des indigènes (nb : on ne dit pas indien, ici, c’est péjoratif). On y retrouve la fine équipe de Gilles, médecin français ayant épousé la cause indigène il y a 24 ans maintenant, et qui est d’un dévouement et d’une amitié hors norme, malgré des problèmes de santé qui le pèsent. Pour le reste de l’équipe, on retrouve Ivaniulde, Bahianaise d’origine, avec la motivation et la joie de vivre que ça implique, un vrai soleil !!! et notre « Pétrolina », charmante noire, ronde, avec un rire à lézarder les murs et un sourire qui donnerait la pêche à un croquemort! Bref, une équipe avec qui nous adorons passer du temps… tant par sa simplicité, sa bonne humeur que par son amitié !!

Passons maintenant aux « religieux et assimilés » :
Du point de vue hiérarchique, on retrouve tout en haut de la pyramide Dom Géraldo, notre évêque, qui du haut de ces 70 ans, possède une richesse d’esprit qui nous impressionne, mais accompagné de 2-3 cotés un peu déplaisants pour un coopérant qui veut tout changer !!!
Si on descend la pyramide, on retrouve le vicaire Général, Padre José Elio, mais franchement, on n’accroche pas… no comment !!
Vient ensuite la sœur Céleste, 85 ans, toute sa tête et une douceur impressionnante, qui la rend très attachante, avec sa voix chevrotante et sa main tremblante… Pour passer en bref, il y a aussi le Padre Obelin, sympa, cultivé, mais manquant un peu de dynamisme certaines fois ; puis, les prêtres haïtiens, Modelin et Wathner : trop cools, on dirait des guadeloupéens, avec le rire des caraïbes, très communicatif, d’un tempérament festif, et surtout, parlant français… Passons maintenant au séminaire où Marie a passé beaucoup de temps : On y retrouve le Padre Willian, jeune prêtre très inventif, sportif et entreprenant ; il est recteur du séminaire, ce qui le rend assez en phase avec les jeunes, et donc avec nous… on s’en plaint pas !!!

Parmi les potentiels » futures prêtres », on retrouve











Décio, sacerdoce qui doit être nommé prêtre à la fin de l’année : gros déconneur, philosophiquement profond, très bon dans le style « qui aime bien, châtie bien », à la limite du grand frère pour nous. Pour en finir, on ne pourrait pas louper Marcio, ex-séminariste, sortit pour faire une année sabbatique, qui risque peut être de s’éterniser, car il a découvert la philosophie… et les filles ( !!!.), et se dit que la prêtrise, ça peut être bien pour les autres… en attendant, il bosse à la radio, et nous ennuie gentiment avec ses raisonnements philosophiques à deux balles… très bon en guitare, il passe la plupart de son temps libre à jouer ou à chanter des chansons romantiques. Il est le « préféré » de Marie : ils passent leur temps à rire, à discuter, et même à travailler, puisque ma petite femme s’est retrouvée « professeur de français », lui, ayant besoin de savoir parler notre langue d’ici l’été prochain pour aller passer quelques mois en France. Bref, avec ces deux derniers petits zouaves, on s’amuse beaucoup, on se taquine pas mal, et on fait bien la fête… Promis, ça n’est pas nous qui les dévergondons, ils savent très bien faire ça touts seuls !!!


Pour fêter notre départ et dire au revoir à tout le monde, nous avons organisé ce qu’ils appellent ici une « despedida » (en fait, c’est plus un prétexte pour faire la fête) : sous un chapeau de paille, « batida de coco » à la main, la soirée a été assez rapide pour les plus vieux et plus gradées et nous nous sommes retrouvés, avec la même troupe habituelle pour fêter ça (avec Décio, Marcio, Alisson, Briania, Julio, Ruben, Gilles et Ivaniulde) ,le tout, en dansant le « forro », (enfin, plutôt en « essayant », pour nous)!!!










Voilà… Tchao Guajarà-Mirim… en route pour Costa Marques !!!

lundi 12 mars 2007

vive l'aventure!

coucou tout le monde!!
c'est Marie à l'appareil...
Juste envie de vous faire partager un bon moment passé samedi dernier (le 10 mars) dans un lieu bien exotique comme il y en a beaucoup ici, dans notre chère forêt amazonnienne!!
je me suis faite inviter à passer une journée dans ce qu'on appelle ici un "sitio", un p'tit coin de forêt aménagé, avec juste une petite cabane pour s'abriter en cas de pluie!! La déconnexion complète... Surtout que nous n'étions que 4 femmes (+ 2enfants) mais sans homme, ce qui m'a fait le plus grand bien, car mine de rien, je passe ma vie entourée de séminaristes et de prètres...
L'aventure était au RDV!! Après avoir arpenté des chemins sinueux accessibles que par 4x4 et s'être bien enfoncé dans la forêt, nous garons la voiture pour emprunter une petite barque et traverser à la rame le fleuve qui nous sépare de ce petit coin de paradis!! L'herbe est haute, il faut bien faire attention où on pose les pieds (surtout quand on est une flippée des bêtes, comme moi...) et la crème anti moustique devient ta nouvelle meilleure amie!!!
Mais ça ne s'arrête pas là!! on est des aventurières ou on ne l'est pas!! Opération pêche : réussie, opération feu de bois : réussie, opération installation des hamacs : réussie, opération culture de maniocs : réussie!!
La nature nous offre le reste. J'ai dégusté des graines de cacao cueillies directement sur l'arbre, idem pour les bananes!!
Les discussions entre filles vont bon train, le calme de la nature nous détend complètement et si la pluie n'était pas venue nous faire plier bagages, j'y serai bien rester quelques heures de plus!!

Mais pas trop quand même, car Matthieu m'attendait à Guajara Mirim pour fêter nos 6 ans "d'amoureux" et le petit resto et la soirée passés ensemble en valait bien la peine!!

dimanche 11 mars 2007

Enfin!!!

Bonjour à tous!!!

Grande nouvelle et joie dans les chaumière!!! Nous partons vendredi (normalement) pour Costa Marquès!!! Marie a négocié fermement avec l'évèque pour que nous soyons de la prochaine barque pour rejoindre notre lieu de mission... Donc tout va bien.

Le seul détail qui nous chagrine un peu, c'est que les enfants du Jardim Beija-Flor ont déja repris le chemin des cours, depuis le 8 Mars... on verra donc à quelle sauce on va être mangés, et si on aura une utilité réelle ou toute relative...

Pour ceux qui voudraient nous envoyer du courrier ou un colis de chocolat pour Pâques, Je vous rappèlle donc l'adresse :
Paroquia Divino Espirito Sancto
Matthieu et Marie MONDAIN
Avenida Forte Principe da Beira s/n°
Bairro Centro
Cx Postal 37
78.971-000
Costa Marques - RO

Ces apres négociations ont une contrepartie pour nous : Nous n'allons réster pour l'instant qu'un mois à Costa Marques : nous revenons pour accompagner Jadwiga (La coopérante qui vient normalement à Guajarà) pour ses débuts.

On vous aime, n'oubliez pas!!!

mardi 27 février 2007

Carnaval à Guajara-Mirim

Bonjour à tous!
Nous venons de passer le carnaval brésilien!

Tout de suite, je vous vois penser strass, paillettes et sambodrome, tel qu'il se passe à Rio de Janeiro et a Sao Paulo...




De notre coté, tout était là pour reussir, une jolie tribune municipale, des estrades, des colporteurs, et l'invitée surprise ... la pluie!






Pendant toute une semaine, c'est le Brésil tout entier qui s'arrète, ou plutôt qui a le coeur qui bat au Rythme de la samba, du forro, du pagode et des lendemains de soirées.




Le dimanche, nous avons eu le droit au premier défilé.. pendant un temps, on se croit au carnaval de Dunkerque. Hommes déguisés en femmes (bon, parfois, ils feraient mieux de s'abstenir!) et débridages de moeurs (on voit ici un des prètres avec sa conquète!).




Le carnaval commence donc dans une bonne ambiance, et des filles assez courtemement vétues.
Mais c'est dans les clubs que la nuit se passe : le forro rythme les danses et l'alcool coule à flot! Les boites sont bondées du samedi avant le carnaval jusqu'au mercredi de clôture.



Le mercredi, c'est là qu'a lieu le grand défilé avec chars et tout ce qui s'en suit, on croyait donc en avoir pour notre grade pour faire la fête!!! Nous nous aventurons donc dans les rues de cette bonne vieille ville de Guajara, ou les tambours se substituent au rythme cardiaque, afin d'admirer les préparatifs : filles à plumes, chars multicolores et batailles de bombes à filament, ça sent bon la fête qui fait tomber les clivages sociaux...



Puis après une attente d'une bonne demi heure, nous voyons la police militaire (équivalent de notre gendarmerie) débarquer avec une foule de commissaire, se mettre devant le cortège pret à s'élancer. Bon, on se dit qu'ils sont là pour la sécurité des personnes, on sait jamais, un rassemblement, ça peut déborder!!!


Et bien en fait non, ces chers hommes en bleu etaient là pour controler si il y avait des enfants et adolescents dans le défilé... comme il y en avait, les commissaires ont décidé tout bonnement de supprimer le défilé. Au Brésil, il y a donc des lois pour protéger les enfants... d'un coté, c'est bien d'avoir un arsenal juridique pour proteger nos chères têtes blondes. Mais il y a au moins deux absurdités dans cette legislation :

-la première est qu'il y a un couvre-feu pour tous les enfants, et ce, même s'ils sont accompagnés de leurs parents : si vous êtes avec votre enfant dans un restaurant après 22H, le tenancier de l'établissement peut se prendre une amende, et les parents aussi, bon, à la limite, on peut comprendre, mais qui n'a pas été dans la rue avec son enfant au delà de 10h du soir...

-la deuxième est que cela n'aide en rien pour lutter contre la prostitution infantile, il faut dire qu'au brésil, pour se faire arréter, il faut être en flagrant délit!!! quand on sait qu'elle est omniprésente ici, mais bien cachée, on se dit que ces chères lois ne protègent qu'une infime minorité des personnes en danger!

C'est donc avec regret que le défilé s'est élancé, sans musique et escorté par la police.


Les reines du carnaval sont donc allées se prendre un petit pastel bien gras, en attendant le défilé de l'année prochaine.


De notre coté, nous sommes allés en boite avec un futur prêtre, et même si c'était très amusant de le voir danser, le coeur n'était que moyennement à la fête...


Question moral, ce dernier a eu pas mal de hauts et de bas. Haut, parce qu'on est au Brésil, que c'est bien et qu'on est deux. Bas, parce que Marie en a bien marre de sa bibliothèque, avec un évèque qui en plus d'être absent ou occupé tout le temps, quand il est disponible, il change tout l'ordre de classement de cette bibliothèque. On peut rajouter à ceci le fait que nous ne savons pas quand nous partons sur Costa Marques : l'évèque risque de nous séquestrer bien au delà de la rentrée des petits au Jardim Beija-Flor, et on pense qu'il risque de nous garder jusqu'à l'arrivée de Jadwiga, la Coopérante qui doit normalement être afféctée où nous sommes en ce moment. Malheureusement, sa demande de visa n'est pas encore enregistrée à l'ambassade, car cette dernière demande toujours des papiers en plus, à chaque demande... Bref, on vit un peu au jour le jour, donc pour monter un projet et le terminer, c'est tout bonnement impossible.

Pour oublier un peu les petits tracas qu'on peut avoir, nous sommes allés en Bolivie, nous dorer la pilule, reprendre des forces après le carnaval et eponger un peu notre folie consumériste.

Nous avons fait une nuité à Itauba, charmant hotel écolo (enfin, qui se dit, ils ont des animaux en cages!!!)

Donc au programme bain de soleil, sudoku et prémisses du montage de notre futur voyage en Bolivie! Et maintenant, j'ai un pôte là bas, on a échangé nos adresses, et ça fait classe de débarquer avec lui en soirée!!! Il s'appelle Arara.
Le début de semaine est donc un peu plus joyeux, pourvu que ça dure.
Ah, dans les nouvelles, je me suis mis dans la tête de courir le plus souvent possible (enfin, quand il ne pleut pas) et depuis le temps que je rêve de faire un marathon, peut être que dans un peu moins de 2 ans, je pourrais donc courir après mon rève!!!
Autre chose : j'ai dans le projet de faire des articles (hautement impliqués) sur des sujets de la vie quotidienne, histoire de rendre ce blog plus actif et moins autocentré, j'attends donc vos avis, doutes, idées... sachant que le premier éssai aura pour thème la moto ici!!! désolé, je ne me refais pas...
Comme toujours, innondez ce blog de commentaire, mine de rien, ça fait plaisir!!! et donnez des nouvelles de ce que vous devenez (par mail!!!)
Abraço à tous!!!

mercredi 31 janvier 2007

ballade en forêt

Coucou tout le monde!!
On n'est pas là pour vous abasourdir encore et encore de nos aventures!! Promis...
On souhaite juste vous donner envie de nous rejoindre!!
Dimanche nous avons été nous promener dans la dense et sinueuse forêt amazonnienne!
On se serait cru dans le film "Le dernier des Mohicans", surtout que nous suivions Piao, un indien de Sagarana, bien à la trace!! Encore un moment de dure réalité d'être confrontés à bien plus agiles que nous!! C'est pas facile d'être un vrai brésilien...



Pourtant, Matthieu travaille le style "Tarzan"!! avec ses cheveux sauvages et son torse nu!! Quant à moi, je vous arrête tout de suite : ni Chita, ni Jane!! Je suis toujours aussi trouillarde et crie encore avant d'avoir mal... C'est pas gagné!!
Nous serpentions entre les arbres et les rochers, en suivant le petit ruisseau limpide et clair et beau (je sais que c'est redondant mais j'adore en rajouter!!)!! Nous ne pouvions pas poser nos mains sur les arbres pour prendre appui car ces géants verts ont des épines grandes comme ça... et super pointues!! pas évident quand les pierres sur lesquelles nous marchons glissent!! Heureusement, pour nous remettre de nos émotions, nous avons fini cette belle ballade de 3 heures avec une petite baignade bien méritée!!

Sinon, la présence de nos potes séminaristes nous permet de sortir davantage le soir et de faire la fête!!! Au moins un domaine ou je me sens bien brésilienne...

On vous aime toujours fort, et on pense bien à vous!

lundi 29 janvier 2007

voyage en images







coucou tout le monde!!
vous en voulez plus, en revoila!!!
Les photos parleront d'elles-mêmes, je l'espère!! Nous sommes à votre disposition pour davantage d'explications si c'est necessaire...
on vous embrasse!

samedi 27 janvier 2007

En route pour la ROMARIA 2007

Jeudi 04 Janvier
Aujourd’hui c’est un jour férié au Brésil, car nous fêtons les 25 ans de création de l’état du Rondônia… Toutes les occasions sont bonnes ici pour faire la fête et arrêter de travailler !! On ne va pas se plaindre !!
En plus, c’est pas plus mal car vu qu’on part cet après midi à 15h, on a du pain sur la planche !! Il nous faut préparer nos bagages en sachant que nous partons 3 semaines en pleine jungle… Couteau, PQ, anti moustiques, hamac et… Assimil brésilien !! Tout y est, même la bonne humeur…
Nous embarquons donc avec l’heure brésilienne de retard à bord du bateau gouvernemental, prêté à l’évêque à l’occasion de ce périple !
Pour que vous compreniez mieux ce qui nous attend, il me semble important de vous donner quelques explications sur ce qu’est « la Romaria »… tout d’abord, elle a lieu une fois tous les deux ans sur un bateau qui arpente les eaux des fleuves Mamoré et Guaporé. Elle dure trois semaines pendant le mois de janvier durant lesquelles nous parcourons 1500 km. Nous partons de Guajara-Mirim et descendons avec peu d’arrêts jusqu’à Pimenteiras (dernière ville du diocèse que le fleuve dessert !). De là va commencer alors le vrai périple pour lequel nous sommes là !! Le bateau est au grand complet : cette année nous serons 57 à naviguer : l’évêque Dom Geraldo, les pères Jean et Zezinho, 17 séminaristes, des amis ou famille invités par chacun d’eux, et notre équipage !! Autant vous dire que le voyage risque d’être « spirituel » !!!
La Romaria a plusieurs objectifs : le premier est de rendre visite aux différentes communautés qui vivent en bordure de fleuve dans des conditions très simples et totalement isolées de tout, pour célébrer une messe dans chacune d’elles et apporter un soutien spirituel (ou autre) aux familles ; le second but de la Romaria est de rassembler les différents séminaristes du Diocèse autour de l’évêque et leur donner la possibilité de vivre une expérience forte d’Humanité dans la rencontre de ces villages ! C’est en même temps un temps de retour aux choses simples puisque nous n’aurons accès à aucun moyen de communication pendant ces trois semaines, vivrons dans des conditions sans grand confort, tout cela ayant pour but de mieux nous sentir en harmonie avec notre chère Mère Nature… Voilà la situation !

Pour trouver un sens à notre présence sur le bateau l’évêque m’improvise « secrétaire particulière de son éminence » (ça claque !!) et Matthieu, « responsable technique » pour tout ce qui touche l’informatique !
Pour la première nuit sur le bateau, nous sommes invités à aller sur le toit afin de découvrir les étoiles du Brésil ou plutôt de l’hémisphère sud, puisqu’à notre grande surprise nous découvrons un ciel étoilé bien différent de celui de France… Pas de casseroles ici !
En tout cas, ce fut un moment de total bonheur : la vision de ce ciel totalement dégagé, additionné au bercement du bateau, et les multiples bruits de la forêt qui nous entourait… ça commence plutôt bien !!

Vendredi 05 Janvier
Nous nous permettons un réveil tardif car nous savons que la cabine dans laquelle nous avons dormi ne nous ai prêté que pour quelques nuits en attendant que les prêtres Jean et Zézinho rejoignent l’embarcation !! Après ce sera hamacs pour le reste du voyage…
Le programme de la journée est simple : leçons de portugais, manger, sieste sur hamac, admiration de la nature et discussion avec les quelques personnes à bord. Notamment un des invités de l’évêque, le père Pierre qui est le prêtre dans sa ville d’origine en France ; C’est grand gaillard, d’une petite 50aine d’année, armé d’un caméscope semi-pro, d’un appareil photo de malade et d’un accent occitan bien prononcé !! Il souhaite faire un DVD sur ce voyage, dont les bénéfices seront reversés à l’œuvre de l’évêque. C’est fort louable, sauf qu’il ressemble au bon touriste de base : acculturation : zéro ; parlant un mixte « espagnol, français et anglais » avec les habitants d’ici qui n’y comprennent rien, et on rajoutera un petit côté « moi d’abord » et « j’ai raison » bien spécifique à notre culture !
Dans les petits plaisirs spécifiques à cette journée, nous avons eu droit à la diffusion des « choristes »… en portugais…Mais, rassurez vous, ils n’ont pas doublé les chants !

Samedi 06 Janvier
Cette fois ci on se réveille comme tout le monde : café du matin et confiture de lait, c’est un vrai régal !!
Marie entre en fonction : l’évêque veut traduire le livre qu’il a écrit en français vers le portugais !! Ma chère épouse doit donc jouer la scribe sur un ordinateur avec clavier français ou certains accent portugais n’existent pas ; de plus, la retranscription est lente car l’évêque parle en portugais avec le bon accent chantant d’ici à une française (blonde !!) qui n’y est pas accoutumée, Bon courage !! Finalement Marie aura l’idée de lui demander qu’il écrive sur papier de son côté la traduction et que elle tape le texte dans un second temps… Gain de temps considérable !!
De mon côté, j’ai commencé la lecture du livre le plus idéaliste du Brésil : « s’organiser pour gagner du temps… » : quand on me demande ce que je lis, je dis aux brésiliens que c’est trop compliqué à expliquer de peur qu’ils se fouttent de ma gueule…
Dans l’après-midi nous arrivons à costa Marques. Nous y retrouvons avec beaucoup de plaisir le père Jean et le père Zezinho… Dans les moins bonnes nouvelles nous devons quitter notre cabine pour regagner nos hamacs !!
Marie a cependant une autre préoccupation : elle regarde constamment sa montre (toujours réglée à heure française « pour se sentir plus proche de vous » dit-elle !!) pour savoir ou en est le mariage d’Isabelle et Jean : « Tu penses qu’ils ont fini la messe ? », « tu crois qu’Isabelle elle aura contrôlé son émotion ? », « là, ils doivent être en train de manger !! », « Pourvu qu’elle ne soit pas complètement bourrée !! »… Dur-dur de lui changer les idées et de lui remonter le moral car c’est toujours dans ces moments-là qu’on se sent loin de vous !!

Dimanche 07 Janvier
Le réveil est un peu difficile ce matin car mine de rien un hamac c’est pas un bon matelas dunlopillo !!
Après le petit déjeuner nous enchainons sur la messe dominicale un peu longue, mais chantante, et qui fait figure d’échauffement pour la suite du voyage !!
La continuation du voyage nous fait nous arrêter dans une petite bourgade du nom de « Versalhes », en souvenir d’une ville française, mais je n’y ai vu ni château, ni femmes en jupes culotte avec serre tête et mocassin, ni jeunes avec la mèche sur le côté…
Peu de temps après, nous nous arrêtons sur une plage plantée au milieu du fleuve, telle une ile déserte !! Vu la chaleur, personne ne se fait prier pour aller se baigner !! Ni une ni deux tous les brésiliens sont à l’eau ; seuls les deux français sont un peu réticents, mais décidément il fait trop chaud et c’est tellement bon de barboter et de sortir du bateau !!
Dans l’après midi, l’équipage fait monter à bord du navire une énorme tortue aquatique (espèce protégée bien sur, mais qu’on peut apparemment manger quand on est sur le fleuve !!) : nous passons donc le reste de la journée à faire un plaidoyer contre le massacre de cette pauvre bête… mais c’est pas pour autant qu’ils la rejetteront à l’eau ! Les mécanos iront même en chercher une seconde !! Il faut dire que pour les locaux, c’est un peu leur foie gras ; il parait que c’est fin, et, au marché noir, ça vaut cher (80-100 dollars)…

Lundi 08 Janvier
Je suis averti, peu après le réveil, qu’une partie de pêche est organisée… Je ne me fais pas prier, des fois que je pêche une baleine (tout est possible en Amazonie !!)… Après un café avalé rapidos, nous partons en petite barque avec 3 autres personnes de l’équipage, pour nous éloigner du bateau et rejoindre un des bras du fleuve un peu plus loin. Niveau matériel, c’est rustique : un hameçon, un fil de nylon, un morceau de fil de fer, on accroche un morceau de viande, et c’est parti !! Hallucinant, ça mort tout de suite ; et, devinez ce qui remonte ??? Un piranha grand comme un avant bras !! Je laisse les marins ôter le poisson de l’hameçon : pinces ou couteux de chasse sont de rigueur !! Ils ont déjà tous leurs cicatrices de guerre, suite aux morsures de ces monstres, autant vous dire que, vu le coup de main, on sent l’habitude !! Quoiqu’il arrive, je ne viendrais pas me baigner dans le coin, ce serait suicidaire !! Finalement à 4 on en a péché une quarantaine en tout (bon, moi j’en ai eu que 2 !!)…
Au moment du repas, nous retrouvons nos copines les tortues… au fond d’une marmite, en petits morceaux et prêtes à être servies !! Notre plaidoyer n’a pas convaincu, et notre seul moyen de résistance sera de ne pas en manger et de nous replier sur les piranhas en friture !!
Aujourd’hui, le programme est chargé : on est de corvée « vaisselle » !! Et tout le monde sait que Marie adooore faire la vaisselle… surtout quand la cuisine du bateau est microscopique avec une vasque digne d’un lavabo, et que les casseroles sont bien cramoisies au fond !! Vu l’humeur de Marie pendant et après, je me suis engagé à acheter une machine à laver à notre retour en France !!!
Rien de plus, je me culture avec mon fameux livre…
Promis, on fera mieux demain !!


Mardi 09 Janvier
Grand moment : nous arrivons à Pimenteiras, la ville de laquelle va débuter notre vrai périple !! Tous les derniers voyageurs manquants montent à bord, le bateau est au grand complet ; la Romaria va enfin pouvoir commencer !! Nous prenons juste le temps, avant que le bateau ne reparte, de partir à la découverte de cette petite bourgade, à la recherche d’une discothèque, d’un gratte ciel, d’un Mc Do’, mais en vain… Finalement, nous nous posons dans une « lanchonete » (entre la baraque à frites et le café PMU !!) avec quelques séminaristes pour déguster une petite bière bien fraiche et fêter le départ de l’aventure ! Notre niveau de portugais nous permet de plus en plus de suivre les conversations, voire même de s’y mêler… Enfin… si on ne va pas trop profond et si on a un public compréhensif !! Mais de toutes les manières, pour moi (Marie) j’ai le même problème en français : faut pas me parler trop compliqué, sinon je ne comprends pas !!

La Romaria (du 10 au 23 janvier)
Le principe de nos visites tout au long du voyage est assez simple. Nous naviguons la plupart du temps sur le fleuve et nous arrêtons dans chaque communauté vivant au bord du Guaporé, avec une moyenne de 2 par jour : dans chacune d’elles, le programme est toujours plus ou moins le même : L’accostage se fait de manière assez peu discrète, car des fusées et des pétards sont tirés du bateau ! « Coucou, nous voilà !! ». Une foultitude de monde nous attend sur le quai, le sourire jusqu’aux oreilles ; nous commençons par une procession, avec, en tête, la Vierge Marie « Nossa Senhora de Seringeiros » (protectrice de tous les habitants de la vallée du Guaporé), portée par 4 habitants de la communauté. Puis, toutes les personnes à bord vont se mélanger aux locaux, et nous la suivons tous gaiement, en chantant et dansant en direction de l’église ou de la chapelle de nos hôtes !!
Après nous être tous présentés rapidement, l’évêque célèbre une messe, souvent très chantante et dynamique… Puis nous passons du temps avec les habitants de la communauté : soit les séminaristes se répartissent par petits groupes de 3 ou 4 et vont rendre visite aux familles directement chez eux - l’occasion de prier en petit comité, et de prendre le temps de parler de leurs problèmes, des difficultés liées à la pauvreté et à l’isolement - , soit ils font une approche un peu plus globale en proposant des jeux et des chants à tous les enfants présents, et une partie de football aux adultes de la communauté… Ces deux approches sont bien différentes mais nous permettent, dans les 2 cas, de partager des moments forts avec les habitants : rires, confidences, jeux, soutien, prières… Nous avons l’impression d’assimiler une parcelle de la vie de chacun !! Ce qui rend le départ souvent bien difficile !! D’ailleurs, si j’écoutais ma petite femme, on aurait déjà adopté une vingtaine d’enfants !!
L’autre moment de convivialité est le moment du repas que nous partageons avec eux : nous avons plusieurs fois été confrontés à la grande marmite de tortue… Et, comme on vous le disait plus haut, c’est, pour eux, un repas de fête !! Nous ne pouvions donc pas refuser ce cadeau, cela aurait mal été perçu par la communauté !! La première fois, on gobe ; la seconde, on mâchouille ; la troisième, on prend davantage le temps d’apprécier le gout ; la quatrième fois, on se ressert !! Au final, on nous a félicités pour nos efforts d’inculturation !!

Hormis ces bons moments sur terre, nous nous laissons porter le reste du temps par le bercement et le ronronnement du moteur. La vie sur le bateau en vaut tout autant la peine !
L’ambiance à bord est très bonne : tout le monde est très sympathique et cherche à communiquer avec nous ! En plus de nos siestes régulières dans le hamac, les journées s’improvisent autour de discussions, de chants à la guitare, de jeux de cartes, dames, échecs, lectures, bataille d’eau, baignades ! Ca fait beaucoup de bien de pouvoir rire, et de se retrouver un petit peu avec des jeunes de notre âge !! Je tiens à signaler à toutes mes copines célibataires qu’en plus d’être sympas et attentifs, les séminaristes sont, dans l’ensemble, super mignons… mais… séminaristes !!! Bref, nous avons presque eu l’impression d’être en famille, avec une vraie ambiance de fraternité !!
A part ça, nous passons toujours autant de temps à contempler la nature, on ne s’en lasse pas !! Je peux rester parfois, jusqu’à une heure, à fixer les arbres à la recherche de singes !! Matthieu en a déjà vu un gros noir, sauter de branches en branches, mais le temps qu’il m’appelle, il avait disparu… Etant donné ma déception, toutes les personnes à bord m’ont promis de redoubler d’efforts pour en trouver un et me prévenir aussitôt !! Pour l’instant, rien à l’horizon…
De toutes les manières, on n’est jamais déçu très longtemps ici : il me suffira d’être patiente pour pouvoir en porter un dans mes petits bras dans une des communautés indigènes dans laquelle on s’arrêtera en fin de voyage !! Et quand bien même : tortues, crocodiles, moustiques, dauphins, perroquets, piranhas, la nature nous gâte ici !! Entre ceux qu’on a mangés, ceux qu’on a péchés, ceux qu’on a observés, ceux qu’on a tués, ceux qui nous ont piqués, ceux qu’on a portés… on n’est pas au bout de nos peines !!

De plus, ce voyage m’a encore permis de redécouvrir mon petit mari : il redouble d’efforts pour être toujours de bonne humeur et assurer en cas de baisse de moral de mon côté, il m’a littéralement semé en brésilien et se débrouille bien mieux que moi, il est d’une curiosité sans égale et veut connaitre le nom de chaque chose nouvelle qui lui passe sous les yeux, il recherche sans cesse le contact pour pouvoir discuter avec les autres, il est apprécié de toutes les personnes à bord, qui le surnomment de manière très amicale « touffe » (à cause de ses cheveux qui ne savent plus ou se mettre sur sa tête ( !!)), tant par ses blagounettes (oui oui, il a ses chances au brésil !!) que par sa serviabilité et son attention aux autres !! De plus, son esprit toujours en éveil plait beaucoup aux personnes de l’équipage qui sont touchés par l’intérêt qu’il leur porte et ne cessent de l’encourager dans ses efforts de pêche (qui leur auront couté un hameçon et une ligne pétés !!)…

Voilà, nous venons de rentrer de ce merveilleux voyage et nous voila à Guajara-Mirim !!
On a chacun repris nos activités d’avant le départ !! Marie a sa bibliothèque et Matthieu en tant que comptable !!

On pense bien à vous…
Merci pour les colis et le courrier qui nous attendaient en rentrant : ça fait tout chaud dans notre cœur !! A très bientôt

mercredi 3 janvier 2007

Coucou à tous, un rapide message pour vous souhaiter une bonne année 2007... On espère qu'elle vous mènera vers nous, sur les routes du Brésil ou de la Bolivie ou même du Pérou pour les voyageurs aventureux!! On a de quoi faire ici!!

Notre réveillon s'est très bien passé; cela faisait longtemps que nous n'avions pas eu un p'tit moment rien que tous les deux en N'amoureux!! Le foie gras est passé tout seul en entrée... On avait même poussé le vice jusqu'à acheter de la confiture de figues qui se marie très bien avec!
Puis Lasagnes aux .... 4 fromages!! Du surgelé... un délice qui n'a même pas cassé le romantisme de notre soirée!! Nous nous étions achetés des yaourts et avons terminé sur un délicieux gateau au chocolat fait maison!! Bref que du bonheur!! Le tout agrémenté d'un cocktail bien brésilien : la batida de coco à base de cachaça, lait de coco et lait concentré... Plus quelques petites bières pour aider à digérer le tout!! C'est pas tous les jours Noël...

Sinon le quotidien nous prend pas mal de temps!! J'ai enregistré plus de 1000 livres dans ma bibliothèque et Matthieu a des millions de projets plein la tête pour redresser les comptes de la paroisse...
Pour couper court à cette routine qui dure depuis déjà une semaine, nous repartons le coeur joyeux faire une expédition fluiviale pendant 3 semaines, avec l'évêque et des séminaristes... Une 50aine de passagers sont attendus en tout pour aller rendre visite aux différentes communautés qui habitent au bord du fleuve: tribus indiennes, villages ruraux,... encore des expèriences pleins les yeux et le coeur!! On vous donnera des photos de tout ça à notre retour car "voyager en bateau" signifie "pas de nouvelles pendant ce mois de janvier!!" On pensera bien à vous ça c'est sûr!!

Pensée toute particulière : Le 06 Janvier: MARIAGE DE ISABELLE ET JEAN, POUR LA VIE!! A tous ceux qui y seront: Bombardez de photos!! Je veux tout savoir... N'hésitez pas à crier fort et à taper dans vos mains, ils aiment ça!! Dites leur toutes les 5 minutes qu'on les aime et que leur mariage est génial!!
Ceux qui ne les connaissent pas : vous avez tord!!

On vous embrasse tous et a très bientot!!

Nous.

jeudi 28 décembre 2006

Costa Marques

Dimanche 10 décembre : le voyage
Ca y est, c’est le grand départ : Costa Marquès n’aura bientôt plus de secrets pour nous !!!
Réveil à 5h du mat’… un peu dur, mais motivant, car c’est pour partir vers notre terre promise. Nous embarquons avec le Padre Jean (le prêtre de Costa Marques), sur une barquette en alu de 5 mètres, avec un moteur de 60 chevaux qui nous laisse présager un voyage à grande vitesse dans un endroit magnifique… C’est parti pour 6h de bateau pleine bourre jusqu’à Sagarana, village indien, à mi chemin entre Guajara Mirim et notre destination finale où nous passerons la nuit. Les gilets de sauvetages sont de rigueur, au cas où le slalom entre les herbes aquatiques tournerait mal (enfin, sachant ce qu’il y a dans le fleuve comme faune, je ne sais pas si ce gilet orange serait salvateur). Au niveau des paysages, on ne peut pas dire qu’ils soient très diversifiés… « oh, un arbre ! Oh, et puis là aussi !!! », et pourtant !!! Nous n’avons pas cessé d’être contemplatifs devant ce décor apaisant et luxuriant que nous offre la forêt amazonienne : ici, un héron qui s’envole ; là, des dauphins d’eau douce qui nous suivent un moment ; un peu plus loin, nous devinons le cri de singes dans les arbres ; et là-bas, ne serait-ce pas une petite plage abandonnée… Tout est sauvage, presque immaculé !
Après 6 heures de périple, nous découvrons Sagarana, le village indien, en haut d’une falaise ; le cadre est vraiment magique… on sent que c’est un peuple qui vit en harmonie avec Mère nature : ils vivent de chasse, de pêche, d’un peu d’agriculture et de l’artisanat. Ils ont aussi gardés leur langue d’origine, (autant vous dire qu’on a beaucoup souri pour leur faire comprendre que « nous – contents – être- ici !! »)!
Cependant, l’endroit ne ressemble pas à ce qu’on s’était imaginé… on s’attendait à un lieu fait d’habitations en paille, en bois, ou même à voir des tipis, avec des petits indiens portant des plumes dans les cheveux et vêtus dans leur plus simple appareil… et ben tout faux… ils sont habillés comme nous, ont des maisonnettes plus ou moins en dur, avec la parabole sur le toit… et la cabine téléphonique au centre du village !!! Vive le progrès…
Nous n’avons pas eu de difficultés à trouver le sommeil ce soir là !

Lundi 11 décembre
Le début de journée ressemble à la précédente… lever 6h, barquette en alu, gros moteur, mêmes paysages…et toujours autant de plaisir à naviguer !!! C’est un peu comme si on était des aventuriers, mais pour de faux !!
Petite info touristique tout de même : on a aussi découvert qu’il y avait un fort Vauban à côté de Costa Marques, donc si vous avez envie de faire du tourisme culturel cet été, pourquoi ne pas venir chez nous !
Blague à part, nous arrivons à Costa Marques vers midi. Grand moment d’émerveillement : imaginez un petit port monté sur pilotis, avec des petites plages tout autour. C’est magnifique, mais, très objectivement, ce sentiment est surement accentué par notre envie d’arriver après 6h de bateau et aussi pour vous convaincre que ça vaut le coup de venir nous voir !!.
Nous faisons rapidement connaissance avec quelques autochtones qui nous semblent rapidement accueillants, sympathiques…mais aussi avec la ville qui nous parait elle aussi plus abordable, plus conviviale que Guajara Mirim, certainement de par sa superficie moins étendue ! Tout y semble plus accessible ! Le reste de la journée a été réparti entre installation, discussions avec le Padre et repos de nos pauvres lombaires…
Il nous fallait bien ça pour être en forme vu le programme de la semaine qui nous attendait !!

Notre séjour à Costa Marques
Le padre Jean, content de nous avoir avec lui ces quelques jours, en a bien profité pour nous présenter le fonctionnement de Costa Marques : les différentes activités de la paroisse, les églises, la structure dans laquelle nous travaillerons à partir de février (école maternelle du nom de Beija Flor, ça veut dire « colibri »), l’APAI (structure qui accueille des personnes handicapées, dans laquelle travaillait Aurélie, ancienne coopérante), les différentes pastorales mises en place sur la commune, les structures administratives et tout leur problème de corruption, … mais surtout il nous a présenté toutes les communautés rurales des alentours de Costa Marquès dans lesquelles il travaille !!
Alors, comment vous faire partager ces merveilleux moments de vie, de partage, de communion que nous avons vécus ?
Tout d’abord, il me semble important, si je veux tenter de vous plonger dans l’ambiance des communautés, de vous parler du père Jean !!
Physiquement, c’est un homme d’une petite soixantaine d’année, avec une bonne tête de plus que Matthieu, une bedaine digne de Baloo (dans le livre de la jungle, pour les incultes), et un accent du sud ouest bien prononcé (ça lui donne la voix de Charles Pasqua). Vivant au Brésil depuis 12 ans, il s’est passionné et beaucoup investi pour la ville de Costa Marquès… Il aime mêler politique et religion dans un pays ou corruption, trafics, détournements sont à la une de tous les journaux et au centre de toutes les discussions !! Il ne mâche pas ses mots pour faire passer des messages forts et remuer les gens, dans un pays ou le peuple est très sensible et un peu attentiste. Il n’hésite pas non plus à intervenir sur les sectes et autres églises évangéliques car cette partie du pays en est gangrénée.
Ce caractère un peu idéalise et franchement « rentre dedans » nous plait beaucoup, car il relève un peu nos niveaux de discussion, quand la plupart de la population a un niveau scolaire proche du CM1 (véridique). Il nous a présenté à une foule de personnes, dont nous n’avons pas retenu un centième des prénoms, mais qui nous ont tous accueilli avec beaucoup de sympathie. Bref, ça, c’est un partenaire qui tient la route…
A propos de route, le seul défaut qu’on peut lui trouver, c’est qu’il conduit comme un malade !!! Imaginez : il dirige un 4x4 pick-up Mitsubishi, qu’il lance à très vive allure sur les pistes à peine carrossables ou il ne fait même pas mine d’éviter les trous, ornières et bourbiers. Cerise sur le gâteau, on s’est retrouvé une fois à 19 dans ou sur l’engin, avec une femme enceinte et un fourneau de cuisine, et rien n’a changé dans le style de pilotage… Rassurez-vous, nous n’avons tout de même pas fini à 20, le bébé est resté à sa place !!!
Les communautés rencontrées sont assez hétérogènes : il peut y avoir des communautés de 50 personnes hyper motivées, comme des groupes quasi inexistants, qui viennent surtout boire à la santé de la sainte patronne.

Ca nous permet donc de découvrir ce Brésil rural, bloqué entre la difficulté du travail agricole, et les injustices provoquées par des fonctionnaires et les grands propriétaires terriens. On comprend vraiment que la religion puisse être un salut en soi pour ces personnes : Nous avons étés invités à manger dans des familles dont la richesse n’est qu’un morceau de terre incultivable, mais qui mettent tout leur cœur à te préparer un repas… Au départ, on se sent franchement mal à l’aise ; mais, au final, avec leur sympathie et leur simplicité, on se détend très rapidement et on passe un très bon moment…
Qui dit « visite de communauté » dit « messe dans chacune d’elle !! » ; donc qui dit « 12 communautés visitées durant notre séjour », dit « 12 messes auxquelles nous nous devons d’assister !! »
Heureusement, les messes sont assez vivantes, même si elles ne varient pas de jour en jour ! Tout au long de la semaine, nous avons suivi les célébrations avec la même feuille de messes : mêmes textes, mêmes chants, même homélie à chaque fois !! Heureusement, nous avons trouvés un potentiel d’amusement immense en écoutant la personne animer les chants : La sœur Dulci !!! Petit bout de femme d’une soixantaine d’année, hyper douce, très sympa…, mais qui a la voix d’un chat qu’on égorge !! De plus, elle se trimbale avec un poste K7 et une bande qui datent de mathusalem, et qu’elle passe à chaque sortie de messe !! En tout cas, bonnes crises de rires (et de nerfs surement aussi, à force de messes !!!) sous l’œil complice du Padre, qui, lui, subit cela toute l’année !!!
Parmi les autres activités réalisées au cours de cette dizaine de jours, nous avons fait connaissance avec la pastorale des enfants : en gros, c’est un suivi et une pesée de chaque enfant, avec deux-trois conseils pratiques délivrés aux mamans + tous les vendredis, la possibilité de venir laver son enfant avec des plantes médicinales qui apaisent les peaux ravagées par les moustiques !!. Nous sommes tombés amoureux d’un petit Mateus, 5 mois, hyper éveillé. Marie a fait ses premières armes dans la pesée d’enfants, c’était assez marrant à voir, surtout quand elle disait le poids des bouts de choux à la personne qui notait ce dernier, Marie s’est résignée à le transmettre avec ses doigts… Bien sûr, Noël approchant, les enfants ont eu le droit à la visite du père Noël : plein de sourires, quelques pleurs des plus jeunes.

Concernant le petit Mateus, on a failli repartir avec : comme pour beaucoup de gamins ici, le père n’a pas désiré assumer la paternité, et la mère n’était pas présente, car elle s’était prise une méga-cuite la veille… bel avenir pour le petit.


Autre chose assez vivante : nous sommes passés par la case « prison ». Rassurez-vous, on est innocent !!! Nous avons préparé et célébré la Messe de noël avec eux… Marie n’était pas hyper rassurée (un regard de taulard sur une femme, ça se ressent). La célébration était très belle, bien qu’un peu dérangée par une invasion de blattes avec comme arme de destruction massive, la tong !! Il y avait notamment un prisonnier qui jouait de la guitare et qui chantait avec une voix qui nous a étonné tous les deux. Enivrant !! Ça faisait bizarre de se trouver dans cette ambiance de noël, chargée de recueillement, de chant d’espoir, … le tout dans une cour ou le ciel est obstrué par un grillage. De plus, les conditions de vies ne sont pas joyeuses à l’intérieur : ils sont 8 dans des cellules prévues pour 3.
Dans les bonnes surprises :
-On a visité notre maison !!! Ben, elle est blanche, fait 50 m² environ, avec un jardin d’environ 400 m², ou poussent des mangues, des avocats, des ananas… la classe ! Je pense qu’on va s’y faire !!! Si vous voulez venir, on vous invite tous, on fait notre pendaison de crémaillère début février !!!
-Matthieu a décidé de se mettre à la capoeïra, et Marie aussi (elle, c’est pour le prof !!!), mais on a du boulot avant d’être bon : on est musclés comme des flans et souples comme des verres de lampe. Mais promis, on y arrivera !!!
-Nous avons rencontré la directrice du Jardim Beija-Flor : la sœur Zézé, qu’on nous avait décrit jusqu’alors comme un tyran (l’ambiance était éléctrique entre elle et la dernière coopérante), le contact fut bon, mais on sent à plein nez qu’elle n’aime pas qu’on marche sur ces plates bandes, affaire à suivre…
Bilan de Costa Marques, c’est le paradis pour nous, on a hâte d’y être. On espère juste que le rythme des messes ne sera pas aussi soutenu que pendant cette dizaine où on a explosé tout les records !!! (même Marie n’en pouvait plus !!!)

Jeudi 21 Décembre : le retour
Les bonnes choses ont une fin, nous partons donc vers Guajara Mirim, sur la barque gouvernementale, qui elle, mettra 30 h pour descendre le fleuve (pour remonter le fleuve, il met 2 jours et demi !!!).
Petit détail, c’est la période de noël, donc tout le monde voyage, et comme le bateau est gratuit, il y a énormément de monde !!! Quand nous sommes arrivés pour embarquer, le port était noir de monde !!! À se demander si nous pourrions embarquer. Finalement on a réussi à se faufiler en VIP, caché dernière le Padre Jean (qui n’a pas fait le voyage avec nous)… Autre opération : se trouver deux places pour poser nos hamacs.

Nous n’en avons trouvé qu’une et demie, mais nous n’avons pas fait nos fines bouches vu le nombre de gens qui dormaient par terre. Je commence à accrocher les hamacs, avec des nœuds à la Matthieu. A ce moment-là, un des pilotes auxiliaires passe à coté de moi, se fout de ma gueule en voyant mon travail de débutant et me donne une vraie leçon de sécurité pour les personnes dormant en dessous de nous !!!
Premier constat dans le bateau : l’hygiène est très limitée… Il va falloir préférer un bain de transpiration à une douche du bateau !!. Second constat : nous avons des passagers de choix avec nous : 5000 tortues qui vont être réintégrées en aval du fleuve. Le navire quitte le port 1h30 après l’horaire prévu. Le début du voyage est magnifique, et il nous permet de voir plus de détails la forêt et le fleuve. Vient la nuit, après s’être fait attaquer par quelques moustiques, nous décidons de nous coucher dans nos hamacs : ce n’est pas super confortable, on dort les un sur les autres, et le petit matin est assez froid sur le fleuve. En fait, un hamac, c’est bien pour une sieste… ou pour faire cool !! La fin du trajet se passe entre discussion avec la sœur Dulchi, qui fait le voyage avec nous et l’apprentissage de leçons Assimil. (et oui, il est toujours là celui là !!!)
Nous arrivons finalement vers 19H30 à Guajara. Nous faisons le trajet à pied vers la prélazie, et tombons sur l’évêque et d’autres personnes, dont un ancien coopérant de Costa Marques, qui nous proposent d’aller manger une pizza… juste le temps de prendre une douche (oh oui, une douche !!!) et nous ne nous sommes pas fait prier. La journée se finit calmement, avec la joie de retrouver un lit qui ressemble à un lit !!!

Samedi 23 Décembre
« Un projet abouti, c’est quand l’idée qu’on s’en faisait est dépassée par le résultat »
Désolé Jérôme, nous n’avions pas emmené ta boite, faute de place…
Ce matin, nous avons repris contact avec les affaires courantes à Guajara : Matthieu fait les prévisions et budgets pour les œuvres et le diocèse, et Marie cherche un projet qu’elle pourrait trouver ou monter, car c’est les vacances scolaires, et que l’évêque ne lui a pas trouvé de projets spécifiques. Elle se propose même de faire la secrétaire de son éminence… qui accepte mais qui se rend compte qu’il n’est pas facile de déléguer, avant même de donner une tache à faire à Marie. Finalement, Marie est nommée bibliothécaire de la paroisse !!! Elle devra créer la bibliothèque de toutes pièces, avec les ouvrages présents (un boulot de titan, il doit y avoir plus de 4000 références).
L’après midi nous permet de faire nos courses de Noel, car nous sommes invités pour le réveillon dans la famille de Clarisse, et souvenez-vous, nous avions tiré un prénom au hasard, avant notre périple à Costa Marquès, en vue de lui faire un cadeau surprise pour le soir de Noel… (le jeu des « amis secrets », comme il l’appelle ici !!) : c’est donc la course d’autant plus que les centres commerciaux ici, ça n’existe pas !!. Finalement, nous trouvons des petites bricoles qui feront bien l’affaire !
Voilà, retour pas trop palpitant… on a un peu la « saudade » de Costa Marques en se demandant ce qu’on fait ici… Et puis on pense à nos familles !! Dur dur d’être loin de ceux qu’on aime en ces pèriodes de fêtes dites « familiales » !! Par bonheur, en se connectant à tout hasard sur Skype, nous réussissons à rentrer en contact avec la famille de Marie !! le système de Web-cam marche très bien et nous permet de voir sa famille au grand complet ce soir là !!! Surement son plus beau cadeau de Noel !!! Malheureusement, à cause d’un problème de microphone, ils ne nous entendaient pas !!! On a donc passé beaucoup de temps à se sourire pour se dire qu’on s’aime !!! De toutes les manières, la communication par les gestes et les sourires, ça nous connait maintenant !! Ça a fait quand même beaucoup de bien...

Dimanche 24 Décembre
« Si un jour l’amour fut plus beau, alors tachons de nous surpasser, afin de le rendre encore plus merveilleux »
Le programme de la journée commence par une bonne grasse mat’ comme on les aime, parce que c’est dimanche et que c’est Noël !! Mais c’est aussi doublement la fête car c’est l’anniversaire de Gilles, Médecin Français, qui est parti en coopération il y a 24 ans et qui a épousé la cause indienne, une des personnes les plus sympathiques de Guajara, selon nous… De plus, nous sommes invités à déjeuner à la Casa des Anciens autour d’un bon repas de festivité !! 9a fait chaud au cœur de retrouver nos petits vieux, surtout quand on les entend dire qu’on leur à manquer…
Comme vous pouvez le constater, à peine arrivés, on reprend déjà nos bonnes vieilles habitudes !!!!
L’après midi est passée à toute allure et l’heure de la grande messe de Noel arriva !! ça faisait bien longtemps qu’on n’avait pas mis les pieds dans une église !!! Chantante, brésilienne, comme on les aime…
Pourtant Marie n’a pas cessée de regarder sa montre durant toute la célébration !! En effet, alors que nous prenions notre douche peu de temps avant la messe, Marie entendit un petit miaulement qui venait de la rue… Comme elle sait si bien le faire avec ses yeux et sa voix pour m’amadouer, je revenais peu de temps après avec un bébé chat comme cadeau de Noel !!! Alors autant vous dire que la messe lui a paru longue, impatiente de retrouver son nouveau joujou!!

J’ai tout de même réussi à la raisonner et nous avons décidé finalement de l’offrir en cadeau à la fille de Clarisse le soir même… (Aujourd’hui, quand je vois comment elle le martyrise, je regrette mon choix, mais bon !!)
La soirée s’est elle aussi très bien passée !! Nous nous sommes retrouvés dans une ambiance familiale, conviviale avec Clarisse, ses trois sœurs et sa mère qui, à elles 5, font plus de bruit que les 9 Bonnet réunis !!! C’est pour vous dire !!
Nous avons offert et reçus nos cadeaux surprises !!
C’est là qu’on réalise que non seulement les coutumes entre les pays sont différentes mais que les gouts aussi !! Le principal est vraiment l’ambiance qu’il y a autour et tout le suspens qui règne autour des cadeaux… Bref, une soirée bien animée qui s’est terminée vers 4h du mat’ (c’est qu’elle est réussie, selon mes critères !!) autour d’un bon vieux UNO… TODO BOM !!

Lundi 25 Décembre : JOYEUX NOEL A TOUS !!!
Mais que de relâchement !! Deuxième grass’ mat’… Si ça c’est pas la fête !!
Nous débarquons à 11h30 aux cuisines du diocèse pour aider à installer la table et les derniers préparatifs pour le grand repas festif organisé par l’évêque !! Nous attendons une trentaine de personnes ce midi,
telle une grande réunion de famille, sauf que ce ne sont que des prêtres, des religieuses, des séminaristes… Mais le principal c’est qu’on soit tous frères, c’est ça une vraie famille !!! Sauf qu’avec ces frères-là, on ne fait pas les mêmes blagues !! On évite « Toto et la bouteille de lait » à table !! (Si vous ne la connaissez pas, adressez-vous à Jean Scholzen, c’est le roi de la blague !! PS (en passant) : tu nous manques, et ta femme aussi !!))
Le repas est copieux, il y a toujours du riz et des feijaos en abondance !! Mais l’accompagnement est un délicieux strogonoff, ce qui nous fait presque oublier qu’en France, vous devez être en train de vous goinfrer de foie gras, d’huitres, de champagne…
Mais nous, on s’en fout, parce qu’ici, il fait 30°, qu’on a des couchers de soleil trop beaux, qu’on a des fruits trop mures et trop variés, des fleurs aux mille senteurs exotiques (ça fait bien ce mot là !!) et qu’on est au Brésil et pas vous…


Voila Voila, sur ces bonnes paroles, n’oubliez jamais qu’on vous aime fort !
Un grand merci à tous ceux qui se manifestent par mails, par courriers, par messages sur le Blog… C’est un vrai bonheur de vous lire et de savoir que vous